Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus-Christ, rejetant les plaintes des femmes de Jérusalem, et répondant à leurs lamentations par ces paroles:

" Ne pleurez pas sur moi, a mais pleurez sur vous et sur vos fils. »

. Ce sont les plaintes des mondains, plaintes frivoles, plaintes aveugles , plaintes quelquefois mêlées d’une goutte amère d’ironie, plaintes qui ne partent pas d’un cœur où Dieu habite. Je les connais, Seigneur, ces plaintes-là! Qu’elles sont lourdes à porter, et que, loin de donner la paix et la consolation, elles irritent les chagrins et enveniment les plaies!

La mort m’a frappé dans mes affections les plus chères; il semble qu’elle eût deviné le plus sensible endroit. Le monde vient; il m’importune de ses simulacres de compassion, il m’étourdit par ses vaines redites et la froide banalité de ses maximes; il me parle de temps, de distraction, d’oubli: ôdéchirantes consolationsl Laisse-moi, monde ennuyeux, tu n’entends rien au seul charme qui me reste dans ma douleur, qui est de vivre avec elle et d’unir plus que jamais ce qui me reste de cœur au cœur qui a emporté ma joie, mais que je retrouve par la foi dans le sein de Dieu, et qui bientôt me sera rendu.

Ne pleure pas sur moi, o monde! et laisse mes douleurs; pleure plutôt sur tes joies et sur ce fantôme de félicité que le plus soigneux égoïsme ne saura pas toujours défendre.

Ne pleurez donc pas sur le Christ, filles de Jérusalem, passions du monde, vaines espérances du siècle; car , même sur le chemin du Calvaire, ses souffrances valent mieux que vos plaisirs. Ne pleure pas, ô avare! sur ce pauvre volontaire qui a choisi la misère de Jésus-Christ pour sa reine et ses renoncements pour trésors; mais pleure sur tes trésors d’un jour et sur le vide que ton opulence creuse dans ton cœur.

Ne pleure pas, ô ambitieux! sur cet humble qui met à poursuivre la vie cachée plus d’ardeur que tu n’en mis jamais à poursuivre la gloire; mais pleure sur ta gloire coûteuse et sur les hontes intérieures qu’il t’a fallu dévorer pour arriver à ce sommet.

Ne pleure pas , ô voluptueux! sur les- âmes chastes, et sur les divines amours qui compensent au centuple leur sacrifice; car ton esprit de chair ne peut ici rien entendre, et tu ne comprendras jamais qu’elles préfèrent leur liberté angélique à tes ivresses d’esclave.

Enfin, ô monde trop déshabitué des choses de Dieu! et qui n’acceptes le christianisme qu’à la condition de l’accommoder à tes préjugés, ne pleure pas sur cette jeune fille qui vient de quitter les parures de tes fêtes pour les vêtements de la charité; ne pleure pas sur ce jeune homme qui délaisse tes espérances pour l’ineffable joie du sacerdoce, car j’affirme encore que tes plaintes sont aveugles, et que tes larmes s’égarent sur leur bonheur au lieu de couler sur tes déceptions de chaque jour.

Laissez donc les enfants de Dieu, plaintes profanes, filles de la terre; laissez-les à leurs joies sanctifiées , laissez-les davantage encore à leurs épreuves et à la croix qu’ils portent sans murmure, sinon sans douleur, derrière Jésus, leur époux et leur ami. Et vous, ô Maître ! qui consolez toujours nos chagrins, et dont la main ne se fait jamais longtemps attendre au jour de la détresse, donnez-nous de mépriser les consolations creuses des mondains, et de ne chercher jamais l’appui de notre faiblesse sur ces roseaux tremblants.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus, tombant pour la seconde fois sur la voie douloureuse. Ce n’est pas en vain, Seigneur, que la tradition nous parle de trois chutes qui interrompent votre marche du prétoire au Calvaire. Elle veut par là nous faire entendre combien vous accable le poids de cette croix lourde de tous les péchés du monde.

Et vraiment, si j’y réfléchis, je n’ai pas de peine à comprendre votre extraordinaire accablement. Quand je pense aux épaisses vapeurs d'impiété et d’ignominie qui en une seule nuit s’élèvent de nos cités vers vous, quand je lis une seule page de l’histoire, cette conscience écrite du genre humain, quand j’interroge ma propre conscience et que je remonte jusqu’à sa source le fleuve de fautes et de péchés qui sillonne ma vie, je m’étonne plutôt, mon Dieu, que vous puissiez endurer la terre et que vous usiez envers vos indignes serviteurs d’une si longue patience. Ah, sans doute, tant de crimes n’ont été tolérés par la justice éternelle que par- la grâce du sang divin qui les couvre, et Dieu n’a supporté le monde qu’en voyant le Christ porter la croix.

Qu’ai-je besoin, après cela, qu’on m’exhorte au repentir de mes fautes? Vos mortelles défaillances sous le poids des péchés du monde m’en disent assez. La douleur et la confusion couvrent ma face; je voudrais vous arracher au joug sanglant de cette croix; mais que deviendrai-je si vous la quittez ? Toute la terre coupable réclame un Sauveur, et je suis un fils de cette terre de péché, atteint du double mal de mes pères dans la chair et dans l’esprit. Courage donc, ô Christ! Hélas! courage! relevez-vous, et recommencez votre marche vers la mort; car si votre sacrifice continué me remplit de douleur, votre sacrifice interrompu me remplit de terreurs et d’angoisses, et me fait trop sentir que s’il ne s’achève pas nous sommes perdus l

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

VI Sainte Véronique s'avance pour essuyer la face de Jésus

Je vous adore, Seigneur Jésus, tandis que la pieuse Véronique essuie d’un linge votre visage baigné de sueurs, de larmes et de sang.

Vos traits défigurés, meurtris, votre démarche brisée, vos vêtements souillés, n’ont pas trompé la sainte femme. C’est en vain que vous réalisez maintenant l’idéal de douleur qui troublait le regard d’Isaïe, c’est en vain que vous êtes «ce lépreux « méprisé, méconnaissable, cet homme «douleurs, abreuvé de souffrances, défiguré, ce visage effacé, ce dernier des « hommes , » que le prophète avouait ne pas reconnaître; l’amour de Véronique ne s’y trompe pas: pour elle vous êtes toujours Jésus!

Rien ne l’arrête, ni la foule pressée qu’il faut fendre, ni les clameurs du peuple, ni la présence des gardes, ni la surveillance haineuse des pharisiens, ni le solennel appareil d’un cortège public, ni le piétinement des chevaux, ni les imprécations des soldats; rien ne la retient, ni fausse pudeur ni crainte de la mort. Elle n’hésite pas, elle s’élance, elle vole, ellevous touche, et ses mains tremblantes de respect essaient tendrement votre divin visage; «tout était impossible : elle a tout osé, « elle a tout fait! i»

O Maître! vous êtes ici le type parfait de toute l’humanité pauvre et souffrante, et Véronique est le type de la charité. Tandis que vous traînez la croix, moins semblable à un homme, ose dire le Psalmiste, « qu’à « un ver de terre,» vous portez en vous toute la personne des pauvres; mais, en retour, le dernier des pauvres qui souffre la faim ou le froid dans l’ombre de nos grandes cités, porte en soi votre personne, ô Jésus-Christ! et c’est l’enseignement positif de votre Évangile.

Comme il y a de vous une présence réelle au sacrement de I’Eucharistie, il y a de vous une autre présence réelle, quoique d’un ordre moins parfait, dans la personne des pauvres ; et c’est pou rquoi vous dites clairement : «Ce que vous avez fait au dernier de ceux-ci, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Plus heureuse que Véronique, dont la main tremblante ne toucha qu’une fois «votre visage, la charité chrétienne peut donc, àtoutefiheure et à tous moments, sécher vosglarmes, essuyer vos sueurs, recueillir les gouttes de votre sang sur le visage de vos pauvres.

Oh qui nous donnera d’aimer assez vos pauvres?

Qui nous donnera de respecter assez leurs douleurs, et d’y adorer comme le sacrement de votre propre passion? Qui nous donnera de découvrir toujours , sous ces traits défigurés par les misères physiques et les misères morales, les traits de Jésus défiguré?

Qui nous donnera le cœur deVéronique, son espérance indomptable, sonjrrésistible élan, sa per suasion qwelle-vaxsréussir, et le degré d’a mour qu’il faut pour tout achever après avoir tout entrepris?

Vous seul, divin Maître, pouvez allumer en nos âmes ces ïlamà mes de la charité qui voudraient dévorer tous les maux de la terre, et ne s’éteindront pas au cœur de votre Église, tant qu’ici-bas il y aura une douleur! Passez donc, Jésus, divin pauvre, passez maintenant !

Ma résolution est prise et rien ne m’arrêtera, ni les maximes du monde, ni la crainte des jugements des hommes, ni même l’hésitation d’une modestie trompeuse.

Envoyez-moi vos pauvres, montrezmoi des pauvres et je courrai vers eux d’un cœur vraiment fraternel; vous aiderez, Seigneur, ma bonne volonté, vous suppléerez à mon inexpérience, vous m’apprendrez à être respectueux, délicat, discret envers leurs malheurs, vous serez le soutien de mon espérance et le prix de mes efforts et quand le voile de la charité touche le visage des pauvres, le visage de Jésus s’y grave pour l’éternité

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

V Simon aide Jésus à porter sa Croix

Je vous adore, Seigneur Jésus, soutenu dans votre marche douloureuse par le Cyrénéen.

Votre indulgence envers cet homme est admirable, Seigneur. Les Évangélistes nous le montrent dans la simple vérité de sa nature; il revenait de ses champs; il rencontre le cortége, et se trouve près de vous à l’instant de votre première défaillance. On l’arrête, on lui crie de déposer ses instruments de travail et de venir vous aider à porter la croix. Il s’agit d’un service public , et il n’y a pas à refuser.

Simon vient donc, s’approche de vous et prend sa part du fardeau.

L’Évangile ne nous dit rien des sentiments dé son cœur. Cet homme est-il seulement fâché qu’on le détourne de ses occupations et qu’on lui demande un labeur imprévu? ou bien, vous voyant si exténué, si écrasé d’un poids insupportable, est-il pris de miséricorde, et secrètement heureux de soulager un pauvre condamné? ou bien enfin ce cœur, quand il s’est trouvé si près de votre cœur divin et sous le poids de cette croix qui allait sauver le monde, ce cœur a-t-il compris, s’est-il ouvert à l’amour, et Simon de Cyrène est il le premier de ces généreux compagnons de vos souffrances qui ne cessent, depuis près de dix-neuf siècles, de se ranger avec vous sous la croix?

Peut-être; et le respect de la tradition pour le Cyrénéen nous permet de le penser. Quoi qu’il en soit, Seigneur, votre indulgence envers ce pauvre homme, dont vous ne refusez point la charité douteuse et les services peut-être intéressés ou contraints, cette extrême indulgence me rassure contre l’infirmité de mon cœur et la langueur de ma charité pour vous.

Je suis un aveugle et un grossier, c’est vrai Je m’impatiente ou je murmure quelquefois, quand l’heure fixée me rappelle au devoir de la prière et à mes exercices de piété; j’y vais souvent par pure obéissance, sans comprendre, sans sentir, sans aimer, comme Simon de Cyrène, quand, sur le commandement du centurion, il entre dans le cortége et charge la croix sur son épaule.

O Jésus! qui acceptez ce secours tel quel, et qui le récompensez comme sait faire un Dieu, ne refusez pas l’imperfection de mes faibles efforts; tout indigne que je suis de porter le nom de chrétien et d’avoir part à vos saints mystères par la pesanteur de ma nature et mon incurable insensibilité , laissez-moi m’approcher de vous, laissez-moi mettre mes mains près de vos mains, mon cœur près de votre cœur, et vous servir comme je le pourrai! Mais surtout, ô Jésus! qui ne méprisez point le pauvre serviteur de Cyrène, enseignez-moi à ne mépriser aucun service des hommes, et à recevoir avec respect les plus petits efforts de leur bonne volonté.

En justice, Seigneur, vous êtes l’unique objet de tout amour, tandis qu’en justice encore je ne mérite ni d’être aimé ni d’être servi. Uattention des hommes pour moi n’a donc que de quoi me confondre, et, bien loin ‘de l’exiger durement de ceux que leur office ou leur charité met à mon service, je dois n’en user qu’avec réserve et ne l’accepter qu’avec une humble reconnaissance.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus, rencontrant Votre sainte Mère, et trouvant dans sa compassion un soulagement à l’extrémité de vos douleurs.

O Christ! quelle âme fut jamais plus forte que la vôtre, plus déterminée au sacrifice, plus prête à la souffrance et à la mort? Sans élever notre regard jusqu’à la divinité qui ne cesse, tandis que vous souffrez sur la terre, de vous unir et de vous égaler au Père dans les splendeurs des saints, nous trouvons encore en vous, comme homme, l’idéal de tout héroïsme et de toute force. Et cependant vous désirez, vous disposez cette rencontre de la Vierge Marie, et vous cherchez un allégement à vos maux dans les larmes. de sa piété maternelle, dans les regards de son immense amour.

Vous nous apprenez par là, Seigneur, à ne pas nous roidir dans la souffrance, à n’y point affecter un trop fort maintien, mais à être doux envers nos douleurs, et à estimer alors le secours de ceux qui nous aiment et que nous aimons.

O Marie! vous êtes le premier, le plus pur etle meilleur de ces êtres doux et chers qu’il est bon de rencontrer à l’heure de la détresse. Votre cœur est riche sans mesure des deux forces qui rendent une âme com patissante : l’amour et la pureté; et ce cœur incomparable est partout. Il n’y a terre si étrangère, exil si lointain où l’on ne puisse vous rencontrer, comme Jésus, au détour de la croix douloureuse ; vous êtes la dernière vision du jeune soldat qui meurt en regrettant sa mère ;vous êtes la dernière vision du missionnaire égaré qui, tombant de fatigue et de faim, loin des hommes, sent une étreinte maternelle envelopper sa tête mourante, et expire sur votre sein.

O Marie ! nous aussi, nous avons à souffrir en ce monde, et nul ne sait quelle sera la mesure de nos maux. Peut-être un jour serons-nous seuls, loin des nôtres, livrés au secours banal de l’indifférence et aux consolations qu’il faut payer. Venez alors, ô Marie!

ô Mère! venez au-devant de nos plaintes, mettez sur nos lèvres ce nom tant de fois invoqué depuis nos premiers jours, ce nom qui calme, qui apaise, qui purifie tout ce qui l’entend.

O Marie! qui avez été trouvée digne de consoler et de fortifier l’Homme-Dieu sur le chemin du Calvaire, voyez la faiblesse des hommes, voyez notre faiblesse, et jetez sur nous ce regard de mère qui allége le poids de toute croix.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus, succombant sous le faix de la croix.

Vous l’avez reçue tout à l’heure avec un courage plein d’amour pour les hommes, et le triste cortège s’est mis en marche. Mais plus la victime avance, plus s’augmentent les angoisses du sacrifice. Cette croix tout à l’heure supportée devient écrasante.

Ainsi en est-il des douleurs de la vie humaine, quand elles s’accumulent avec le temps. On voit de ces âmes frappées, fortes d’abord et courageuses, mais accablées à la longue et comme écrasées sous le poids croissant de leurs peines.

C’est un fils qu’on avait perdu, mais deux restaient; la mort en ravit encore un, puis l’autre. C’en est trop et toute force s’évanouit, la croix est trop lourde; ce n’est plus cette croix de tout à l’heure qu’on pouvait encore porter, c’est une montagne, c’est un monde de douleurs. Dame défaille et tombe sur les ruines de tout ce qu’elle aima.

O pauvre âme ! quand tu seras revenue de cet étourdissement de douleur, je ne veux pas te parler d’autre chose que de Jésus tombant sous le poids de sa croix. Regarde-le, regarde-le de près, et je ne veux même point t’en"dire davantage; lui seul saura [graphic] te parler, lui seul a les paroles de la vie. éternelle capables de ressusciter les âmes du désespoir, cette pire des agonies.

O Verbe éternel!

ô Fils de Dieu! consubstantiel avec lui dans la plénitude de votre génération éternelle, impassible dans la nature divine par laquelle vous n’êtes qu’un avec le Père et l’Esprit, distinct seulement par la personne, je vous rends grâce de ce que, revêtant notre humanité, vous avez voulu descendre jusqu’aux dernières profondeurs de ses faiblesses et de ses défaillances. Vous pouviez opérer le salut du monde sans cet excès d’abaissement, mais vous ne pouviez sans lui nous consoler à l’heure des découragements extrêmes. Il nous fallait un sauveur qui eût senti comme nous le poids surchargé de la croix, et qui nous apprit par ses propres défaillances à ne point nous mépriser dans ces moments de détresse.

Votre chute mystérieuse me réconcilie avec mon infirmité. Elle n’interrompt pas votre sacrifice; elle ne vous empêchera pas d’atteindre le sommet du Calvaire. Vous vous relevez et vous recommencez votre marche.

O Jésus ! quand toute force m’abandonnera, quand la croix sera trop lourde, quand je succomberai, relevez-moi, et, m’appuyant sur votre main, donnez-moi de reprendre avec vous ce chemin des peines et des difficultés de chaque jour, où doit se montrer surtout la vertu du chrétien.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

II Jésus est chargé de sa Croix

Je vous adore, Seigneur Jésus, recevant sans murmure le fardeau de la croix, et pliant de corps sous ce faix douloureux sans rien perdre dans l’ame de votre divin courage.

Vous me disiez naguère que pour être votre disciple il faut porter la croix et vous suivre; et l’Église, interprétant ces paroles, m’a souvent enseigné le devoir de la mortification et les saintes nécessités de la pénitence. Seigneur, vous le savez, ma nature lâche et faible n’a jamais bien accepté ce langage, et souvent, après qu’on m’avait parlé des obligations de la pénitence chrétienne, je me suis pris à me dire avec ennui: Que veut-on de moi? Que faire?

— L’ exemple de votre obéissance résignée m’est une excellente réponse; car la première des mortifications est de supporter avec courage les épreuves inévitables de la vie, et de recevoir sans révolte le fardeau de la croix dont la Providence nous ordonne l’acceptation. Quelle croix, Seigneur?

— Hélas! est-il besoin d’énumérer toutes les formes que peut prendre la douleur à notre égard ? N’y a-t-il pas une lourde croix dans les maladies? une croix plus lourde dans les maladies de ceux que nous aimons, et dans les défaillances intérieures que nous donne alors l’inquiétude ? N’y a-t-ilpas une croix dans les angoisses de la mère qui craint pour la vertu de ses fils, et ne peut déjà plus rien que prier?

N’y a-t-il pas une croix dans les mécomptes du cœur, dans les espérances déçues, dans les efforts inutiles, dans la bonne volonté vaincue, dans l’inconstance des affections, dans la perpétuelle instabilité des choses’ d’ici-bas, et enfin dans cette loi de la mort, qui est adorablement grande et belle vue du côté du ciel, mais qui du côté de la terre n’est que larmes, deuil, déchirements, séparation de ceux qui n’étaient qu‘un, contradiction de la nature primitive, dont l'instinct essentiel était l’immortalité? Voilà les croix de chaque jour et de chaque heure, car, sur la terre, où n’est pas la douleur dans le corps et dans l’âme, et où n’est pas la mort?

O Jésus! chargé de la croix sans résis tance, et silencieux par amour sous l’accablement d’un tel fardeau, apprenez-moi quand l’heure viendra de souffrir (et si elle n’est venue, cette heure peut-elle tarder ?), apprenez-moi la résignation, le courage chrétien, la sagesse qui mesure les plaintes et ne donne rien à de vains murmures.

Donnez-moi plus que cela, ô Jésus! donnez-moi l’amour, l’amour qui a ses secrets, l’amour qui transforme toutes choses et jusques à la mort même, et surtout la mort!

Que l’exemple de votre force résignée me soutienne dans le moment des douloureuses étreintes, et que, si le corps ploie, l’âme demeure dans la ferme assurance de ses résolutions et dans l’acceptation en foi de son sacrifice.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

I Jésus est condamné à mort !

~~ Je vous adore, Seigneur Jésus, traîné de tribunal en tribunal, écoutant en silence les calomnies des faux témoins qui vous accusent et les clameurs de la foule qui réclame. " votre perte.

Je vous adore trahi par Judas, saisi comme un voleur par les valets des pharisiens, conduit au tribunal des grands prêtres, renvoyé par Caïphe au prétoire des Romains, interrogé par Pilate, renvoyé par Pilate à Hérode, roi des Juifs, méprisé par Hérode, renvoyé par Hérode à Pilate, jugé par Pilate avec une lâche indifférence, et enfin livré par lui à la furie du peuple.

Seigneur, le monde est souvent un prétoire, et ce n’est pas toujours assez de l’innocence pour y défendre des baisers de Judas, des mépris d’Hérode, du froid et cruel abandon de Pilate, de la haine même de ceux qui ne nous connaissent pas, et auxquels nous n’avons fait que du bien.

Il y a les jugements impitoyables des hommes, les calomnies des faux témoins, les suppositions perfides, les malveillances gratuites, les lâches silences de ceux qui n’auraient qu’un mot à dire, l’ingratitude; et, sans supposer l'acharnement de si cruels ennemis, il y a toujours l’inintelligence des hommes, l’inévitable malentendu qui fait le fond de la vie humaine, la malignité de la faiblesse, qui se soulage en observant la faiblesse des autres, les amitiés les meilleures quelquefois trompées ou fautives; partout quelque misère, partout quelque manque ou quelque dommage; car telle est la terre depuis qu’elle est livrée à la dispute du bien et du mal.

Seigneur, je dois trouver dans les souvenirs de votre jugement et de votre injuste condamnation une grâce inépuisable de patience et de douceur, et la force d’étre toujours et quand même très-ind ulgent envers les hommes.

Presque toujours les hommes sont impitoyables par inintelligence. Hérode vous a cru fou; Pilate ne comprenait rien aux titres de votre royauté mystérieuse. Tout ce peuple qui demandait. que votre sang retombât sur lui, savait-il qu’une seule goutte de ce sang divin suffisait à sauver le monde? Si tels sont les hommes dans leurs grandes cruautés, tels sont-ils davantage encore dans leur malice quotidienne et dans la malveillance vulgaire de leurs jugements. Habituez-moi donc, Seigneur, à ces conditions inévitables de la terre et à la vue simple et sans colère de ces tristes faiblesses.

Apprenez-moi à pardonner toujours, à oublier toujours, à aimer les hommes avec désillusion et désintéressement : seul l’amour désintéressé est invincible ! D’ailleurs les jugements du monde, sacriléges contre vous, sont souvent trop justes contre moi; car vous étiez tout innocence, et moi je suis tout misère et tout péché.

Enseignez-moi donc à baisser la tête devant la justice dure, mais juste, de ceux qui me blâment ou me méprisent; et si enfin je dois ressentir une crainte à l’égard des ju gements sévères, que ce soit non la crainte de les subir, mais plutôt celle de les porter.

O Jésus ! silencieux entre la terre qui vous accuse et le ciel tout entier prêt à votre défense, touchez mes lèvres, fermezles pour jamais aux paroles blessantes ou accusatrices; éteignez-y les flammes de la vengeance et jusqu’à l’ardeur de paraître toujours justifié.

Apprenez-moi que pour vous imiter il faut savoir céder de ses droits, et que souvent, après qu’on s’est senti vengé dans votre cœur, il n’y a rien à faire parmi les hommes qu’à se taire.

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

Chemin de la croix
Chemin de la croix
Chemin de la croix

Vous pouvez le suivre sur ce blog à partir de 15h00 ! Une station méditée tous les 1/4 d'H !

Nous nous retrouverons après le chemin de croix, sur ce blog... Dimanche pour fêter Pâques !

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Rédigé par Cdl Balthasar

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Publié le 3 Avril 2015

Abstinence en maigre strict.

La station est à Ste. Croix de Jérusalem, où, après l'office du matin, a lieu l'ostension des grandes reliques: doigt de S. Thomas, deux épines de la Ste. Couronne, titre de la croix, un clou de la crucifixion, trois morceaux du bois de la vraie croix. Il y a indulgence de trente ans et trente quarantaines.

Le Pape tient chapelle à la Sixtine, à neuf heures et demie, pour le chant de la Passion, l'adoration de la croix, la messe des présanctifiés et les vêpres, et le soir, à trois heures et demie, pour les Ténèbres: il descend ensuite à la basilique de S. Pierre, accompagné des Cardinaux, pour l'ostension des grandes reliques.

Au Gesù, à Ste. Marie des Monts, à S. Jérôme de la Charité et à S. Sylvestre in Capite, à deux heures et demie, ont lieu les trois heures d'agonie de N.-S., sermon entrecoupé de morceaux de musique.

Au Colisée, à quatre heures, le sermon sur la Passion est suivi du Chemin de la Croix.

A S. Pierre, à cinq heures, le Cardinal Grand-Pénitencier siège près de l'autel papal, entend les confessions et distribue l'indulgence de cent jours aux fidèles qui s'inclinent sous sa baguette.

A S. Marcel et à S. Roch, une heure après l ' Ave Maria, a lieu l'Heure de désolation de la Ste. Vierge, sermon entrecoupé de morceaux de musique.

Une heure après l ' Ave Maria, les Arcades tiennent une séance académique à leur conservatoire et les confrères de la Trinité des Pèlerins lavent les pieds et servent à manger aux pauvres pélerins qu'ils hébergent.

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Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial, #Salve

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