Méditation du jour

Publié le 15 Mai 2015

« Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champs

M'unir aux Apôtres qui, du mont des Oliviers, regardent le ciel où Jésus vient de s'élever par sa propre vertu. —

Ce trésor, d'après saint Hilaire et saint Jérôme, est la divinité qui est cachée dans la terre, c'est-à-dire l'humanité de Jésus-Christ: car « en Lui sont cachés tous les trésors de la « science et de la sagesse de Dieu "

Que la divinité soit un trésor et la réunion de tous les biens, nul n'en saurait douter: trésor si ancien, qu'il n'a pas d'origine et subsiste avant tous les siècles; il n'a pas de maître non plus, puisque Dieu est le Maitre et le Seigneur universel.

Pourtant ce trésor infini appartient à celui qui le trouve, s'il remplit les conditions nécessaires pour le retenir en ses mains. Il faut le cacher, de peur que la vaine gloire ne dérobe ce qui est confié à la garde de l'humilité; il faut l'aimer, et y mettre toute sa joie; il faut l'estimer au dessus de tout le reste. C'est pourquoi Jésus dit: « Le royaume des « cieux est semblable à un trésor caché dans un « champ. Celui qui l'a trouvé le cache, et, dans la « joie qu'il éprouve, il s'en va, vend tout ce qu'il « possède, et achète le champ . »

— « Caché dans un champ ? ( petite note sur ce point)

»
Quoique présente partout à cause de son immensité, la divinité n'est pourtant présente nulle part aussi intimement que dans l'humanité du Sauveur, à laquelle elle est unie de telle sorte que les deux natures subsistent en une seule personne. C'est pourquoi saint Paul dit : « Dieu était dans « le Christ, réconciliant le monde avec Lui« même. » Présence intime, et pourtant cachée à nos yeux: il faut une lumière pour qu'ils la puissent reconnaître. « J'ai préparé une lumière à mon « Christ " Jean-Baptiste a été « la lampe ardente et luisante » qui faisait voir aux Juifs la divinité cachée dans l'humanité de Jésus: «Voici, dit-il, l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le « péché du monde »

L'Esprit-Saint me donne la lumière de la foi, qui m'aide à pénétrer jusque dans l'abîme où la divinité réside, en même temps que les Anges qui le contemplent et « désirent y plonger de plus en plus leurs regards » Si les ennemis de Jésus « l'avaient connu, jamais ils n'eussent crucifié « le Seigneur glorieux, » dit saint Paul .

N'est-il pas encore inconnu pour moi qui le sers avec tant de négligence? Mon trésor demeurera enfoui et je ne le posséderai jamais, si je ne donne, pour l'acquérir, ce que je suis et ce que je possède: « Celui qui l'a trouvé s'en va, vend tout ce qu'il « possède, et achète le champ "

IIIe Point. —Celui qui a trouvé le trésor évangélique , ne regrette pas l'échange de tous ses biens pour l'obtenir. Combien d'âmes pusillanimes trouvent excessif le prix auquel Dieu met le royaume des cieux! Elles comptent et recomptent en avares les joies qu'il faut quitter, elles pèsent les croix qu'il faut porter, elles disputent misérablement à Dieu la possession de leur cœur; après quoi elles gémissent encore de vivre dans les ténèbres, et de n'être jamais consolées par un avant-goût du ciel.

Ah ! c'est qu'il faut tout donner pour tout posséder, et donner avec joie : car Dieu se donne joyeusement à nous, il entre dans nos cœurs comme en un lieu de délices; et moi je crains de tout perdre si je donne, sans compter, à Dieu de qui j'ai tout reçu!
Je sais où se trouve le trésor de la vie éternelle; mais je n'ai pas fait encore le premier pas ni rempli une seule des conditions sans lesquelles il sera toujours pour moi un trésor caché et inaccessible. Ma vie s'écoule au milieu de ces délibérations pleines de tristesse et d'ennui. Il est temps qu'enfin je me lève pour acheter le trésor qui m'est offert par Dieu; si je mourais dans l'état ou je suis, je mourrais pauvre et les mains vides comme mon cœur? « Tu dis: Je suis riche, je suis dans IV « bondance, je ne manque de rien : et tu ne sais « point que tu es malheureux, misérable, pauvre, « aveugle et nu »

Comparé au trésor de la vie éternelle, quelle valeur a le prix que j'en peux donner? Mon cœur pour le cœur de Jésus, mon temps pour l'éternité, mon amour pour l'amour de Dieu : fallût-il donner ma vie, qu'est-ce que ma vie, fragile, courte, obscure, auprès de la vie éternelle?

Il n'y a pas de peine qui semble excessive quand il s'agit d'acquérir un trésor terrestre : pourquoi donc refuserais-je à Dieu ce que le monde obtient de ses esclaves?

On se dévoue pour le monde, on sacrifie tout pour lui plaire; il n'a pas de trésors à donner, et on le sert fidèlement: Dieu m'offre un trésor, el je le laisse enfoui dans la terre.

"Méditations à l'usage des communautés religieuses pour tous les jours de l'année"

Par François Chesnel

Rédigé par Cdl Balthasar

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