De Saint Martin

Publié le 11 Novembre 2016

Mort de saint Martin (Sulpice Sévère, Lettre à Bassula)
Il séjourna quelque temps dans le bourg ou dans l'église qu'il était allé visiter. La paix rétablie entre les clercs, il songeait à revenir au monastère, quand les forces de son corps commencèrent tout à coup à l'abandonner. Il convoqua les frères, et leur déclara qu'il allait mourir. Alors, chagrin et deuil de tous. D'une seule voix, on lui répondit en se lamentant: «Pourquoi nous abandonnes-tu, père? Et à qui nous laisses-tu, nous que tu veux quitter? Sur ton troupeau se jetteront des loups rapaces; qui nous préservera de leurs morsures, une fois notre pasteur frappé? Nous savons que tu désires aller vers le Christ: mais Il te réserve ta récompense, qui, pour être différée, n'en sera pas diminuée. Aie pitié de nous, que tu abandonnes». Ému par ces lamentations, et, comme toujours, tout entier dans le Seigneur, tout débordant de miséricorde, Martin pleura, dit-on. Puis, il se tourna vers le Seigneur, répondant seulement par ces mots à ceux qui se lamentaient: «Seigneur, si je suis encore nécessaire à ton peuple, je ne refuse pas de souffrir. Que ta Volonté soit faite!» Rien d'étonnant à ce qu'il ait presque hésité entre l'espérance et l'affliction: il ne savait que préférer, ne voulant ni abandonner ses fidèles, ni être séparé plus longtemps du Christ. Faisant abstraction de son désir, ne laissant rien à sa volonté, il s'en remit tout entier à la décision et à la Puissance du Seigneur. Il pria en ces termes: «Ils sont durs, Seigneur, les combats qu'il faut livrer dans son corps pour ton service; et j'ai assez des luttes que j'ai soutenues jusqu'ici. Mais, si Tu m'ordonnes de peiner encore pour monter la garde devant ton camp, je ne refuse pas, je n'alléguerai pas pour excuse l'épuisement de l'âge. Je me dévouerai à la tâche que Tu m'imposeras; sous tes étendards, aussi longtemps que Tu l'ordonneras Toi-même, je servirai. Sans doute, un vieillard souhaiterait son congé après une vie de labeur, mais l'âme est capable de vaincre les années et saura ne pas céder à la vieillesse. Si dès maintenant, Tu ménages mon grand âge, c'est un bien pour moi, Seigneur, que ta Volonté. Quant à ces fidèles, pour qui je crains, Tu sauras les garder Toi-même.»

Rédigé par Cdl Balthasar

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