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Publié le 1 Septembre 2015

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Histoire

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Publié le 7 Juin 2015

De la procession sous Clément XI

Trèsoccupé ces derniers temps, j'ai cependant pris quelques minutes pour vous retranscrire cette procession à Rome, de la fête Dieu, sous le pape Clément XI ! L'ouvrage date de 1707, et est en vieux François, qu'il a fallu corriger...Je vous demande un peu d'indulgence pour les coquilles...

1707, par Jean Aymon, dans "Tableau de la Cour de Rome"

(...)

"La Messe étant finie, la Procession commence à désiler, selon l’ordre observé le jour de Saint Marc.

Chaque corps de Religieux chante les Litanies, mais les Chapitres ont leurs chœurs de Musique chacun; & celui de Saint Pierre du Vatican marche le pénultième entre celui de Sainte Marie Majeure, & celui de Saint Jean de Latran. Après que toutes les Confréries des Séculiers, les différents Ordres de Religieux, & Ies Chanoines des églises Collégiales font passés, tous les Officiers de la Chancellerie viennent selon le décret de leur Régent, qui les priverait de deux mois de leurs appointements s'ils y manquaient, sans avoir quelque empêchement légitime.

Ces Officiers qui portent chacun un flambeau à la main, font pour le moins au nombre de mille, & quelquefois jusqu'à douze cens, comme on le peut voir dans la liste que nous en avons donnée au Chapitre XVIII., de la troisième partie de ce Livre.

La Maison du Pape, & la Prélature marchent ensuite, à savoir les Ecuyers du Souverain Pontife régnant, les Procureurs Généraux des Ordres Religieux , les Camériers hors des murs, le Fiscal de la Chambre Apostolique, les Avocats Consistoriaux , les Secrétaires d'Etat, & de Cabinet, les Cubiculaires & Camériers secrets, le Conservateur de Rome, les divers chœurs de la Musique Papale, les Abréviateurs du grand & du petit Parquet, les Acolytes, & les Clercs de la Chambre, les Auditeurs de Rote, les Sous Diacres Apostoliques , & celui qui porte la Croix. Ensuite viennent les douze Pénitenciers de Saint Pierre deux à deux, revêtus de Chasubles & précédés de deux Clercs qui portent des Baguettes argentées, ce qui est la marque de leur Juridiction.

Avant que de partir ils vont rendre l'obédience au Pape, en son trône, & lui baisent le pied.

Les Evêques, les Archevêques, & les Patriarches consacrés viennent après revêtus de chapes, avec la Mitre blanche en tête, & avant leur départ ils rendent l'obédience au Pape, en lui baisant le Genou.

Les Cardinaux marchent ensuite deux à deux, selon leur rang, après avoir rendu l'obédience au Pape, en lui baisant la main. Ils sont précédés chacun de leur Cortège. L'Echanson de chaque Cardinal porte un gros flambeau de cire blanche allumé devant son Maître, et derrière lui à côté du Caudataire il a son Maître de Chambre , qui porte un Chapeau de plume de Paon, couvert de taffetas rouge dont il fait ombre à son Cardinal le tenant élevé en forme de Parasol, pour le défendre contre les Rayons du Soleil, quoi que ce soit une précaution inutile d'autant que toutes les rues , par où passe la Procession sont couvertes de toile, ou de Tapisseries au travers desquelles le Soleil ne peut pénétrer.

Après cela le Capitaine de la Garde Suisse paraît, les Suisses le suivent portant la Hallebarde, & formant deux files au milieu desquelles marchent les Capitaines des Gardes du Pape, les Princes du Trône, les Neveux du Pape, & les Ambassadeurs des Têtes couronnées, qui selon le règlement fait par le cérémonial du Pape Jules II marchent en cet ordre.

Premièrement l'Ambassadeur de l’Empereur, & celui du Roi des Romains qui ne s'y trouve presque jamais depuis que ce Royaume est en quelque manière uni à l'Empire d' Allemagne, par l'Election qu'on fait ordinairement du fils aîné de la Maison d'Autriche, qui par ce moyen est fait Vice gèrent de l'Empire, & par conséquent Empereur présomptif. L'Ambassadeur de France vient immédiatement après, & ensuite celui d'Espagne, et celui de Portugal, celui d'Angleterre quand ce Royaume est occupé par un Prince de la communion de Rome … ceux de Sicile, de Hongrie, de Chypre, & de Bohême viennent ensuite, lors que ces Etats sont possédés chacun par un Roi particulier, comme ils étaient autrefois.Après ceux-là viennent enfin les Ambassadeurs de Pologne, & de Danemark.

Le Pape se fait porter après tous ces Ministres des Couronnes, sur une machine où il .paraît à genoux, quoi qu'il soit assis. II a une riche Chappe & par-dessus un Poêle de toile d'argent qui lui couvre les Epaules, & les bras en forme d'écharpe. On met au-devant de lui un Escabeau de bois doré, avec un Coussin de velours rouge cramoisi, brodé et enrichi de dentelles d'or, sur lequel repose le Soleil où est le Sacrement, qu'il soutient de ses mains.

Le Dais sous lequel on voit ainsi le Pape est porté d'abord par les Patriarches, Archevêques, & Evêques au départ de l'église de Saint Pierre, & puis à la sortie du Portique du Vatican par les premiers Nobles des Nations, comme sont les Florentins, & les Siennois qui se le donnent tour à tour jusques sur la fin de la Procession, que les Conservateurs Romains & le Prieur des Capitaines des Quartiers le prennent, & le portent jusques dans l'église. Les Suisses qui vont aux côtés du Pape sont habillés de fer de pied en Cap , portants un grand Espadon dégainé, & après cette escorte de Cuirassiers marchent les Prélats, chacun selon leur rang : à savoir les Protonotaires Apostoliques, les Auditeurs , les Clercs de Chambre, les Généraux d'Ordre, les Référendaires de la Signature de Grace , & de Justice après lesquels viennent enfin les Compagnies de Chevaux légers quatre à quatre, tous couverts de riches Harnois…& c'est par cette belle Cavalerie que la marche est fermée.

Le Pape va quelquefois à pied dans cette Procession lors qu'il veut donner un exemple de plus grand respect pour le Sacrement, qu'il tient entre les mains. Urbain VIII., & quelques autres Papes, l'ont porté autrefois à cheval, ou sur une Haquenée.

Quand le Pape ne porte pas l'Hostie consacrée lui-même, le Doyen du Sacré Collège, ou le plus ancien Cardinal la porte à sa place.

Cette Procession dure ordinairement quatre heures, quoi que l'on ne fasse tout au plus que mille pas Géométriques de chemin, à cause de la gravité & de la lenteur, avec laquelle on marche. Elle passe sous les Portiques qu’ Alexandre VII., a fait construire autour de la place de Saint Pierre , & entre dans la rue qui va au Pont de Saint Ange, qu'on appelle Place de Saint Jaques du Cheval secoué (Cf. l’article sur le blog à ce sujet), & revient à Saint Pierre par le vieux Bourg , après avoir traversé l'autre Portique, & la Galerie qui le joint à l'église, où l'on entre dans le même rang, & le même ordre qu'on avait gardé pour en sortir.

Le Pape y étant arrivé dépose le Soleil dans lequel est l'Hostie consacrée sur le Maître Autel de Saint Pierre, & pendant qu'on fait les encensements , & qu'on chante l'Hymne Pange lingua … avec l'Oraison Deus qui nobis par laquelle on demande à Dieu qu'il lui plaise de faire sentir efficacement à tous les officiants le fruit de la résurrection de Jesus Christ de la Passion duquel ce Sacrement est un Mémorial, pendant cela, dis-je, les Cardinaux ôtent leurs Mitres, & leurs Parements, & reprennent leurs Capes rouges, avec lesquelles ils accompagnent le Pape jusques à la Chambre du Lit, où il se fait porter revêtu de ses habits Pontificaux, qu'il laisse dans cet endroit avec sa Tiare pour reprendre ses habits ordinaires, avec lesquels il le retire dans son appartement.

Ceux qui n'ont point vécu cette cérémonie seront bien aise d'apprendre ici, qu'afin qu'il n'arrive aucun désordre ni trouble, durant la Procession dont nous venons de parler, le premier Cardinal Diacre paré d'une Tunique de damas blanc, & d'une Mitre de même , demeure assis à la Porte du Palais Apostolique, sur une Chaise -de velours rouge cramoisi à Crépines d'or, mise au-devant du Corps de Garde des Suisses, où se tient aussi à la main droite de ce Cardinal, le Gouverneur de Rome avec son Bâton de commandant à la main, & à sa gauche le Majordome, ou Grand Maître de la Maison du Pape, qui restent-là jusqu'à ce qu'ils aient vu désiler tous ceux- qui assistent à la Procession dont il s'agit, jugeant sur le Champ tous les différents qui peuvent survenir touchant les préséances, ou pour quelque autre causes que ce soit.

II ont droit de commander tant aux Suisses qu'aux Soldats & Gardes du Pape, qui sont sous les Armes au milieu de la place, comme aussi aux Chevaux légers, dont ils en font mettre deux avec la Lance en arrêt à tous les coins des rués, par où la Procession passe.

Durant la Procession le Château de Saint Ange, fait trois décharges de toute son Artillerie, tant des Canons que des Boëtes : La première décharge se fait quand le Pape sort de la Chapelle Pauline, d'abord qu'il a pris le Soleil où est le Sacrement entre ses mains, qu'on tire un coup de la grande Couleuvrine de Saint Pierre, pour en donner le signal. La seconde décharge se fait lors que le Pape sort du Portique de la grande place du Palais Apostolique, & la troisième quand il entre dans la place de Saint Jaques. "

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Rédigé par Baglialto

Publié dans #Histoire

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Publié le 14 Mai 2015

Par Gaetano Moroni

"Premières vêpres et Chapelle papale de l'Ascension.

C'est dans la chapelle du palais apostolique qu'on chante ces premières vêpres. Benoît XIII les fit chanter, en 1725, dans la basilique de Latran.

On observe le cérémonial que nous avons fait connaître pour la célébration des premières vêpres de l'Épiphanie; la seule particularité que l'on remarque, c'est que le tableau de l'autel représente l' Ascension du Sauveur, et que les Cardinaux quittent ce jour-là leur camail fourré d'hermine.

La Chapelle papale du lendemain, fête de l'Ascension, se tient quelquefois dans les chapelles des palais apostoliques où réside le Pontife. Sixte-Quint avait ordonné qu'elle se tiendrait dans l'église Vaticane; mais l'usage semble avoir prévalu de célébrer la cérémonie dans la basilique de Latran , où le Pape se rend en cortége de ville, et les Cardinaux avec leur carrosse de suite et leur livrée de gala. Le Pontife , en chape blanche et mitre d'or, porté sur la sedia, précédé du cortége tel que nous l'avons décrit pour fête de la Chaire de Saint-Pierre, sort de la sacristie de la basilique, et, après avoir adoré le Saint-Sacrement à l'autel du Crucifix, il se rend à son trône.

Un Cardinal-Évèque célèbre la messe, et le bref qui lui en donne la permission est fixé à une colonne du baldaquin. Jusqu'à ces derniers temps, c'était un Prêtre séculier qui prêchait eu Chapelle; mais Pie VII, en 1807, accorda aux élèves du collége Capranica le privilége de prononcer ce jour-là le discours en Chapelle papale.

Après que le Diacre a chanté l'évangile, on éteint le cierge pascal, pour indiquer la séparation de Jésus avec ses Apôtres et son Ascension glorieuse; on enlève aussi les deux palmes bénites qui décoraient la salle des Parements depuis le dimanche des Rameaux. A l'offertoire les Chantres pontificaux exécutent le motet de Palestrina, Viri Galileœ.

Après la messe, le Pape et le Sacré-Collége vénèrent les précieuses têtes des Apôtres Pierre et Paul, exposées sur le grand tabernacle du baldaquin.

Ensuite, précédé de toute la prélature et des Cardinaux, portant la tiare et assis sur la sedia, le Pontife se rend dans la galerie du portique de la basilique, où, du haut du balcon, il donne au peuple, réuni sur la place, la solennelle bénédiction , en observant les rites que nous avons déjà fait connaître en décrivant la même cérémonie pour la fête du couronnement du nouveau Pape et pour le jour de Pâques.

On annonce, après la cérémonie, l'ouverture de l'année sainte, sous le portique du Vatican, si l'année suivante concourt avec le grand jubilé : la Chapelle papale a lieu, dans ce cas, dans la basilique Saint-Pierre. "

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Rédigé par Baglialto

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Publié le 11 Avril 2015

Chapelle papale du samedi in Albis.

 

 Bénédiction des Agnus Dei.

On a voulu voir dans l'usage qu'a conservé l'Église de distribuer, sous le nom d'Agnus, de petites médailles de cire, comme un souvenir de la coutume où étaient les Romains d'envoyer à leurs clients de petits présents également en cire; on y a vu aussi un souvenir de ces petites figures de cire qu'Hercule enseigna aux Italiens à sacrifier à la place des victimes humaines qu'ils immolaient à Saturne.

Ces signes , auxquels les païens attachaient des vertus surnaturelles, se retrouvent, chez les Grecs comme chez les Arabes, sous différents noms. L'Église, dans sa sagesse, a voulu sanctifier ces anciens usages, qu'il eût été difficile d'abolir, et, à l'exemple de Moïse, qui reproduisit dans les cérémonies hébraïques quelque chose du culte égyptien, les souverains Pontifes ont adopté et sanctionné plusieurs coutumes que le paganisme laissait aux hommes désabusés.

C'est ainsi que l'eau bénite rappelle l'eau lustrale, et au lieu de ces superstitieuses amulettes qu'on portait attachées au cou sous le nom de Bullœ, quand elles étaient rondes, comme un signe de liberté, les chrétiens, s'armant de la croix, portent sur eux le signe auguste de la rédemption , ou quelques reliques de saints, usage qui remonte à des temps reculés : il était généralement répandu à Antioche, au rapport de saint Chrysostôme, et à Rome, où l'image de plusieurs martyrs se voyait dans la boutique des artisans, gravées sur des pierres précieuses, ou peintes sur la muraille.

On lit même, dans plusieurs endroits de l'histoire ecclésiastique, que les chrétiens de la première Église, particulièrement dans les temps de persécution, portaient sur eux le Saint-Sacrement dans une petite boîte suspendue à leur cou.

Mais l'emblême le plus répandu dans la société chrétienne naissante, était l'image du Sauveur sous la figure d'un agneau ou sous celle du bon pasteur. C'est, en effet, l'Agneau qui est venu effacer les péchés du monde, ou le Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

Dès sa naissance, l'Église, dans quelques-unes de ses cérémonies, s'est servie d'huile et de cire. Chaque catéchumène, après le baptême, sacrement que l'Église conférait tous les ans avec solennité à la fête de Pâques, recevait un cierge; on lui faisait goûter du lait, du miel et du vin; on suspendait à son cou une bulle de cire bénite, représentant l'image de l'Agneau de Dieu: c'étaient autant de symboles de la vie nouvelle qui s'ouvrait devant lui, et de cette liberté des enfants de Dieu dont il allait jouir. Plus tard, le baptême des enfants en bas âge rendit de plus en plus rare celui des catéchumènes adultes; mais les souverains Pontifes voulurent perpétuer la distribution des médailles de cire, autant en mémoire des victoires de l'Église, que de l'adoption des catéchumènes en qualité d'enfants de Dieu.

 L’Ordo romain de saint Gélase I.", en 494 , cité par Baronius, rapporte la coutume selon laquelle les Papes distribuaient au peuple les Agnus Dei bénits par eux. Léon III envoya à Charlemagne un Agnus Dei enchâssé d'or et enrichi de pierreries, en 798. Le cardinal Bellarmin; le docte Alcuin, précepteur de Charlemange; Amalarius , Onufre, Panvinius; Guillaume Durand, évêque de Mende; Suarez, évêque de Vésone, et plusieurs autres auteurs, parlent de la cérémonie de la bénédiction des Agnus,

Cérémonie de la Bénédiction.

Le Pape, la première année de son pontificat, et à chaque période de sept années, a la coutume de bénir les Agnus Dei, de cire blanche et de forme ovale, représentant, d'un côté, l'image du Sauveur sous la figure d'un agneau qui tient l'étendard de la croix, et de l'autre côté, la figure de quelque saint. C'est la veille ou l'avant-veille du samedi in Albis que se fait cette bénédiction, le plus souvent dans la salle Clémentine du Vatican.

 Le prélat Sacristain a soin de disposer tous les objets nécessaires à la cérémonie. C'était lui qui, avec ce qui restait du cierge pascal de l'année précédente, confectionnait les Agnus, en ajoutant suffisamment de la cire. Aujourd'hui ce sont les religieux Cisterciens de Sainte-Croix de Jérusalem qui les préparent; mais les Papes accordent à leur Sacristain le privilége d'en bénir en particulier, quand ils le jugent convenable, pour satisfaire à la piété des fidèles, et ceux-là ne peuvent être l'objet de la cérémonie que nous décrivons. Revêtu de l'amict, de l'aube, de la ceinture, de l'étole de damas blanc, et de la mitre lamée d'argent, enrichie de perles, le Pape bénit d'abord l'eau contenue dans un grand bassin d'argent; ensuite il verse dans le même bassin, en forme de croix, du baume et du saint-chrême, en récitant les oraisons marquées dans le Rituel romain.

Les Agnus Dei lui sont présentés dans un grand bassin d'argent à surface plaie, et, après avoir récité les oraisons Deus omnium, Domine Jesu, O Aime spiritus etc., il les encense; il s'asseoit sur un fauteuil, et on lui remet la mitre. Les Camériers présentent à Sa Sainteté les Agnus , qu'elle plonge dans le bassin d'eau bénite.

Les Cardinaux, ceints d'un grémial de fin lin, les en retirent, et les donnent à divers Prélats domestiques, qui les portent sur de grandes tables couvertes de nappes, où ils sèchent. Le Pontife se relève, et achève les prières de la bénédiction. On replace ensuite les Agnus dans le grand bassin d'argent à grande surface. On chante l'hymne Ad regias agni dapes … Sa Sainteté donne la bénédiction.

Cette cérémonie, qu'on appelait aussi le baptême des Agnus, puisque, au dire de Panvinius, elle a comme succédé au baptême des catéchumènes , se continue le lendemain, suivant la quantité des médailles de cire à bénir; mais elle doit être toujours finie le vendredi, pour qu'elles puissent être distribuées dans la Chapelle papale du lendemain, qui se tient à la chapelle Sixtine : un Cardinal-Prêtre y dit la messe, et proclame ensuite l'indulgence de trente ans : il n'y a point de sermon ce jour-là.

Après la communion du Célébrant, les Maîtres de chambre et les Camériers des Cardinaux apportent à Leurs Éminences les habits sacrés, dont ils se revêtent à leurs places. Les autres Prélats se rendent dans la sacristie pour déposer leurs chapes violettes; ils prennent la cotta, qu'ils portent sur le rochet : à la prélature se réunissent les Pénitenciers de Saint-Pierre, en chasuble de damas blanc, portant leurs bonnets carrés noirs.

 Le Pape, assis sur son trône, revêtu de la chape blanche, et la mitre lamée d'or sur la tête, bénit l'encens.

Ensuite deux Massiers, l'Acolyte thuriféraire , doyen des Votants de signature; le Sous-Diacre de la Chapelle, portant la croix au milieu de deux Acolytes; le Sous Diacre apostolique, Auditeur de rote, vêtu de la tunique blanche, et deux Chapelains du commun, précédés de la Garde-Suisse, se rendent dans la chapelle Pauline. Là le Sous-Diacre apostolique trouve, sur une table convenablement ornée, le grand bassin d'argent dans lequel sont les Agnus bénits, enveloppés et liés par des rubans de soie violette; il prend le bassin, et le cortége rentre dans là chapelle Sixtine : l'assistance fléchit le genou, et le Sous Diacre portant le bassin dit à haute voix, en s'adressant à Sa' Sainteté: Pater sancte, isti sunt Agni novelli qui annuntiaverunt vobis Allsluia , modo venerunt ad fontes, repleti sunt claritate, Alleluia : le chœur répond Deo gratias, Alleluia.

Arrivé au milieu du presbytère, le Sous-Diacre répète les mêmes paroles; il les répète une troisième fois au pieds du Pape , le chœur répond Deo gratias, Alleluia; et aussitôt il monte sur le palier du trône.

Le souverain Pontife commence alors la distribution des Agnus, d'abord aux Cardinaux, qui viennent les recevoir , debout, dans leurs mitres, baisant ensemble la médaille, ainsi que la main et le genou du Pape; aux Patriarches, Archevêques et Evêques assistants et non assistants, qui viennent les recevoir dans leurs mitres et à genoux, baisant les Agnus et le genou de Sa Sainteté; ensuite au Commandeur du Saint-Esprit, aux Abbés mitrés, qui présentent aussi leurs mitres et baisent les pieds du Pape; aux Pénitenciers, qui les reçoivent dans leurs bonnets, et baisent également les pieds du Pontife; enfin aux autres dignitaires qui, dans l'ordre établi, comme nous l'avons vu pour la distribution des cierges bénits et des palmes, sont admis à recevoir ces médailles de cire de la main du Pape.

En 1722, deux princes de la maison de Bavière reçurent en Chapelle deux Agnus de la main d'Innocent XIII. Lorsqu'il y a à Rome, ou dans la tribune princière de la Chapelle, des souverains catholiques, le Camérier secret Secrétaire d'ambassade va leur offrir, au nom du Pape, des Agnus bénits. Benoît XIV se conforma à cet usage, en 1739, à l'égard de Jacques III, roi d'Angleterre.

La distribution des Agnus terminée, le souverain Pontife se lave les mains d'après le cérémonial plusieurs fois décrit, et les Camériers lui ôtent le grémial dont on l'avait ceint avant la cérémonie.

 Après la messe, le Pape revient dans la salle des Parements , et l'assistance quitte la chapelle. Si Sa Sainteté ne pouvait point elle-même distribuer ces Agnus, le Célebrant la remplace, et on observe le cérémonial usité dans la Chapelle de la Purification , lorsque le Pape ne fait pas la distribution des cierges.

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Rédigé par Baglialto & Bartholomeo

Publié dans #Histoire, #Salve

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Publié le 5 Avril 2015

A la messe

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc XVI versets 1 à 7.

En ce temps-là, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer Jésus. Et, le premier jour de la semaine, de grand matin, elles vinrent au sépulcre, le soleil venant de se lever. Elles se disaient entre elles : " Qui nous roulera la pierre de l'entrée du sépulcre ? " Elles regardèrent et observèrent que la pierre avait été roulée de côté ; or elle était fort grande. Entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : " N'ayez pas de frayeur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n'est point ici. Voici la place où on l'avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. "

Par Gaetano Moroni : 'Histoire des chapelles papales'

"La fête de Pâques, mais encore pour les imposantes cérémonies du couronnement des Papes, des canonisations, de la fête de saint Pierre et saint Paul, et de Noël donnent lieu aux chapelles papales !

C'est donc à Saint-Pierre du Vatican que le Pape officie en ce saint jour de Pâques, quoique Sixte-Quint eût déterminé que la fonction devait être célébrée à Saint-Jean-de-Latran, où devait aussi être donnée la bénédiction papale.

Plus anciennement, la solennité pascale avait lieu à Sainte-Marie-Majeure, où, dès les temps les plus reculés, la station de ce jour est marquée. Encore même aujourd'hui on y chante les vêpres solennelles de la fête, auxquelles assistent les Cardinaux.

La Chapelle papale solennelle du jour de Pâques a été tenue plusieurs fois par le souverain Pontife dans les palais apostoliques. Pie VII et Grégoire XVI ont officié dans la chapelle Pauline du Quirinal.

Les officiers et dignitaires qui commencent à remplir les devoirs de leur charge, soit en se rendant dans les appartements du Pontife à l'heure de la cérémonie, soit en l'accompagnant dans la salle des Parements pour y prendre la falda, l'aube, l'étole, la chape, le formai précieux et la tiare.

Dans les Chapelles solennelles, ces divers insignes lui sont présentés par des Prélats qui se tiennent à genoux; les Cardinaux Diacres en revêtent le Pape, et le premier Cardinal-Diacre lui met la triple couronne : ainsi revêtu, le Pontife met l'encens dans l'encensoir, et le bénit.

Les Cardinaux, arrivés au Vatican, accompagnés de leur cortége de gala, se revêtent, dans la salle Ducale, des ornements sacrés propres à leur ordre : les Évêques, prennent la chape et le formai précieux; les Prêtres, la chasuble; les Diacres, la dalmatique; les Archevêques et Évêques assistants et non assistants, la chape; les Prélats orientaux revêtent les ornements prescrits par leurs rites; enfin, tous les dignitaires prennent ou la cape, ou le costume qui leur est particulier.

Les Maîtres des cérémonies du Pape portent le surplis, la soutane et la ceinture rouges; dans les fonctions ordinaires, ils portent la soutane et la ceinture violettes.

Le cortége commence à se mettre en marche quand le Pape a béni l'encens; il sort de la salle Ducale, traverse la salle Royale, où le Pape monte sur la sedia, descend par l'escalier Royal, et arrive dans le portique de la basilique.

En décrivant la cérémonie du couronnement du Pape, nous avons fait l'énumération des officiers, prélats, dignitaires et personnages éminents de la cour romaine composant le cortége imposant qui précède et accompagne le souverain Pontife à son entrée solennelle dans la basilique de Saint-Pierre.

Une partie des troupes pontificales occupent, sous les armes, les avenues du portique et la nef de la basilique jusqu'à l'autel de la Confession.

Les Gardes-Suisses, les Gardes-Nobles et les Généraux des troupes pontificales, en grand costume, font leur service auprès du SacréCollége et du Pape. Le Chapitre de Saint-Pierre, ayant à sa tête l'Archiprêtre cardinal, en cape fourrée d'hermine, reçoit Sa Sainteté sous le portique : le Pape bénit le Chapitre. Au défilé du cortége devant la statue de Constantin, les tambours battent aux champs, les cloches de la basilique et les trompettes des Gardes-Nobles se font entendre.

Le Pape franchit le seuil de la grande porte du temple: ce moment a quelque chose d'imposant et de solennel que l'on ne saurait décrire.

A l'entrée du Pontife dans la basilique, les Chantres de la chapelle entonnent l'antienne Tu es Petrus.

En passant devant la chapelle où le Saint-Sacrement est exposé, tous les personnages qui composent le cortége fléchissent le genou.

Le Pape descend de la sedia, le Cardinal-Diacre lui ôte la tiare, et Sa Sainteté se met à genoux sur son prie-dieu, couvert de damas et de coussins blancs; les Cardinaux ôtent leur mitre, et font avec le Pontife leur adoration. Après l'avoir terminée, la procession continue sa marche vers le maître-autel.

Le Pape entre dans le presbytère par le côté de l'épître, et il descend de la sedia devant le marchepied du maître-autel, où il se met à genoux sur un prie-dieu. Après une courte oraison, il monte sur le trône de tierce.

La disposition des lieux est la même que celle que nous avons décrite pour la cérémonie du couronnement; seulement, comme le Pape, à cette dernière solennité, a chanté tierce dans la chapelle de Saint-Grégoire, où il s'est revêtu de ses ornements sacrés , le petit trône, appelé aussi le trône de tierce, n'a pas été élevé dans le presbytère du côté de l'épître, comme dans les solennités de Pâques, de saint Pierre et de Noël; il est orné de draperies de velours rouge, mais sans baldaquin; le dossier est d'étoffe d'argent à grandes rosaces d'or, décoré des armes de Sa Sainteté; les coussins sont de même étoffe.

Les divers dignitaires occupent sur leurs bancs respectifs la place que nous avons fait connaître.

Dès que le souverain Pontife s'est assis sur son fauteuil, portant la mitre précieuse, et assisté de deux Cardinaux-Diacres, le Sacré-Collége vient rendre son obédience.

Les Cardinaux tiennent en main leur mitre blanche, où ils mettent leur calotte rouge, saluent l'autel, et viennent individuellement baiser la main au Pape; ils font les révérences ordinaires, redescendent du trône, et reviennent à leurs bancs, où ils restent debout jusqu'à ce qu'ils aient tous rendu leur hommage.

Aux Cardinaux succèdent les Archevêques et Évêques assistants et non assistants, qui font la génuflexion sur le palier du trône, et baisent le genou du Pape; à ceux-ci, les Abbés mitrés et les Pénitenciers, qui baisent, à genoux, les pieds du Pontife : ils font trois génuflexions, la première en montant au trône, la deuxième à la dernière marche, et la troisième après leur obédience, et ensuite ils reviennent à leurs places.

Cette cérémonie, qui consiste, comme on le voit, à rendre au vicaire de Jésus-Christ l'hommage dû à sa haute dignité, étant terminée, le Cardinal-Diacre ôte la mitre à Sa Sainteté, qui, debout, entonne tierce par les paroles ordinaires, Deus, in adjutorium etc.; les Chantres continuent.

Le Pape se rassied, lit les psaumes et fait la préparation à la messe.

Quand les psaumes sont terminés, le Pontife entonne l'antienne Hœc dies, et, debout, il dit Dominus vobiscum, et termine par l'oraison, le Benedicamus; auquel deux soprani répondent, et par le verset Fidelium animœ, récité à voix basse.

Le Pape se lave les mains pour la première fois, d'après le cérémonial déjà décrit :le Prieur des Chefs de quartier ou le Maître du Sacré-Hospice est conduit à la crédence du Pape par un Auditeur de rote et un Clerc de la chambre; l'Échanson pontifical, en habit de ville, met sur les épaules de ce dignitaire un voile de soie blanche, garni de dentelles d'or, qu'il assujettit, à l'aide de rubans, devant sa poitrine; il lui remet l'aiguière de vermeil.

L'Échanson donne ensuite à l'Auditeur de rote le linge bordé de dentelles, posé sur le bassin de vermeil; enfin le Clerc de la chambre prend le grémial blanc qui doit ceindre le Pape pendant qu'il se lave les mains.

Précédés de deux Massiers, ils se rendent au trône de tierce, où, à genoux sur la plate-forme, le Prieur des Chefs de quartier ou le Maître du Sacré-Hospice, sans épée, verse l'eau; l'Auditeur de rote présente le linge; les Massiers sont restés à genoux sur la dernière marche.

Le Clerc ayant repris le grémial, ces officiers reviennent à la crédence, et vont à la place qu'ils occupent en Chapelle.

Le Pape est ensuite revêtu de ses ornements sacrés par les ministres, nous ferons seulement remarquer que le pallîum dont le nouveau Pontife est décoré au pied de l'autel, comme nous l'avons vu le jour de son couronnement, est placé sur ses épaules immédiatement sur la chasuble, par le Cardinal-Diacre d'office, qui l'assujettit avec les trois épingles enrichies de diamants, dont nous avons parlé.

C'est après que le Cardinal-Évêque assistant a mis au doigt du Pape l'anneau pontifical, que Sa Sainteté bénit l'encens, et descend du trône de tierce, où il ne remonte plus.

Le Pontife est précédé du Doyen des Votants de signature, thuriféraire; des sept Acolytes, portant les chandeliers; du Sous Diacre Auditeur de rote, portant la croix; du Sous-Diacre latin, marchant entre le Diacre et le Sous-Diacre grecs, et portant le livre des évangiles, dans lequel est renfermé le manipule qui sera plus tard attaché au bras du Pape. Vient ensuite le Cardinal Diacre, suivi du Cardinal-Évêque assistant.

Le Pape est assisté des deux Cardinaux-Diacres, et de deux Auditeurs de rote, qui soutiennent à droite et à gauche les bords de la falda , et du premier Maître des cérémonies; il est suivi de deux Camériers secrets assistants, qui soutiennent l'extrémité de la falda et la queue de la soutane; du Doyen de la rote, Custode de la mitre usuelle; des Patriarches, des Archevêques et des Évêques assistants au trône.

Ce cortége se dirige vers le grand trône, et le Pape vers l'extrémité du banc des Cardinaux-Diacres, où se tiennent debout les trois derniers Cardinaux-Prêtres.

Ceux-ci s'avancent vers le Pontife, et, lui faisant une profonde inclination, ils sont admis l'un après l'autre à lui baiser le visage et la poitrine, ou bien au double embrassement.

Cet usage, usité seulement aux messes pontificales, rappelle les rois Mages quand ils allèrent adorer Jésus enfant, selon l'interprétation d'Innocent III.

Les deux baisers figurent les deux natures de Jésus-Christ, que les Mages reconnurent dans le divin Enfant : le liturgiste Chiapponi donne cette explication.

D'autres auteurs reconnaissent dans ce baiser un témoignage solonnel de la charité que notre Seigneur a prêchée lorsqu'il a dit : « Si, offrant votre présent à l'autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande, et allez vous réconcilier premièrement avec lui, et puis vous reviendrez présenter votre offrande ».

On explique aussi d'une manière symbolique un autre ancien rite, qui rappelle celui que nous rapportons ici, et d'après lequel le Primicier de l'école des Chantres, lorsqu'il rencontrait le Pape sortant de la sacristie, lui baisait, comme nous l'avons vu, l'épaule droite, pour rappeler que les anges annoncèrent aux bergers la naissance de Jésus-Christ .

Lorsque les trois Cardinaux sont revenus à leurs stalles, le Pape dirige sa marche vers le baldaquin, et s'arrête au pied de l'autel : là le Cardinal-Diacre lui ôte la mitre.

Aussitôt le Pontife commence le psaume Introibo et fait la confession. Cependant les Prélats portant l'encensoir et les chandeliers, les posent sur la crédence et vont à leurs places.

La croix est placée du côté de l'évangile, auprès de l'Auditeur de rote chargé de la porter. Le Cardinal-Évêque assistant se tient à la droite du Pape; à sa gauche est le Cardinal-Diacre d'office : ceux-ci répondent au Pape.

Les Cardinaux assistants se tiennent derrière , ainsi que tous les autres personnages dont nous avons parlé, qui récitent le Confiteor, de même que tout le clergé.

Quand le Pape dit l'lndulgentiam, le Sous-Diacre d'office, qui était à genoux du côté de l'évangile, lui met le manipule au bras gauche.

En attendant, les Chantres contralli entonnent l'introït, et ensuite le psaume Domine, probasti me, qu'ils répliquent jusqu'à ce que le Pape soit monté à l'autel. En ce moment l'on chante le Gloria Patri; le Pape et tous ses assistants inclinent la tête. Après le Sicut erat on répète l'introït et on commence le Kyrie, eleison.

Le Pape baise l'autel au milieu, ainsi que le livre des évangiles, que lui présente le Sous-Diacre. Il met l'encens dans l'encensoir, soutenu par le Cardinal-Évêque, et il fait l'encensement de l'autel. Il reprend ensuite la mitre, et il est encensé par le Cardinal-Diacre : ce dernier est ensuite admis à baiser la joue gauche et la poitrine du Pontife, ce que font après lui les deux autres Cardinaux assistants.

Après l'encensement, le Pape va de l'autel, où reste le Cardinal-Diacre , placé au côté de l'épître, au grand trône, surmonté d'un baldaquin, dont nous avons assigné la place.

Le baldaquin est composé d'une immense draperie de velours rouge avec galons et franges d'or; il est suspendu par des cordons d'or, que soutiennent des anges pareillement dorés. D'autres anges tiennent en main les clefs et la tiare.

Les courtines sont ornées des armes du Pape, et le fond, de lame d'argent, est enrichi de fleurs d'or semblables à celles qui décorent l'étoffe des coussins du siége.

Les deux côtés du trône sont parés de damas rouge à galons et à franges d'or. Le Pape se rend à ce grand trône, accompagné du CardinalÉvêque , des Cardinaux-Diacres assistants , des Auditeurs de rote, qui soutiennent les bords de la falda, et des Camériers secrets, qui tiennent l'extrémité, ainsi que des Patriarches, Archevêques et Évêques assistants au trône : là, debout et sans la mitre, que garde le Doyen de la rote, le Pontife lit l'introït puis il dit avec les assistants le Kyrie, et continue la messe d'après les rites que nous avons décrits. Nous ne mentionnons ici que ceux que nous n'avons pas fait connaître , ou qui sont propres à la fête.

C'est ainsi qu'un peu avant le chant de la préface, deux Maîtres des cérémonies vont avertir les deux derniers CardinauxDiacres, et, les précédant, ils les accompagnent au pied de l'autel.

Les deux Cardinaux, montant les degrés, se placent, l'un à droite, l'autre à gauche, du côté de lepître et de l'évangile, et, tournés du côté de la croix dans l'attitude la plus respectueuse, ils gardent cette position jusqu'à ce que, avant la communion, le Pape quitte l'autel, rappelant ainsi les deux anges qui se tenaient auprès du sépulcre du Sauveur, ressuscité d'entre les morts.

Le Pape chante l'oraison dominicale ; mais lorsqu'il entonne le Per omnia secula seculorum, le chœur ne répond pas Amen, parce qu'en ce même jour de Paques, d'après une ancienne tradition, pendant qu'un souverain Pontife célébrait la messe à Saint-Jean-de-Latran, les anges répondirent du ciel Amen.

C'est en commémoration de ce prodige, que les Chantres ne font pas la réponse ordinaire.

On prétend que ce pape était saint Grégoirele-Grand.

On ajoute que ce même Pontife, un jour qu'il célébrait la messe dans la basilique Libérienne (Sainte-Marie-Majeure), après avoir dit Pax Domini sit semper vobiscum, un ange lui répondit : Et cum spiritu tuo. Adami, adoptant l'explication donnée par Innocent III, dans son livre des mystères de la messe, nous dit que cet Amen signifiant la plainte des fidèles sur la mort du Sauveur, et ce jour étant celui de l'allégresse excitée par la résurrection de Jésus-Christ, on ne le prononce pas, afin de ne pas rappeler la tristesse de ce douloureux sacrifice.

Dans les deux messes pontificales que le Pape célèbre à Noël et à Pâques, il a coutume de donner la communion à tous les Cardinaux-Diacres, aux nobles laïques qui font partie de la Chapelle, aux Ambassadeurs qui s'y trouvent, et aux Légats de Bologne et de Ferrare.

Dans ces deux solennités le Cardinal-Diacre d'office revient au trône pour chanter le Confiteor, en se tenant à la gauche du Pape, qui est debout, la tête découverte; il s'incline vers le Pontife aux mots 'et tibi pater '

Le Pape chante ensuite l'oraison Misereatur et Indulgentiam; le chœur répond Amen, et Sa Sainteté bénit les assistants par un simple signe de croix.

Le Diacre retourne à l'autel, prend le ciboire, qu'il montre au peuple et au Pontife, comme il l'a fait pour l'hostie et le calice; puis il le remet au Sous-Diacre, qui le porte au Pape. Pendant le trajet de ce dernier, le Pontife, les assistants et la Garde Noble fléchissent les genoux.

Ensuite deux Auditeurs de rote montent au trône, pour tenir devant le Pape un voile étendu, devant lequel s'agenouillent les Cardinaux-Diacres assistants pour faire la communion, après avoir baisé l'anneau du Pape, ce que font aussi tous les autres communiants.

Après les Cardinaux assistants, les autres Cardinaux-Diacres montent au trône, et après eux le Prince assistant, le Sénateur, les trois Conservateurs de Rome, le Prieur des Chefs de quartier et le Maître du Sacré Hospice.

On lit dans Gattico, qu'au jour de Pâques le souverain Pontife administrait la communion à tous les Cardinaux-Diacres, auxquels il donnait la main à baiser et qu'il admettait ad osculum oris; chacun d'eux se rendait ensuite à l'autel: « Ad sumendum Christi sanguinem de manu diaconi Cardinalis, qui in missa servivit, et illis cum caîamo, quem tenet in manu dextera , in calice Christi sanguinem ministrat, dicendo : Sanguis D. N. J. C. custodiat animam tuam in vitam aeternam. Amen. Quo dicto per eum, recipit ipsorum quemlibet communicantium per ordinem ad osculum pacis; et quum omnes communicantes Sanguinem sumpserint, dictus Cardinalis Diaconus dat calamum ad sugendum ab utroque capite Subdiacono , etposteà calicem ad sumendum aliud, quod superest, de sanguine Christi ».

Mabillon, dans son Commentaire sur les Ordo romains, rapporte ce qu'on lit dans le Spieilegium de d'Achery : « Urbanus VI. anno 1378 post suam in Vat. bas. coronationem omnes Diaconos Cardinales sua manu pretioso corpore et sanguine Christi communicavit, sicut de more Pontificum semper fuit ».

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Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial, #Histoire

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Publié le 2 Avril 2015

Du lavement des pieds...
Du lavement des pieds...

VI. Lavement des pieds aux treize pèlerins ou apôtres, prêtres, ou diacres.

"Cette fonction se fait ordinairement dans la salle ducale du palais du Vatican auprès de la chapelle Sixtine. Cette salle est tendue, pour la circonstance, de draperies de damas rouge à torsades d'or. Au fond, on érige le trône pour le pape.

Le dossier de ce trône consiste en une tapisserie représentant la Providence, assise sur le globe du monde entre la Justice qui est à sa droite et la Charité qui est à sa gauche. A la partie inférieure sont figurés deux lions qui soutiennent les étendards de la sainte Eglise, et les trois courtines du ciel du trône sont également en tapisserie. A la droite du trône est une estrade avec un banc recouvert de tapis.

Là doivent s'asseoir les treize apôtres. Le mur est orné de la belle tapisserie qui reproduit le tableau sur lequel le fameux Léonard de Vinci a représenté la dernière cène. Toutes ces tapisseries et leurs accessoires sont des travaux exécutés dans l'hospice apostolique de Saint-Michel, dans le même goût que les anciens ouvrages de ce genre, par les ordres de Pie VI, Braschi, comme on le prouve par les écussons dont elles sont ornées.

En face de l'estrade destinée aux pèlerins ou apôtres s'en élève une autre à deux rangs pour les souverains, les dames et les hommes de distinction. On a fait aussi cette l'onction dans la salle si splendide connue sous le nom de Clémentine, laquelle est avant celle des palefreniers, afin de satisfaire les étrangers qui s'y rendaient en très-grand nombre. C'est pour cela qu'afin de donner plus de pompe et d'éclat à cette cérémonie le pontife régnant Grégoire XYI, à dater de l'an 1834, époque à laquelle on y vit assister le roi de Naples Ferdinand II, avec la reine son épouse et autres princes de la famille royale, le lavement des pieds a eu lieu dans la nef transversale ou croisée de la basilique du Vatican, c'est-à-dire dans la grande chapelle des saints Processe et Martinien.

On y érige le trône entre les deux colonnes de l'autel, et on la décore de la même manière que la salle ducale. H y a ici seulement de plus, deux bancs pour les cardinaux , un plus grand nombre de tribunes et d'estrades pour les spectateurs. Il ne faut pas omettre que dans cette touchante l'onction, nommée mandatum parce que le divin Sauveur en a fait le commandement, le pape s'y faisait autrefois porter sur la sedia.

Anciennement, selon les Ordres romains, le pape, après avoir célébré la messe du jeudi saint, et conservant ses vêtements sacrés, accompagné des évêques, des prêtres et des diacres, lavait les pieds à douze diacres, ou bien à douze chapelains, ou encore à douze sous-diacres apostoliques. Il déposait seulement la chasuble, pendant que vêpres étaient chantées. Les sous-diacres étaient vêtus d'un surplis et d'un rochet, selon le témoignage de Marangoni. La fonction avait lieu à Saint-Laurent dit ad sancta sanctorum, lorsque le pape habitait le palais de Latran, ou bien dans la chapelle de Saint-Nicolas ou au monastère de Saint-Martin, s'il faisait sa résidence à Saint-Pierre. Deux clercs mineurs portiers prenaient sur leurs bras le premier des douze, et le portaient devant le pape qui lui lavait les pieds et les lui baisait. On en faisait de même pour les onze autres.

On lit dans l’ordre romain de Cencius qu'au jeudi saint le pape faisait deux lavements de pieds, un après la messe à douze sous-diacres, et l'autre après le repas à treize pauvres. Le premier était un mémorial de ce que fit la Madeleine chez le pharisien quand elle lava et arrosa de parfums les pieds du Sauveur, et le second en mémoire du lavement des pieds des apôtres par Jésus-Christ. Comme à cause des nombreuses fonctions de ce jour on n'avait pas le temps nécessaire pour ces deux lavements de pieds, on se contenta de celui dit mandatum, qui est un souvenir du dernier, et l'on statua que les treize individus seraient sous-diacres, diacres ou prêtres. Puis dans la suite, en 1656,

Alexandre VIII ordonna que les treize pèlerins fussent tous prêtres ou au moins diacres habitant en deçà des monts, et il chargea les pénitenciers de Saint-Pierre d'en faire le choix. C'est ce qui détermina les évêques qui faisaient aussi les deux lavements de pieds à les unir et à laver les pieds à treize sujets. Le pape Sixte IV, en 1471, avait déjà approuvé cet usage. L'érudit Farnelli voulant se rendre compte de ce nombre de treize, puisque Notre-Seigneur ne lava les pieds qu'aux douze apôtres, pense que la treizième personne est la .Madeleine. Monseigneur Arèse, évoque de Tortone, y voit saint Paul, non point parce qu'il assista à la cène, puisqu'il fut appelé à l'apostolat après l'Ascension, mais à cause de la vénération spéciale que Rome lui a vouée. Cette opinion a été combattue par Frescobaldi, dans un ouvrage composé à cet effet. Il prétend que le treizième représente le maître de la maison où la cène eut lieu, et soutient que Jésus Christ lui lava les pieds aussi bien qu'aux apôtres. Orlendo, dans un ouvrage sur ce sujet, réfute à son tour Frescobaldi. Enfin plusieurs veulent que ce treizième soit saint Mathias, qui remplaça Judas Iscariote.

D'autres enfin soutiennent que ce treizième est l'ange que saint Grégoire le Grand vit s'asseoir au repas que ce saint donnait à douze pauvres, dans sa maison paternelle sur le mont Cœlius. De là vint la coutume adoptée par plusieurs papes, et notamment par Léon XII, de faire servir un repas dans une chambre de leur palais à treize pauvres, le plus ordinairement prêtres. Six étaient choisis par les curés de Rome, et les sept autres étaient pris parmi les étrangers convalescents, soignés par l'archiconfrérie de la Sainte-Trinité.

Le souverain pontife assistait à ce repas. La désignation des treize ecclésiastiques qui au jeudi saint doivent figurer les apôtres est affectée, par une concession pontilicale, à certains cardinaux, à quelques ambassadeurs ou ministres, à la congrégation de la Propagande, à l'évêque des Arméniens, au capitaine des Suisses, et à monseigneur le majordome, qui doit approuver les choix faits par ces personnages.

A défaut de ces derniers, ou en leur absence, le choix est fait par le majordome. Ces treize sujets doivent être présentés, le mercredi saint, au baigneur du palais apostolique par lequel ils sont visités, et qui leur soigne les pieds. Puis, dans la matinée du jeudi saint, ils sont conduits au palais par un bussolante, gardien du vestiaire, qui les fait revêtir d'une longue robe de laine fine de couleur blanche. On leur met des bas et puis des souliers de cuir blanc, une colletine, une tunique serrée par une ceinture de soie, une chape avec le capuchon, dont les extrémités retombent sur la poitrine, une barrette élevée que surmonte un flocon, le tout de laine blanche. Mais la doublure de la chape et la garniture de l'habit sont en soie blanche; ensuite le même bussolante célèbre la messe et leur donne la communion; puis il se couvre de sa chape rouge, et les conduit au banc où ils doivent être assis pour le lavement des pieds.

Le pape, après avoir donné la bénédiction solennelle et avoir pris quelque repos, se rend avec son cortége à la chambre des parements, auprès de la salle ducale, si la cérémonie doit y être faite, ou bien à la basilique de Saint-Pierre, si le lavement des pieds doit y avoir lieu. Puis, ayant pris auprès de la chapelle Grégorienne le grémial, il se rend au letto deiparamenti (lit des parements), où, avec l'assistance des deux cardinaux premiers diacres, il prend l'amict, l'aube, le cordon, l'étole violette, le pluvial de satin rouge, le formai d'argent et la mitre de lames d'argent. Il est précédé du dernier auditeur de rote en tunique blanche, portant la croix papale entre deux céroféraires, des clercs cubiculaires (ou de la chambre), des prélats, les premiers en chapes rouges, et les derniers en chapes violettes, du maître du sacré hospice, du magistrat romain, du gouverneur de Rome, des officiers de la garde noble et des Suisses, tandis que le prince assistant au trône soutient les bords de son pluvial, et, lorsque le pape est arrivé au trône, il y monte et s'y assied.

Le cardinal premier prêtre lui présente la navette avec l'encens, que le pontife met dans l'encensoir en bénissant en même temps le cardinal-diacre vêtu d'une tunique blanche qui se tient entre deux céroféraires, et qui doit chanter l'évangile propre à cette sainte fonciton.

Quand celui-ci est chanté, le sous-diacre, auditeur de rote, en tunique blanche, présente le livre de l'évangile à baiser au pape, et le cardinal-diacre debout encense par un triple coup le pontife. Aussitôt les chantres entonnent le verset : Mandatum novum …

Dès que ce chant est commencé, le pape se lève, dépose son pluvial, et le cardinal-diacre assistant le ceint d'un grémial de lin blanc, garni de dentelle; il descend du trône étant précédé par les massiers et le clerc sous-garde-robe, et assisté du premier maître des cérémonies, ainsi que de deux cardinaux diacres du trône, il se rend devant l'estrade élevée où sont assis les treize apôtres, et qui est séparée du peuple par un balustre, afin d'y laver les pieds de ces pèlerins, tandis que le baigneur dont nous avons parlé, vêtu de noir, remplit son office qui consiste à mettre à découvert leur jambe et leur pied, en sorte qu'à l'arrivée du pape ces préparatifs soient terminés.

Un sous-diacre en tunique blanche sans manipule se tient à droite du pape, soutient le pied de l'apôtre pèlerin, tandis que le pontife le lave avec l'eau que verse un bussolante en chape rouge, et qui retombe dans un bassin de vermeil. Le pape essuie le pied de chacun avec un linge et puis le baise. Deux camériers secrets soutiennent les bords de son grémial, et deux autres bussolanti le suivent avec deux bassins d'argent qui contiennent, l'un treize serviettes dont le pape s'est servi pour essuyer les pieds des apôtres, et l'autre un nombre égal de bouquets de fleurs fraîches. Le pape donne à chacun des apôtres une serviette et un bouquet.

Le trésorier qui accompagne le pape et qui est en chape, quand même il serait cardinal, remet à chacun de ces apôtres une médaille d'or et une d'argent renfermées dans une bourse de damas cramoisi brodée en or. Ces médailles sont de la grandeur d'un demi-écu romain, et présentent d'un côté l'effigie du pape régnant, en mozette, étole et calotte, ou bien encore en pluvial, et tout autour on y lit le nom du pontife et l'année de son règne. Au revers est figuré notre divin maître lavant les pieds à saint Pierre, avec cette inscription : Ego Dominus et magister exemplum dedi vobis (Moi votre Seigneur et Maître vous ai donné l'exemple. ); on y lit aussi le nom du graveur. Dès la veille, le trésorier a remis au pape deux étuis qui renferment quatre de ces médailles en or et autant en argent.

Pendant que le pape, après avoir terminé le lavement des pieds, retourne à son trône, le chœur dit le dernier verset Sœcula sœculorum- Amen, et l'un des deux cardinaux-diacres lui ôte le grémial dont il était ceint, et ce linge reste aux deux premiers maîtres des cérémonies alternativement.

Le prince assistant au trône ayant, comme à l'ordinaire, un voile blanc sur les épaules, enrichi d'une dentelle d'or, ou le sénateur, ou bien le conservateur de Rome le plus digne verse de l'eau sur les mains du pape, et le cardinal premier prêtre présente l'essuie-main. Le pape reprend le pluvial, se lève et entonne : Pater noster, en récitant les prières prescrites par le rituel. Les chantres répondent : Amen, et ainsi se termine cette pieuse et touchante fonction où l'on est édifié d'admirer le souverain pontife, auguste chef de l'Eglise, laver, baiser, essuyer les pieds à quelques pauvres, à l'imitation de Jésus-Christ.

Après que le pape s'est retiré au lieu où il s'était habillé, il quitte ses ornements, et reprend la mozette et son. chapeau pour retourner à ses appartements avec le cortège ordinaire. Si la cérémonie a lieu à Saint-Pierre, alors le pape, en partant pour monter au portique où l'on sert le repas aux apôtres, ne met point sur la mozette l'étole de satin rouge qu'il porte habituellement, et n'est point précédé de la croix pontificale. "

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Rédigé par Baglialto / Relecture : Amandine

Publié dans #Histoire, #Ecclésial

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Publié le 2 Avril 2015

Par Gaetano Moroni

NB: l'intégralité des céremonies de ce jour serait trop longue à reporter ici ! On lira avec interêt le livre de Gaetano Moroni, ou celui de l'abbé Faure, ou enfin celui de Barbier de Montault, tous excellents, preuves vivante quand on voit ce qui ets advenu de notre sainte liturgie, que nous vivons des heures très sombres !

"Le matin de ce jour, le cardinal-doyen du sacré collège célèbre la messe, et, s'il est empêché, c'est le cardinal-évêque suburbicaire le plus ancien. Les draperies du trône et celles du siège du pape sont de lames d'argent, avec des broderies de fleurs d'or. L'autel et la croix sont couverts de voiles de soie blanche, parce qu'ensuite on n'y récite point les heures ni les vêpres pour lesquelles la couleur violette est employée. Les cierges sont tous en cire blanche. Le devant d'autel est de tapisserie tissue d'or, ornée de l'écusson de Clément VIII, Aldobrandini, et de la maison de Médicis. Elle est garnie de franges d'or fixées avec de la cannetille d'argent. Au milieu est représenté Jésus-Christ mort soutenu par deux anges. Au-dessus on voit le calice de la passion.

Du côté de l'évangile est figurée la descente aux limbes pour délivrer les âmes des justes; du côté de l'épître on voit Noire-Seigneur ressuscité, entre deux anges, et au moment où il présente la main à Madeleine agenouillée pour la relever.

La draperie du prie-Dieu du célébrant ainsi que celle des deux coussins de celui du pape sont couvertes d'un tapis tissu d'or, représentant, au milieu, des lions et des dragons, avec des torsades d'or rattachées par des cannetilles d'argent, de même que le devant d'autel. Autrefois, en ce jour, le célébrant et ses ministres avaient des ornements pareils à ceux que nous venons de décrire, et que l'on conservait dans la sacristie pontificale. Mais aujourd'hui, à cause du travail admirable, superbe, fini de ces ornements, le pontife régnant les a fait placer dans des cadres qui sont attachés aux murs des appartements pontificaux du palais Quirinal, afin que tout, le monde pût admirer ces riches et magnifiques étoffes, tandis qu'auparavant on ne pouvait les voir que difficilement.

Le pape entre processionnellement dans la chapelle, revêtu d'un pluvial blanc, en mitre de toile d'or, et avec le formai précieux

( Le formai est l'agrafe qui sert à rattacher le pluvial du pape devant la poitrine. C'est un souvenir ou imitation du rationale du grand prêtre chez les Hébreux. Les cardinaux-évèques ont le privilège du formai quand ils sont en chape. Cet ornement papal est formé de trois pommes de pin en pierreries qui sont montées sur l'agrafe d'or. Pour le pape, ces pommes de pin sont disposées en forme de triangle. Pour les cardinaux, elles sont rangées horizontalement sur une même ligne. Le formai précieux dont on parle ici est celui dont le pape se sert, dans les solennités majeures, ce qui suppose que dans d'autres circonstances la chape est rattachée par un formai moins riche.)

Les cardinaux vont à l'obédience (c'est-à-dire vont baiser la main du pape assis sur son trône), en chapes violettes, au commencement de la messe, selon l'ordinaire. On chante l'introït en contre-point, et le Kyrie se termine quand le pape a lu l'introït. Au graduel les chantres contralti entonnent les versets, qui se terminent lorsque le diacre est arrivé au lieu où doit être chanté l'évangile. On lit dans d'anciens manuscrits qu'au jeudi saint on prêche avant la messe, et qu'au vendredi saint il n'y a pas de prédication. Néanmoins, d'après d'autres anciens monuments, il est démontré que l'on prêchait en ce dernier jour. L'offertoire se chante un peu rondement, en contre-point, afin de donner le temps d'exécuter le motet : Fratres ego enim, dont la composition musicale en une seule partie est du célèbre Palestrina.

Avant l'élévation, au lieu des quatre torches qui sont ordinairement portées par les chapelains communs, un maître de cérémonies sort de la sacristie avec douze bussolanti, vêtus de chapes rouges, qui portent des torches allumées, et qui se mettent à genoux, six de chaque côté, sur les marches de l'autel.

Le célébrant consacre en ce jour deux hosties , dont une est consumée par lui, et l'autre est réservée pour le jour suivant. On la met dans un calice à part, que le diacre recouvre de la pale, de la patène, et d'un voile blanc attaché par un ruban de même couleur au pied du calice. On appelle celui-ci le calice du tombeau.

Après l'élévation, deux maîtres de cérémonie commencent la distribution des cierges portés par les chapelains communs, par les cardinaux, les patriarches, les évêques, les abbés mitres, les prélats du fiochetti (Les prélats du fiochetti sont l'auditeur de la chambre apostolique, le gouverneur de Rome, le trésorier général, le majordome. Ils sont nommés ainsi parce que les chevaux de leur voiture portent sur leur tète un petit flocon de soie violette. Cette prérogative est une distinction honorable à Rome.), les protonotaires apostoliques et les généraux des ordres religieux. Le premier Agnus Dei est chanté lentement, et se termine par Dona nobis pacem.

Mais il n'y a point de baiser de paix. Lorsque le cardinal célébrant a mis l'hostie consacrée dans le calice du tombeau, il se retire du côté de l'épître, sur le premier gradin, le visage tourné vers le peuple, avant la postcommunion, et là il se lave les mains, tandis que l'eau lui est versée par son maître de chambre qui se tient debout, quoique le pape ne soit pas présent. Ce cérémonial a lieu de la sorte par respect pour le saint sacrement, parce que, lorsqu'il est exposé, on ne fait de génuflexion que devant lui. Les chantres commencent ensuite l'antienne de la postcommunion en plain-chant, et quand la messe est finie, ils chantent de la même manière la réponse : Deo gratias.

III. Procession à la chapelle du tombeau soit à la Pauline du Quirinal, soit à la Sixtine du Vatican, selon la circonstance.

Quand la messe est terminée, et lorsque le pape a donné la bénédiction, le célébrant rentre à la sacristie pour se déshabiller, et pour ne plus rentrer dans la chapelle afin de s'unir à la procession. Les cardinaux prennent les ornements sacrés de couleur blanche, selon leur ordre respectif. Les patriarches, les archevêques, les évêques assistants et non assistants au trône, le commandeur du Saint-Esprit et les abbés mitrés vont prendre, dans la sacristie, les pluviaux et les mitres blanches, en faisant d'abord une génuflexion devant le saint sacrement. Ils s'y rendent par la partie supérieure de la chapelle, et sont suivis par les auditeurs de rote, les clercs de la chambre, les votants de la signature et les abréviateurs du grand parquet, afin d'y quitter leurs chapes violettes, et prendre sur le rochet un surplis.

Ainsi vêtus ils rentrent dans la chapelle, et le dernier auditeur de rote va aussi à la sacristie se revêtir de l'amict, de l'aube, du cordon et de la tunique blanche. Puis les deux derniers cardinaux-diacres, accompagnés d'un maître de cérémonies montent au trône pour assister le pape, jusqu'à ce que les deux premiers cardinaux de cet ordre aient pris, à leur stalle môme, les habits sacrés que leurs camériers leur ont apportés. C'est là qu'ils ôtent leur chape traînante avec l'aide du maître de chambre, auquel ils remettent leur barrette rouge. Tous les autres cardinaux en l'ont de même , et ils s'habillent dans la chambre qui est annexée à la sacristie.

Les quatre prélats du fiochetti partent ensuite de leur place, et vont au banc des protonotaires apostoliques, et là, après que tous les personnages mentionnés ont pris leurs habits sacrés, les clercs de la chapelle, munis de flambeaux, vont allumer les cierges qui ont été distribués, ainsi qu'il a été dit.

Les chantres se réunissent dans la salle royale qui est illuminée par douze grandes cornes d'abondance de bois doré chargées de flambeaux. Ils tiennent en main leurs cierges allumés pour la procession qui se fait de la même manière que celle des palmes.

Aussitôt que la croix papale, couverte d'un voile violet et portée par le dernier auditeur de rote, est sortie de la balustrade, les chantres contralti entonnent le Pange lingua, et les cardinaux marchent deux à deux, tenant en main leur cierge et leur mitre. Ils mettent dans cette dernière la calotte rouge, par respect pour le saint sacrement que le pape porte à pied el la tête découverte, dans la chapelle Pauline, sous un dais blanc, dont les huit bâtons sont soutenus par autant d'évêques assistants au trône.

A défaut de ceux ci, les protonotaires apostoliques portent ce dais. Le prince (Le prince dont il est ici question est un personnage choisi dans les premières familles de Rome. Sa fonction est purement honorifique. Son costume est riche, et il porte sur la tète, dans les cérémonies pontificales, une couronne fermée. Les familles Colonna, Orsmi, etc., jouissent de ce privilège) assistant au trône soutient les bords du pluvial du pape, et douze bussolanti portent des torches allumées autour du dais.

Quand le souverain pontife entre dans la chapelle magnifiquement illuminée, on chante la strophe Verbum caro. Au moment où le pape arrive à l'autel, le cardinal premier diacre prend des mains du pontife le calice danslequel estl'hostie consacrée, et, précédé de deux bussolanti portant des torches, il le remet à monseigneur le sacriste qui, à son tour, place le saint sacrement dans une urne que l'on appelle le tombeau.

Après avoir fermé la porte de cette urne, qui est placée sous le tabernacle, le sacriste remet la clef au cardinal pénitencier qui devra, le lendemain, faire la cérémonie des présanctifiés. Le pape, avant la fermeture de l'urne , encense le saint sacrement avec l'encensoir que lui a remis le cardinal premier prêtre. Pendant ce temps, les chantres entonnent la strophe Tantum ergo , et celle Genitori, qui se chante lentement. Puis tout le monde se relève pour se rendre à la loge de la bénédiction, où les cardinaux prennent place sur les bancs latéraux.

Des coussins y avaient été disposés d'avance par leurs domestiques, qui se tiennent derrière les mêmes bancs.

Si le pape ne peut par lui-même faire la fonction que nous venons de décrire, le cardinal célébrant la fait, et, en ce cas, on publie, du haut de l'autel, après la messe, l'indulgence de trente ans, qui est accordée aux assistants, lorsque le pape ne peut donner du haut de la loge la bénédiction solennelle à laquelle une indulgence plénière est attachée.

Une heure d'adoration devant le tombeau est alternativement faite par les prélats en rochet et manteau court ou camail. Les officiers de la chambre la font à leur tour en chape rouge, et plusieurs chantres pontificaux en surplis. Vers le soir, où un grand concours de peuple se rend au tombeau, on illumine splendidement l'escalier royal et le vestibule jusqu'à la porte des Suisses, et le pape vient y prier en mozette et en étole, accompagné de ses camériers secrets, de la garde noble et des Suisses, ainsi que des palefreniers qui portent des torches allumées."

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Publié le 2 Avril 2015

Par Gaetano Moroni (Il traite ici de ce qui se faisait avant d'autres pontificats plus récents, et dresse un peu un historique de la messe du jeudi saint)

NB: On me demande souvent pourquoi je me complais dans ces récits d'un autre temps ! Ce n'est pas seulement parce que je suis historien de métier. C'est aussi et surtout parce que je suis effaré par l'INDIGENCE des cérémonies actuelles, et la décadence de la liturgie !

" La chapelle Sixtine au Vatican est ordinairement le lieu où la cour pontificale se réunit pour cette fonction solennelle. On a pourtant des exemples qu'elle s'est faite aussi dans la chapelle Pauline du palais Quirinal . En 1831 il Gréla la semaine sainte, pendant la captivité du pape Pie VII, elle n'a pu être célébré avec éclat au Vatican, d'où le saint-père était exilé. Ainsi pareillement Pie VIII, en 1830, ne put, à cause de sa mauvaise santé, présider à cet office et se contenta de donner la bénédiction papale le jeudi saint et le jour de Pâques.

Grégoire XVI, y fit toutes les fonctions de la semaine sainte, sans en excepter la bénédiction solennelle du saint jour de Pâques. Les cardinaux s'y rendent avec deux carrosses, et revêtus de violet avec leurs parements sacrés de couleur blanche. Leurs domestiques sont en livrée de gala. Nous pensons qu'il est utile de donner d'abord plusieurs notions sur les noms, les rites et les anciens usages liturgiques de ce jour sacré.

Ce jeudi a porté divers noms. On l'a appelé le jour des parements verts, parce qu'on s'y servait de cette couleur; Le jour blanc, le jour du pain, parce que, après le lavement des pieds, on distribuait aux pauvres une certaine quantité de pain blanc: cela avait lieu surtout dans les églises qui appartenaient à la nation française ; jour de lumière (sans doute à cause des nombreux luminaires du reposoir, au tombeau) ;jour d'indulgence, et saint Maurice lui donnait ce nom.

Les Syriens le nommaient le jour des secrets, ou de la consignation du calice. En outre encore, on donnait au jeudi saint le nom de jour d'absolution, jour des mystères, jour du mandatum (à cause du lavement des pieds), et cinquième férie.

Plus communément , on a donné à ce jour le nom de cinquième férié in cœnâ Domini ou cène de Notre-Seigneur. Dans une bulle du pape Boniface IX, ce jour est nommé la bonne cinquième férié de la cène du Seigneur, ou bien encore natalis calicis, l'anniversaire du calice, en mémoire de la coupe dans laquelle Jésus-Christ donna son sang à boire à ses disciples.

En ce jour aussi on célèbre la mémoire de la cène en laquelle Jésus-Christ institua le saint sacrement de l'eucharistie.

Mais Urbain IV, dans la seconde moitié du xiii" siècle, considérant qu'en ce jour on était en deuil à cause de la passion et de la mort du Sauveur, et qu'ainsi il n'était point possible d'y solenniser une fête, jugea convenable de transporter en un autre temps ce mémorial, auquel vint ensuite s'adjoindre la procession solennelle du saint sacrement.

Finalement, on a donné aussi à ce jour le nom de solennel commencement des fêtes pascales.

C'est pourquoi dans les églises on l'on était dans l'usage de jeûner chaque jeudi du carême, on avait coutume de terminer le jeûne quadragésimal au jeudisaint, en signe de joie.

Anciennement, au jeudi saint, on chantait deux messes; la première à jeun, le matin, et la seconde le soir, après souper.

Il y avait des Eglises où l'on chantait, en ce jour, quatre messes; en d'autres, on en disait jusqu'à cinq. Mais l'usage le plus ordinaire était d'en chanter trois, ainsi que nous allons le développer.

On disait la première pour la réconciliation des pénitents qui, au mercredi des Cendres, avaient été expulsés de l'église. Ceux-ci venaient, en ce jour, de grand matin, vetus d'un sac et la tête couverte de cendres, et ils se plaçaient au lieu qui leur était réservé. Puis à l'heure de sexte, en certains lieux, et à celle de none, en d'autres, on les conduisait à l'église hors de laquelle pendant tout le carême ils avaient pleuré leurs fautes.

Ces pénitents étaient présentés par un diacre au pape ou à l'évêque, qui se tenait à la porte de l'église, et après diverses prières on les réconciliait et on les absolvait.

C'est pourquoi ce jour est nommé dans les anciens liturgies le jour absolu, dies absolutus Jovis.

Après cette cérémonie on sonnait les cloches comme pour un jour de fête , en signe de joie, et, à partir de ce moment, on ne les sonnait plus jusqu'au samedi saint.

Les pénitents réconciliés prenaient place dans l'église avec les fidèles pour entendre la messe et pour participer avec tous les autres aux saints mystères.

Quoique cette forme de réconciliation fût prescrite uniquement pour les pénitents publics, néanmoins plusieurs autres chrétiens, pour se procurer une réconciliation plus consolante et plus méritoire devant Dieu, se joignaient aux premiers.

La seconde messe était pour la bénédiction des huiles nommées saintes parce qu'elles sont bénites et sanctifiées par des cérémonies spéciales, et que les évêques seuls peuvent faire, selon les règles canoniques.

Avant le Pater, on consacrait l'huile pour les infirmes ou l'extrême-onction; à l'Agnus Dei, celle des catéchumènes ainsi que celle du saint chrême mêlé de baume pour la confirmation.

En d'autres pays, ces deux dernières huiles étaient consacrées après la communion.

Pour ce qui regarde la consécration du saint chrême que les évêques font seulement aujourd'hui au jeudi saint, elle pouvait se faire autrefois en tout temps, selon ce que nous lisons dans le concile de Tolède, en l'année 400. Cette bénédiction des huiles se faisait à Rome par le pape avec beaucoup de solennité, comme on le lit dans les Ordres romains qui en décrivent les belles et mystérieuses cérémonies. Le pape Benoît en renouvela en partie l'ancien ordre. La bénédiction des saintes huiles commençait dans l'oratoire de Saint-Thomas ou de Saint-Pancrace, si les papes habitaient le palais de Latran, ou bien dans la chapelle Saint-Grégoire, si la cérémonie avait lieu au Vatican.

Les papes étaient assistés des évêques, des prêtres, des diacres et autres ministres sacrés qui, d'ordinaire, se trouvaient à ces fonctions. On présentait les trois ampoules ou urnes des huiles au pape ; puis on partait de l'autel où la cérémonie avait eu lieu, et on les portait à l'un ou à l'autre des autels de la basilique dans laquelle le pape célébrait.

Les Ordres romains font mention d'une autre ampoule de verre dans laquelle était un vase d'or qui renfermait une pierre précieuse dans laquelle était conservée une goutte du sang qui découla des plaies de Jésus-Christ. Pendant que le pape faisait une homélie au peuple, quelques cardinaux diacres aidés par les sous-diacres couvraient d'une nappe la table qui recouvrait l'autel sacré ( Cet autel sacré est celui sur lequel l'apôtre saint Pierre célébrait le saint sacrifice. Il est de bois et en forme de coffre. On s'en est servi pour la messe jusqu'au pontificat de saint Silvestre, qui le premier érigea des autels de marbre, au commencement du IVè siècle. L'autel de saint Pierre l'ut mesuré le 29 mars 1658 sous Alexandre VII avec le sacriste majeur de Saint-Jean de Latran. On lui trouva en longueur quatre palmes et dix pouces, sur quatre palmes et un pouce de hauteur et deux palmes huit pouces de largeur. La palme romaine équivaut à peu près à huit pouces de l'ancien pied français, c'est-à-dire à vingt-deux centimètres. Il est renfermé sous le maitre-autel ou autel papal de cette basilique. )

Il est conservé dans la basilique de Saint-Jean de Latran, et au fond d'iceluy on cachait, pendant tout le reste de l'année, l'ampoule de verre dont nous parlons.

En ce jour seulement, cette ampoule était extraite par la main du pape du fond de cet inaccessible réduit, et le pontife la montrait au peuple qui la vénérait avec la plus grande piété. Le pape entrait dans l'arche ou autel papal, ainsi nommé à cause de son ancienne l'orme, pour terminer le saint sacrifice, afin d'imiter le rite de l'ancienne loi qui permettait au seul grand pontife l'entrée dans l'arche, une seule fois dans l'année. C'est ce que les livres saints nomment sancta sanctorum, le saint des saints. C'est ainsi que l'expliquent Innocent III, Guillaume Durand et Mabillon.

Une troisième messe était célébrée en mémoire de l'institution de la sainte eucharistie que Jésus Christ permit et ordonna à ses apôtres ainsi qu'aux prêtres de consacrer, en leur disant: Faites ceci en mémoire de moi. C

'est donc avec l'Eglise chrétienne que cette solennité a commencé, et on l'a toujours considérée comme une des plus solennelles. En ce jour avait lieu la communion générale du clergé et des fidèles.

Telle est la communion laïque et ecclésiastique dont les anciens canons parlent fréquemment. La communion ecclésiastique se faisait par les prêtres revêtus d'un surplis et d'une étole, et par les autres ministres de l'autel. Celle des laïques avait lieu en dehors des balustres, et c'est aussi là que devaient communier, en se confondant avec le peuple et sans distinction, les ministres de l'autel qui, en punition de quelque faute, avaient été réduits à la communion laïque. C'est le terme consacré par les anciens canons.

Les trois messes dont nous venons de parler ayant été réduites à une seule, les diverses fonctions qui avaient lieu, en chacune de ces messes, se sont réunies dans la seule qui est aujourd'hui célébrée.

Si ensuite, en ce jour-là, venait à se rencontrer la fête de l'Annonciation ou celle de Saint-Joseph, ou toute autre fête de précepte, alors on célébrait quelques messes privées pour que les fidèles eussent la faculté de satisfaire à l'obligation d'entendre la messe.

C'est ainsi que le régla Clément XI en se conformant aux décrets antérieurs de la congrégation des rites, et en particulier à celui du 13 décembre 1692.

Hors de ces cas, tous les autres prêtres s'abstenaient de dire la messe, excepté le célébrant.

Cela se faisait d'abord en signe de deuil, et c'est la raison pour laquelle les prêtres ne célèbrent pas dans les deux autres jours, et ensuite pour imiter la dernière cène de NotreSeigneur qui seul célébra et communia de ses mains les apôtres.

Le vulgaire croit ordinairement et à tort que cette fonction est la pâque des prêtres. Comme on ne peut séparer le mémorial de l'institution eucharistique de celui de la passion du Sauveur, l'Eglise au milieu de la joie que lui inspire le souvenir de cette ineffable institution mêle encore des signes de douleur et de tristesse. C'est pourquoi après le Gloria in excelsis on suspend la sonnerie des cloches, et l'on reprend l'ancien usage des palettes de bois ou crécelles dont se servaient surtout les moines, qui les nommaient crepitaculum, lignum congregans, maliens excitatorius ligneus, tabula lignea pour inviter le peuple à venir dans l'église.

On s'abstient aussi, en ce même jour, de donner la paix, en signe de détestation du baiser que le perfide Judas donna à son divin maître, comme l'explique le célèbre Mazzinelli dans son Office de la semaine sainte, imprimé à Rome en 1806. "

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Publié le 15 Mars 2015

Rome, IVe dimanche de Carême: la rose d'or

Par l'abbé Dumax, sous St Pie IX (en des temps etc etc (vous connaissez la rangaine, hélas plus que vraie quand on tourne nos regards vers Rome de nos jours)

"La chapelle papale du IVè dimanche de carême est célèbre à Rome par la bénédiction de la rose d'or, qui lui a donné son nom, ainsi qu'au dimanche luimême. Vous apprendrez avec plaisir, je suis sûr, mon cher ami, quelques détails sur l'origine de cette cérémonie, sur la manière dont elle s'accomplit, et sur la pensée mystique qu'elle renferme et qui l'a fait établir.

Le IVè dimanche de carême est à peu près placé au milieu de la sainte quarantaine ( Le jour précisément central du carême est le jeudi qui précède le IVe dimanche. ). Or, l'Eglise, comme une tendre mère, afin d'encourager ses enfants dans la voie de la pénitence et stimuler leur ardeur, pour en achever le cours, et aussi afin de les féliciter du zèle avec lequel ils ont déjà parcouru la moitié de la sainte carrière, veut leur permettre un instant d'allégresse et de joie, au milieu de la tristesse des jours qui ont précédé et de la douleur, plus amère encore, des jours qui vont suivre.

Lœtare, Jerusalem... Réjouis-toi, Jérusalem ! Et vous tous qui aimez la sainte cité, unissez-vous à elle! vous avez partagé sa peine, prenez aussi part à son allégresse... telles sont les premières paroles que prononcent les prêtres à l'autel, en commençant les oraisons de la sainte liturgie.

Et non-seulement les prières de la messe invitent aujourd'hui le chrétien à la joie, et répandent dans

L'espèce de féte qu'il inspire à l'église pour les motifs ci-dessus énoncés est transférée au dimanche suivant, dans la crainte qu'une trop grande liberté, accordée dans un jour de simple férie, ne puisse altérer en quelque chose la loi du jeûne: l'on sait que cette loi ne subsiste pas le dimanche.

les âmes je ne sais quel parfum de consolation, tout l'ensemble des rits sacrés y convie encore : l'orgue, muet les trois dimanches précédents, fait entendre aujourd'hui sa voix mélodieuse, le diacre et le sousdiacre reprennent l'un la dalmatique, l'autre la tunique qu'ils avaient quittées, et il est permis de remplacer la couleur violette, qui apparaissait partout depuis trois semaines, par des nuances plus douces et moins sombres.

Mais quel rapport, me direz-vous, peut-il y avoir entre cette condescendance de l'Eglise, qui invite ses enfants à se réjouir le ive dimanche de carême, et la rose d'or? Le voici : Chez les peuples anciens, comme chez les modernes, la rose a toujours réveillé les plus gracieuses idées; et souvent, on l'a prise pour emblème du bonheur.

Horace voulait que, pour préluder à une journée de fête, on dépouillât les parterres de leurs roses:

Flores amœnœ ferre jube rosce

Apportez-nous les fleurs de l'agréable rose.

L'écrivain inspiré, au livre de la Sagesse , nous montre les impies se couronnant de roses, au milieu de leurs joies insensées

Coronerhus nos rosis.
Entourons tous nos fronts de couronnes de roses

Et je ne sais plus quel poète moderne, sanctifiant les souhaits frivoles du chantre de Tibur, et l'usurpation téméraire des impies dont parle l'Ecriture, fait reposer le roi des vierges, au milieu des joies pures de la félicité du ciel, sur des roses et des lis:

Liliis sponsus recubat, rosisque....
Et des vierges l'époux repose dans les cieux
Sur les lis et les roses.

Et l'Eglise elle-même ne salue-t-elle pas Marie, qu'elle appelle si souvent l'espérance et la joie des fidèles, du beau nom de Rose Mystique?

Et de fait, l'éclat de la rose, la majesté de sa tige, la pourpre de sa parure, la douceur de son parfum, son calice qui s'entr'ouvre avec les premiers feux du jour pour développer tous ses charmes sous l'ardeur du soleil de midi, ne sont-ce pas là autant de traits qui conviennent au bonheur? La nature a-t-elle rien de plus riche dans ses trésors

Cela étant, l'Eglise, qui n'est pas, comme on l'a trop souvent répété, l'ennemie de la poésie, et qui lui ouvre, au contraire, à tout instant les bras jusque dans sa liturgie sacrée; l'Eglise, dis-je, remarquant que les idées gracieuses réveillées par la rose sont en harmonie avec les sentiments qu'elle veut, en ce jour, inspirer à ses enfants, a pris cette fleur pour emblème et comme pour devise de cette journée. Comme si elle disait à tous : Cette fleur , dont la couleur et le nom rappellent l'idée du bonheur, doit être aujourd'hui votre signe de ralliement, et le mot d'allégresse qui semble s'échapper de sa corolle entr'ouverte doit être votre devise.

Seulement, comme la rose que nos jardins voient éclore n'a qu'une existence éphémère et s'évanouit aux premières brises du vent du soir , l'Eglise nous a présenté cette fleur sous le plus précieux des métaux, sous l'or, qui lui-même est l'emblème de la charité: nous signifiant sans doute par là, que la joie à laquelle elle nous convie ne doit pas s'émousser sous le vent de la colère , mais qu'elle doit

avoir la charité pour principe et pour défense

Elle la bénit, parce que toute joie que Dieu ne bénit pas, ne peut que se tourner en amertume et en chagrins cuisants

Quoi qu'il en soit, l'institution de la rose d'or, le ive dimanche du carême, remonte très-haut dans les âges chrétiens ; D. Guéranger nous apprend qu'on la trouve en usage dès le temps de saint Léon IX, au XIe siècle.

Les principaux rites qui accompagnaient alors la bénédiction de la rose d'or, sont venus jusqu'à nous. Voici comment s'accomplit la cérémonie qui, du reste, n'a pas lieu en public dans la Sixtine, mais auprès, dans une espèce de sacristie, dite salle des Parements.

Le Pape est en simple aube et en étole. — Dès qu'il paraît, un prélat va prendre la rose d'or sur un petit autel où elle était déposée à l'avance, et la présente au Souverain Pontife, qui commence de suite les prières de la bénédiction. Ces prières sont magnifiques, mon cher ami ; aussi, quoiqu'elles soient un peu longues, je ne puis m'empêcher de les traduire ici pour vous, assuré que cette lecture vous aidera à mieux pénétrer le mystère de cette cérémonie.

« 0 Dieu! dont la parole et la puissance ont tout créé, et qui gouvernez toutes choses par votre seule volonté; vous qui êtes la joie et l'allégresse de tous les fidèles: jetez un regard sur cette rose , si délicieuse à voir, si suave par son parfum, que nous devons porter aujourd'hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle; et nous vous en prions, ô majesté sainte, daignez la bénir, daignez la consacrer. Faites surtout qu'à cette occasion, la grâce de votre fils unique, la véritable gloire et la vraie allégresse d'Israël, se répandant sur votre peuple, qui doit être arraché par lui au joug de la captivité de Babylone, les joies de la Jérusalem céleste, qui est notre mère, soient ici-bas représentées. Oui, Seigneur! que votre Eglise, qui, à la vue de ce symbole, va tressaillir de bonheur pour la gloire de votre nom, reçoive de vous un contentement véritable et parfait. Accroissez la dévotion dans les cœurs, éloignez-les du péché, augmentez-y la foi, guérissezles tous de leurs misères, protégez-les dans votre miséricorde, détruisez les obstacles qui s'opposent à notre salut, rendez-en les sentiers faciles : sous cette influence, Seigneur, votre Eglise vous offrira les fruits de ses bonnes œuvres. Et, après avoir traversé la vie en marchant à l'odeur des parfums de Jésus, la rose véritable, sortie de la tige de Jessé, etappelée encore, dans un langage mystique, la fleur des champs et le lis des vallées, elle méritera de goûter une joie sans fin, au sein dela gloire des cieux, dans la compagnie des saints, avec ce même Jésus, la fleur éternelle et divine, qui vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

Après avoir récité cette oraison, le Pape oint la rose avec du baume, et répand dans une petite cassolette, fermée par une grille d'or qui se trouve au centre, une poudre parfumée mêlée de musc; il l'asperge ensuite d'eau bénite, l'encense et la confie au prélat qui la lui a présentée.

Au temps de saint Léon IX et durant tout le moyen-âge, alors que les Papes résidaient encore au palais de Latran, après que le Souverain Pontife avait béni la rose dans la chapelle de ce palais, il partait en calvacade, la mitre sur la tête, avec tout le sacré collége, pour l'église de la Station, qui était alors, comme aujourd'hui, Sainte-Croix-en-Jérusalem-Tout

le long de la route, il tenait la fleur symbolique entre ses mains. Arrivé à la basilique, il prononçait un discours sur les mystères que représente la rose par sa beauté, sa couleur et son parfum. On célébrait ensuite la messe; et quand elle était terminée, le Pontife revenait au palais de Latran , toujours en cavalcade et dans le même cortége, et portant dans sa main, comme au départ, la fleur mystérieuse, dont l'aspect, disent les anciens historiens, réjouissait le peuple de Rome.

Au retour comme durant l'allée, le préfet de Rome, en habit de pourpre et en chaussure de drap d'or, menait ordinairement par la bride le cheval que montait le Pape; c'étai lui aussi qui, au seuil du palais de Latran, tenait l'étrier du Pontife, et l'aidait à descendre.

En reconnaissance de ce témoignage de respect, le Pape déposait un moment la rose d'or entre les mains de ce dignitaire, comme pour lui accorder une toute spéciale participation à la joie chrétienne dont elle était l'emblème. Le préfet la recevait à genoux, après avoir baisé le pied du Pape. Si quelque prince étranger avait assisté à la cérémonie, on lui accordait l'honneur de soutenir le Pape en descendant de cheval, et de tenir son étrier; et c'était en ses mains que le Pontife déposait, en récompense de cette filiale courtoisie, la rose d'or, objet de tant d'honneur et cause de tant d'allégresse.

Aujourd'hui la procession à Sainte-Croix-en-Jérusalem et à Saint-Jean-de-Latran n'a plus lieu. De suite après la bénédiction de la rose, le Pape entre dans la Sixtine pour assister à l'office. Le prélat à qui la rose a été confiée le précède, et va placer la fleur d'or sur l'autel, au sommet d'un rosier, également en or, disposé pour la recevoir.

A la fin de la messe, ce même prélat va la reprendre, et, précédant le Pape, il rentre avec lui dans la sacristie. Quelquefois, à l'imitation de ce qui se pratiquait autrefois, le Souverain Pontife tient lui-même la rose d'or de la main gauche, tandis qu'il bénit le peuple de la main droite. Il doit toujours la tenir luimême, lorsque, pour quelque circonstance particulière, la chapelle du IVè dimanche de Carême a lieu dans quelque vaste sanctuaire, où le Pontife peut arriver porté sur la Sedia.

Que devient cette rose? — Dans le principe, elle fut souvent offerte au préfet de Rome. Plus tard, l'usage prévalut de l'envoyer à quelque royal souverain, à quelque prince qui s'était illustré par sa valeur, à quelque princesse renommée pour sa vertu ou sa charité envers les pauvres. Assez longtemps les empereurs d'Allemagne la reçurent à l'époque de leur couronnement. Lorsque le Saint-Siége fut établi à Avignon, on convint d'offrir la rose d'or à la personne la plus digne qui se trouvait à la cour pontificale à l'époque du carême. — De nos jours, toutes ces traditions diverses sont en usage : tantôt la rose est envoyée à des princes ou des princesses que le Pape veut honorer, tantôt leSouverainPontife l'offre lui-même à quelqu'un des grands seigneurs de sa cour, ou à quelque personnage de distinction qui a assisté à la cérémonie, quelquefois c'est à une ville tout entière ou à une église qu'il en fait présent (Lorsque le Pape est absent de Rome, la cérémonie de la bénédiction de la rose n'a pas lieu : on se contente , en cette circonstance, d'exposer sur l'autel de la Sixtine une rose précédemment bénite.

C'est ce qui se pratiqua sous le pontificat de Pie VI, l'année du voyage que fit ce pape en Autriche. — Durant les dernières années de la vie de Clément XII, ce pontife, ayant été frappé de cécité, et ne pouvant par conséquent paraître dans les cérémonies chrétiennes , bénissait la rose dans un de ses oratoires particuliers : elle était ensuite transportée dans le sanctuaire où se tenait la chapelle papale (Extrait desnotes do A, Manavit.)).

Je dois vous dire encore que, pour la chapelle papale du IVè dimanche de Carême, les insignes des cardinaux sont de couleur rose; l'étole du Pape et les ornements du célébrant, qui est ordinairement un cardinal-prêtre, sont également de couleur rose, aussi bien que les tentures du devant de l'autel. Tout cela, vous le sentez, est la continuation de la même pensée dans la liturgie de l'Eglise.

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Publié le 10 Mars 2015

La station a lieu à Ste. Pudentienne; il y a indulgence de dix ans et dix quarantaines. Le chapitre de Ste. Marie Majeure, dont cette église est filiale, s'y rend processionnellement et y chante la messe, à neuf heures. On y voit les restes de la maison du sénateur S. Pudens qui y reçut S. Pierre, l'autel de bois sur lequel célébra l'apôtre et le puits où reposent les corps de 3,000 martyrs. On vénère, au maître-autel, les corps de S. Pudens, de Ste. Pudentienne, de S. Novat et de S. Sirice. On expose les crânes de S. Clément m., de S. Pie m., de S. Vincent m. et de Ste. Maxime m., ainsi que des ossements de S. Prosper m

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Rédigé par Baglialto

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