Publié le 16 Janvier 2017

Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 9 Janvier 2017

Cliquez ici, et imprimez ! Vous n'avez pas tous les modèles, mais assez pour vous amuser!  Utilisez ensuite une paire de ciseaux et de la colle... C'était au temps où les pontifes romains savaient encore s'habiller !

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 6 Janvier 2017

Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 31 Décembre 2016

Nous vous souhaitons une bonne et Sainte Année, pleine d'incertitudes ! Pourquoi ? Parce que c'est le seul moyen de se tenir prêt à tout !

Gardez vos lampes allumées, non pas de manière niaiseuse, comme on le voit ou on le lit souvent, (on le chante même chez les modernos d'ancienne ou de nouvelle souche )mais avec les provisions d'huile qui s'impose... et comme le dit aussi Don Camillo, (dans le roman, pas le film) avec un bon fusil , des cartouches, son crucifix, une bonne bouteille et un pain de 12 livres !

Faites corps avec votre clan, votre famille, et ne lâchez rien, ne dites pas que vous ne lâchez rien (c'est facile, yen a plein qui le disent, et après...), faites le !

Soyez prêts à tout, en tout temps, en tous lieux ! C'est ainsi que votre année sera bonne !

A bientôt, et Surtout, faites ce qu'il faut pour que Notre Seigneur vous garde en Sa Sainte Grâce !

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 25 Décembre 2016

24 décembre 23h00

 

La mer était plus qu’agitée. Des creux se formaient ! Le brouillard s’était épaissi dès l’entrée dans les eaux territoriales françaises.

Le Dauphin, un petit bateau de 10 mètres, avait levé l’ancre vers midi, pour gagner les côtes à petite vitesse. La livraison du père Noël comme ils l’avaient demandée, se ferait au changement de jour.

Le capitaine Anis cariote se versa un autre verre d’ouzo.

Si cela n’avait pas été pour les 2000 couronnes de Gibraltar, il serait bien reste chez lui, à Perama dans la banlieue d’Athènes.

Certes c’était une sommes que ces 2000 couronnes, mais cela ne valait pas les risques ! Les gardes côtes européens, les mines flottantes, peut être un sous-marin Russe ou de la Conféderation Texane ….

Le temps ne le préoccupait pas particulièrement. Il en avait vu d’autres, sur les grands bancs de terre neuve, jeune mousse sur le chalutier usine dans les grandes tempêtes un jour de mars alors que les icebergs était descendus bien au sud.

Il se re versa un autre verre. Michele son cousin un petit bonhomme rondouillard mais costaud, coiffé de son bonnet crasseux  et de son éternel Jean troué (qui avait dû être bleu), passa la tête par la porte rouillée.

Le bateau était dans un piètre état. On voyait les machines depuis le pont par de gros trous résultat d’une absence d’entretien et du sel de la mer Adriatique.

Michele les avait maladroitement bouchés à la mousse expansée, laquelle  s’effritait, et une bâche plastique translucide, fixée au chatterton faisait office de vitre sur le hublot corrodé.

L’avant avait été enfoncé lors de la dernière sortie, contre le quai…parce que Cariote n’était pas sobre… Depuis il ne sortait plus en mer, et de toute manière sa licence lui avait été retirée, et son bateau était gagé.

La sortie du port relevait du miracle, personne ne lui avait rien réclamé et le patrouilleur  de la Guarda  de l’ONU stationnait tous feux éteints à son ponton.

« Patron, il faut stopper et attendre »

Cariote poussa un grognement et se leva péniblement

« Va mettre les machines en panne, au cas où et tiens-toi prêt à sectionner les cordes à tout moment pour abandonner la marchandise»

-Si loin des côtes ?

-Je ne veux pas tomber sur les gardes, je préfère un arraisonnement pour pêche illégale, que de passer deux mois au mieux à Bonifacio. Tu sais bien que le bateau vaut bien plus que les billets qui nous attendent … ou pas » Marmonna le capitaine.

- Le bateau ? Il flotte à peine ! Si ce n’est pas pour l’argent, pourquoi sommes-nous la ? »

- C’est la date, ce soir c’est Noël ! Tu sais, la naissance de Jésus ! »

- Noël ? Le truc des chrétiens ! Allons mon cousin, je croyais que tu ne croyais ni à Dieu ni au diable ! », Se mit à rire Michele

-Non, j’y crois plus … il se racla la gorge. Jadis quand j’habitais la France,  la chapelle au bord de la mer tu sais j’y allais avec les copains …

-Eh je le sais pardi, d’ailleurs  par orgueil tu as tout lâché, morceaux après morceaux, tout en exhortant voisins et amis à tenir le bon bout, tandis que toi tu tenais la bouteille … et n’y croyais déjà plus … tu t’es fâché avec tout le monde …  Il y en avait que pour toi … les autres n’en faisaient jamais assez, ‘ne pensaient pas droit’ comme tu disais … même Claude est partie à Saint Etienne … t’en as perdu tes cheveux ! Bon sang,  ce soir tu me dis que tu es là à cause de Noël ! Tonton, tu bois trop ! C’est bien tard pour regretter autour d’une bouteille de Pilavas ! Tu m’as promis la moitié des biffetons ! J’ai bien voulu fermer les yeux, après tout je trafique aussi, mais là…

Cariote le coupa !

-Non attends je vais … il soupira … et puis zut, à quoi bon ils sont tous morts … fais ce que je te dis ! Fous moi la paix et t’auras ta maudite paye !

Michele savait bien qu’il ne fallait pas insister… Il laissa son oncle à ses fantômes et remonta sur le pont en jurant !

Au fond de lui -même, Cariote ne savait pas pourquoi il avait accepté cet étrange voyage.

Une coupure de journal glissée dans une enveloppe déchirée avait été glissée sous la porte de son appartement, dans ce quartier bruyant où il vivait. Y figurait une petite annonce : quelqu'un cherchait à louer un bateau pour le soir de Noël, pour aller pêcher le thon, ("T'as qu'à croire, avait il pensé, le thon ..."). La somme promise l’avait intrigué, et la date aussi. Curieuse manière de passer Noël…

Ce mot, résonnait étrangement dans sa tête, un mot du passé... Il y avait bien longtemps que ce vocable avait disparu ...

Qui avait eu son adresse ? Qui savait qu’il avait un bateau … Mais ce serait peut-être l’occasion de gagner quelques billets oranges. De quoi passer du bon temps avec des filles peut être et de solder quelques dettes de jeu…

Perplexe, il s’était rendu au bureau des annonces du journal, et on l’avait mis en relation avec un petit homme très affable, mais qui n’inspirait pas particulièrement confiance à Cariote… L’argent, ces maudits billets… dansaient dans sa tête… de quoi peut être partir en Russie retrouver sa fille, qui ne lui parlait plus pourtant…

L’affaire était compliquée : aller livrer des caisses dans le sud-est de la France…enfin, les mettre à l’eau car d’autres feraient le reste … Lui il connaissait bien la côte...

Une avance avait apaisée sa curiosité… Après tout, la moitié de l’ancienne Europe trafiquait, de la drogue aux armes, en passant par les organes humains. Une jolie liasse et il fermerait les yeux, comme d’autres...

Minuit approchait, et toujours aucun signal. La cote devait être à 200 mètres environ mais avec ce brouillard… Michele veillait simplement avec la corde et les poids à ce que le bateau ne s’échoue pas.

-Même heure quelque part sur les hauteurs d’une cote française, du côté de menton

 

« Alwen, bon sang, qu’est-ce que tu fabriques, allume moi ces foutus phares, je ne te demande rien d’autre, l’heure approche, le canot est à l’eau, on va se faire repérer, sans parler que la mer se forme.

L’intéressé marmonna « Pff penses-tu, un soir de noël, par le temps qu’il fait… »

Cela faisait déjà 20 minutes qu’il trifouillait capot ouvert, dans le moteur de la camionnette

Le brouillard s’épaississait.

Un tintement étrange, à la fois proche et lointain troua la nuit. Tous se figèrent tant sur la falaise, que dans le canot à l’eau et sur le bateau.

Une lumière puissante jaillie du brouillard en direction de la mer.

« C’est le signal cria Michele » ! Cariote se précipita sur le pont. « Mets à l’eau mon gars !

Michele coupa les cordes tandis que son cousin de capitaine enclencha la balise sur la cargaison, qui tomba brusquement dans la mer !

« Purée, je me demande comment ils ont fait s’exclama-t-il en se grattant la tête, ça fait au moins 5 ans que le dernier phare du coin est à l’abandon

Sur la falaise, Alwen était tout aussi perplexe. Les phares du 4X4 devaient faire office de phare, mais la vieille mécanique ne donnait rien. D’où venait ce puissant éclairage !?

Il se précipita vers Bartholomeo

« Alwen, t’es un champion, t’as mis la gomme !

-Je n’ai rien fait, regarde, le pickup up est là, cela vient de là-bas….

- Mais alors qui…. se demandèrent-ils !

(…)

En 20 minutes, tout fut réglé … Alcyon agrippa les caisses avec une gaffe et aidé des autres, le canot repris sa route vers le rivage.

La lumière cessa d’un coup à la stupeur générale. On entendit alors nettement douze coups de cloche venir d’une petite bute sur la droite du Toyota

Cariote se surpris sur le pont à faire le signe de croix ! « La chapelle des trépassés -énonça-t-il d’une voix blanche, celle qui est à l’abandon ! »

« C’est Noël se surprit à dire Alwen en comptant le douzième tintement…. Pour lui aussi, ce mot avait une curieuse signification, qu'il croyait oubliée...

Le moteur du 4X4 s’alluma d’un coup, sans rien demander à personne … »Alors c’est un miracle » répondit Bartholomeo !

Ils songèrent tous les deux à (…) Ici, curieusement, le carnet de Balthasar comporte une portion rayée, et recouverte de caractères illisibles. Le récit reprend plus bas

 

Les caisses de fusils commençaient à être chargées à bord du pickup !

Le bateau fit entendre sa corne de brume …

« Fichons le camp ! Ce n’était pas naturel, tout ça ! » Dit Michele à la barre !

Cariote jeta sa bouteille à la mer, il ne boirait plus… jamais…après une telle nuit !

Il actionna de nouveau la corne, tant pis pour la discrétion … Le thonier s’éloigna dans une mer d’huile…

« Je veux en avoir le cœur net, dit Bartholomeo ; terminez de charger les caisses, Alwen, vient avec moi » !

Ils s’enfoncèrent dans la nuit dans la direction de la puissante lumière…au jugé car celle-ci ne brillait plus ! Le brouillard avait été comme aspiré par le puissant faisceau lumineux!

A quelques cent mètres, ils tombèrent sur ce qui ressemblait à une bergerie en ruine, ou peut-être une très vielle étable…

Quelque chose semblait luire dans l’obscurité… Ils hésitèrent à entrer … L’endroit semblait paisible, une agréable chaleur semblait imprégner les lieux de même qu’une douce odeur de rose !

Alwen balaya l’endroit de sa torche et il vit dans un trou du mur … une petite vierge de pierre.

Marie tenait l’enfant Dieu dans ses bras et le présentait au monde !

 

 

 

 

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 25 Décembre 2016

Que l'Enfant Roi illumine vos cœurs et vous garde tous en Sainte Grâce !

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 24 Décembre 2016

Paul Claudel, Un poète regarde la croix

Voler, c'est s'emparer de ce qui ne nous appartient pas, c'est s'attribuer à soi-même ce qui existait pour un autre. Or, qu'y a-t-il de moins fait pour l'être que le néant, pour l'Infini que le fini, pour le divin que l'homme relatif, infirme, mortel et animal ? Quand Dieu donc s'est emparé de la forme humaine, quand Il l'a assumée à Son usage, quand Il S'est mis dedans, hypostasié dedans, Il a commis un abus intolérable, un attentat, également contraire à la justice, au bon sens et à la propriété, dont les professeurs n'auront pas fini jusqu'à la fin des temps tour à tour de s'indigner et de s'égayer. Il y a des choses qui ne sont pas admissibles. Plantons donc sur la fourche patibulaire au conspect [regard] de tous les cieux et pour l'édification de tous les siècles ce transgresseur saisi en flagrant délit de reprise sur un bien que nous avions toutes les raisons de considérer comme notre privilège exclusif. En se procurant chez nous de quoi mourir Il est venu nous dérober ce droit au Néant qui depuis le Péché Originel constitue le plus clair de notre capital d'établissement. Il a détourné nos fonds à Son profit, Il a réclamé d'un seul coup pour Son Père tout cet avoir, tout ce bien en exploitation que nous considérions au plus comme matière à fermage et à contrat avarement discuté. C'est pourquoi Il a mérité ce titre de Voleur, qu'Il S'est à Lui-même officiellement attribué. (…) Grâce à la complicité de la Vierge il y a eu effraction occulte de notre nature. Et le dommage est permanent, notre enceinte souffre désormais d'une fissure que malgré notre industrie il n'y aura jamais moyen de réparer. Je m'échapperai, dit le Psaume 17, 10, et en mon Dieu je transgresserai le mur. On n'est plus chez soi.

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Publié le 23 Décembre 2016

Victor Hugo, Booz endormi

Booz s'était couché de fatigue accablé ;

Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;

Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;

Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.



Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge ;

Il était, quoique riche, à la justice enclin ;

Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin ;

Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.



Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.

Sa gerbe n'était point avare ni haineuse ;

Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :

- Laissez tomber exprès des épis, disait-il.



Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,

Vêtu de probité candide et de lin blanc ;

Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,

Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.



Booz était bon maître et fidèle parent ;

Il était généreux, quoiqu'il fût économe ;

Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,

Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.



Le vieillard, qui revient vers la source première,

Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;

Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,

Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière.



Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens ;

Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,

Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ;

Et ceci se passait dans des temps très anciens.



Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge ;

La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet

Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,

Était mouillée encore et molle du déluge.



Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,

Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ;

Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée

Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.



Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne

Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu ;

Une race y montait comme une longue chaîne ;

Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.



Et Booz murmurait avec la voix de l'âme :

"Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?

Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,

Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.



"Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,

Ô Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ;

Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,

Elle à demi vivante et moi mort à demi.



"Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ?

Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants ?

Quand on est jeune, on a des matins triomphants ;

Le jour sort de la nuit comme d'une victoire ;



Mais vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau ;

Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,

Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,

Comme un bœuf ayant soif penche son front vers l'eau."



Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,

Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;

Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,

Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.



Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,

S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,

Espérant on ne sait quel rayon inconnu,

Quand viendrait du réveil la lumière subite.



Booz ne savait point qu'une femme était là,

Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.

Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;

Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.



L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;

Les anges y volaient sans doute obscurément,

Car on voyait passer dans la nuit, par moment,

Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.



La respiration de Booz qui dormait

Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.

On était dans le mois où la nature est douce,

Les collines ayant des lys sur leur sommet.



Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;

Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;

Une immense bonté tombait du firmament ;

C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.



Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;

Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;

Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre

Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,



Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,

Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,

Avait, en s'en allant, négligemment jeté

Cette faucille d'or dans le champ des étoiles

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 21 Décembre 2016

Ernest Hello, Physionomie de saints

Le premier Joseph garda en Égypte le pain naturel. Le second Joseph garda en Égypte le pain surnaturel. Tous deux furent les hommes du mystère ; et le rêve leur dit ses secrets. Tous deux furent instruits en rêve, tous deux devinèrent les choses cachées. Penchés sur l'abîme, leurs yeux voyaient à travers les ténèbres. Voyageurs nocturnes, ils découvraient leurs routes à travers les mystères de l'ombre. Le premier Joseph vit le soleil et la lune prosternés devant lui. Le second Joseph commanda à Marie et à Jésus ; Marie et Jésus obéissaient.
Dans quel abîme intérieur devait résider l'homme qui sentait Jésus et Marie lui obéir, l'homme à qui de tels mystères étaient familiers et à qui le silence révélait la profondeur du secret dont il était gardien ! (…)
Jusqu'où a-t-il pénétré dans l'intimité de Dieu ? Nous ne le savons pas ; mais nous sommes pénétrés, au milieu du bruit qui nous entoure, par le sentiment de la paix immense dans laquelle s'écoula sa vie : le contraste semble chargé de nous révéler la grandeur cachée des choses. Beaucoup parlent qui n'ont rien à dire et dissimulent, sous le fracas de leur langage et la turbulence de leur vie, le néant de leurs pensées et de leurs sentiments. Saint Joseph, qui a tant à dire, saint Joseph ne parle pas. Il garde au fond de lui les grandeurs qu'il contemple ; et les montagnes s'élèvent au fond de lui sur les montagnes, et les montagnes font silence. Les hommes sont entraînés par l'ensorcellement de la bagatelle. Mais saint Joseph reste en paix, maître de son âme et en possession de son silence.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 20 Décembre 2016

(Jules Supervielle, « Le bœuf et l'âne de la crèche », in : L'enfant de la haute mer)

« Que prépare-t-on là ? se dit l’âne. On dirait qu’ils font un petit lit d’enfant. »
« On aura peut-être besoin de vous cette nuit », dit la Vierge au bœuf et à l’âne.
Les bêtes se regardent longuement pour tâcher de comprendre, puis se couchent.
Une voix légère mais qui vient de traverser tout le ciel les réveille bientôt.
Le bœuf se lève, constate qu’il y a dans la crèche un enfant nu qui dort et, de son souffle, le réchauffe avec méthode, sans rien oublier.
D’un souriant regard, la Vierge le remercie.
Des êtres ailés entrent et sortent feignant de ne pas voir les murs qu’ils traversent avec tant d’aisance.
Joseph revient avec des langes prêtés par une voisine.
« C’est merveilleux », dit-il, de sa voix de charpentier, un peu forte en la circonstance. « Il est minuit, et c’est le jour. Et il y a trois soleils au lieu d’un. Mais ils cherchent à se joindre. »
À l’aube, le bœuf se lève, pose ses sabots avec précaution, craignant de réveiller l’enfant, d’écraser une fleur céleste, ou de faire du mal à un ange. Comme tout est devenu merveilleusement difficile !
(…)
L’enfant regardait l’âne et le bœuf tour à tour, l’âne, un peu trop sûr de lui, et le bœuf qui se sentait d’une opacité extraordinaire auprès de ce visage délicatement éclairé de l’intérieur, comme si à travers de légers rideaux on eût vu passer une lampe d’une pièce à l’autre, dans une très petite et lointaine demeure.
Voyant le bœuf si ténébreux, l’enfant se mit à rire aux éclats.
La bête ne voyait pas très clair dans ce rire et se demandait si le petit ne se moquait pas. Fallait-il désormais se montrer plus réservé ? Ou même s’éloigner ?
Alors l’enfant rit de nouveau et d’un rire si lumineux, si filial, lui sembla-t-il, que le bœuf comprit qu’il avait eu raison de rester.
La Vierge et son fils se regardaient souvent de tout près. Et c’était à qui serait plus fier de l’autre.
« Il me semble que tout devrait être à la joie, pensait le bœuf, jamais on ne vit mère plus pure, enfant plus beau. Mais par moments, comme ils ont l’air grave l’un et l’autre ! »

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Rédigé par Cdl Balthasar

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