Salve

Publié le 7 Février 2015

Il semble que saint Romuald naquit entre 951 et 956 dans la famille des Honesti, ducs de Ravenne. Elevé, suivant les maximes du monde, dans la mollesse et le goût des plaisirs, il se laissa entraîner par la fougue de ses passions ; néanmoins, de temps en temps, il s’inquiétait de l’état de son âme et prenait la résolution d’être plus fidèle à Dieu. Il arrivait que, suivant à la chasse quelque bête, seul au milieu des bois, il se prit à prier : « Heureux, s’écriait-il, les anciens ermites qui choisissaient de telles retraites pour demeures ! Avec quelle tranquillité ils servaient Dieu, ainsi éloignés des tumultes du monde. »
Son père, Sergius, qui voulut terminer par un duel une discussion engagée avec un parent pour le partage d’un pré, exigea que Romuald fût son témoin. Le père ayant tué son adversaire, Romuald se considéra complice d’un homicide et s’en fut faire quarante jours de pénitence à l’abbaye bénédictine Saint-Appolinaire de Classe. Là, totalement converti par l’exemple d’un frère convers, Romuald demanda l’habit religieux.
Romuald fut un si bon moine que certains de ses confrères qui ne pouvaient supporter une telle perfection, résolurent de le tuer. Or l’un des conjurés prévint Romuald qui obtint de l’abbé de Classe la permission de quitter le monastère pour se réfugier près de Venise, chez l’ermite Marin. Vers 978, Marin et Romuald accompagnèrent en France Pierre Urséole, ancien doge de Venise, qui allait se faire moine à Saint-Michel de Cuxa. Dom Guérin, l’abbé du monastère, reçut aussi Romuald et le garda quelques temps sous sa direction, puis il lui permit de se retirer dans un ermitage où il passa trois ans dans la plus grande austérité et les terribles attaques du démon.
Romuald apprit que Sergius, son père, qui s’était fait religieux à Saint-Sévère de Ravenne, songeait à retourner dans le monde. Pour détourner son père de ce funeste projet, Romuald voulut quitter Cuxa mais les habitants refusaient de laisser partir, préférant le savoir mort que loin d’eux. Romuald contrefit l’insensé et lorsque les gens le crurent totalement fou, ils le laissèrent partir. Sergius fut convaincu par son fils et mourut moine, l’année suivante, en odeur de sainteté (995). Après la mort de son père, Romuald revint se mettre sous l’autorité de l’abbé de Classe qui lui permit de reprendre sa vie érémitique à Pont-de-Pierre. Un peu plus tard, rejoint par des disciples, il fonda un monastère en l’honneur de saint Michel archange, près de Bagno. Othon II qui séjournait à Ravenne et voulait réformer l’abbaye de Classe le fit élire abbé et l’y ramena de force. Romuald qui s’était, pendant deux ans, appliqué vainement à réformer son abbaye, alla déposer sa charge aux pieds de l’Empereur et de l’archevêque Gerbert de Ravenne (le futur pape Sylvestre II). Othon II ayant manqué à sa parole pour prendre Tivoli, Romuald lui imposa une rude pénitence. Plusieurs seigneurs se convertirent et se mirent à son écolme. Il obtint que l’Empereur construisît dans l’île de Pérée un monastère en l’honneur de saint Adalbert à la condition d’y former des missionnaires pour la Pologne et la Russie. Pendant que Romuald établissait de nouveaux monastères en Italie, tous les missionnaires qu’il avait envoyés furent tués. Le Pape lui permit d’aller lui-même évangéliser la Hongrie mais à peine fût-il arrivé à la frontière de ce pays qu’il tomba si gravement malade qu’il dut retourner en Italie. Sur chemin du retour il fonda en Allemagne quelques monastères et en réforma d’autres.
Le Pape fit venir Romuald à Rome ; près de la ville, il bâtit des monastères dont Sasso Ferrato où il fit un long séjour. Henri I° qui avait succédé à Othon II le vint visiter et lui donna le monastère du Mont-Amatius, en Toscane.
En 1012, à Calmaldoli (diocèse d’Arezzo) il fonda un monastère d’un type nouveau où la vie commune du travail et de l’office bénédictins s’alliait à l’érémitisme ; les moines abandonnèrent l’habit noir pour l’habit blanc et portèrent la barbe pleine.
Comme il l’avait prédit, vingt ans plus tôt à ses frères, Romuald vint mourir au monastère du val de Castro le 19 juin 1027. Il y eut tant de miracles sur sa tombe où son corps était resté sans corruption, qu’il fut canonisé (1032).

Rédigé par Cdl Balthasar

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