Les chemins du Bon Dieu...

Publié le 18 Octobre 2016

Siglaë était sommes toutes, un garçon bien malheureux.

Arrivé tout bébé en France, il avait été adopté par un jeune couple parisien, habitant dans le marais.
C'était la "mode" à l'époque, d'aller chercher dans un geste humanitaire, d'ouverture culturelle au monde et à la diversité, les "enfants de la famine" rescapés de la corne de l'Afrique. Ils l'avaient baptisé Sigläe, ce qui voulait dire en langue ... En langue quoi d'ailleurs... Ils ne savaient plus trop, mais le fait montrait l'ouverture d'esprit de la bourgeoisie bohème du quartier.

De toutes les manières, ses camarades de classe avaient de semblables prénoms, qu'on aurait pu pensés être le produit d'un algorithme informatique.

Sa sœur, réfugiée climatique, venait d'un village inuit. Les parents l'avaient baptisés Méthylène, en souvenir de la froidure ancienne de ces contrées, qui donne ce teint bleuté aux habitants de ces contrées !
Oh quand je dis "baptisée", comme pour Sigläe, bien sur, je parle d'un baptême républicain, avec un parrain et une marraine édile bien en vue, branché et vedette du show Bizzzz, écolo, militante anti racisme et tout et tout...

Les deux enfants avaient pourtant bénéficié durant leurs jeunes années de tout le confort intellectuel que l'on puisse souhaiter: les cours de djembé et de didjeridoo, le séjour à Calais avec l'association Amour sans frontière de l'arrondissement.

Ils parlaient deja l'anglais de manière acceptable en sortant du cours préparatoire, et leurs parents envisageait le leur faire donner des cours de mandarin...

Siglaë, pourtant, cherchait à comprendre ce qu'il faisait la ...

Judicielle, sa maman, avait bien essayer de lui expliquer ses origines, la famine, la générosité de l'opération ´arc en ciel', le garçon se sentait, plus il grandissait, 'insatisfait perpétuel' !

Oh ce n'était pas qu'il était méchant mais il se sentait étranger ...à tout ...

Réfugié un temps chez les Éclaireurs Populaires de France, il avait mis beaucoup d'ardeur à la réalisation des nigloos-kits', fabriqués par son équipe pour l'hiver des réfugiés du canal de l'Ourc.

Oui, il se sentait très altruiste, et avait envie de se donner pour les autres, mais ... Quelque chose lui manquait ...

Alors que méthylène "s'éclatait" dans le spectacle de son lycée, comédie musicale sur la vie de Mandela, Siglaë traînait son "mal être" sur les bancs de la prépa dans laquelle ses parents fondaient son avenir.

L'oncle Alain, psychomotricien , ne s'inquiétait pas, il finirait par "trouver sa voie.
Quelque chose de grand, de fort qui sortirait de l'ordinaire, de la banalité et du conformisme dans lequel ses parents le plongeait" ...
D'ailleurs Paul l'avait mal pris ... Son propre frere, raisonner comme cela !
Enfin, Paul avait d'autres chats à fouetter, l'incubateur ´marketing design' qu'il avait cofondé avec sa femme battait sérieusement de l'aile et il fallait se séparer de Chrisale, la stagiaire, les caisses se vidant faute de commandes... C'était la crise économique plus noire qu'avant, la faute aux ´anglais brexitiens' ou aux Russes, oui sûrement aux Russes et à leur dictateur comme le déclamait les medias ...

À suivre ...

Rédigé par Cdl Balthasar

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