Méditations (III)

Publié le 21 Décembre 2016

Ernest Hello, Physionomie de saints

Le premier Joseph garda en Égypte le pain naturel. Le second Joseph garda en Égypte le pain surnaturel. Tous deux furent les hommes du mystère ; et le rêve leur dit ses secrets. Tous deux furent instruits en rêve, tous deux devinèrent les choses cachées. Penchés sur l'abîme, leurs yeux voyaient à travers les ténèbres. Voyageurs nocturnes, ils découvraient leurs routes à travers les mystères de l'ombre. Le premier Joseph vit le soleil et la lune prosternés devant lui. Le second Joseph commanda à Marie et à Jésus ; Marie et Jésus obéissaient.
Dans quel abîme intérieur devait résider l'homme qui sentait Jésus et Marie lui obéir, l'homme à qui de tels mystères étaient familiers et à qui le silence révélait la profondeur du secret dont il était gardien ! (…)
Jusqu'où a-t-il pénétré dans l'intimité de Dieu ? Nous ne le savons pas ; mais nous sommes pénétrés, au milieu du bruit qui nous entoure, par le sentiment de la paix immense dans laquelle s'écoula sa vie : le contraste semble chargé de nous révéler la grandeur cachée des choses. Beaucoup parlent qui n'ont rien à dire et dissimulent, sous le fracas de leur langage et la turbulence de leur vie, le néant de leurs pensées et de leurs sentiments. Saint Joseph, qui a tant à dire, saint Joseph ne parle pas. Il garde au fond de lui les grandeurs qu'il contemple ; et les montagnes s'élèvent au fond de lui sur les montagnes, et les montagnes font silence. Les hommes sont entraînés par l'ensorcellement de la bagatelle. Mais saint Joseph reste en paix, maître de son âme et en possession de son silence.

Rédigé par Cdl Balthasar

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