Campo Verano

Publié le 3 Novembre 2014

Mémorial des Zouaves Pontificaux
Mémorial des Zouaves Pontificaux

Il y a, à Rome, un sympathique cimetière jouxtant la non moins sympathique basilique Saint Laurent hors les murs !

C'est le cimetière du Campo Verano !

Mis en service le 3 septembre 1835 lors d'une cérémonie présidée par le cardinal Odescalchi avec grand renfort de prêtres et de fidèles, Stendhal le décrit dans ses écrits et flâneries romaines car il passait devant.

Durant l'occupation Napoléonienne de Rome, un édit interdit l'ensevelissement dans la ville, et c'est ainsi qu'on enterra les habitants en ces lieux !

c'est LE rendez vous des Romains ces jours ci, parce que la majorité de la population jusqu'au milieu des Années 1980 y est ensevelie ! (sauf les papes, la plupart des cardinaux et la famille royale Italienne)

Voici ce qu'on pouvait dire historiquement de ce cimetière, un peu le "Père Lachaise Romain" en 1870 (description la plus fidèle que j'ai pu trouver)

"Un large vestibule, qui sera richement décoré de statues, conduit (depuis la basilique Saint Laurent (note de Baglialto)) dans le vaste Campo Santo à l'Agro Verano. Les tombes de terre, ouvertes sous le pontificat de Grégoire XIV, ont été remplacées par des sépultures nouvelles dans une enceinte quadrilatérale immense, où l'œil s'égare comme s'il con— templait l'espace des temps, et où l'esprit chrétien se recueille dans la pieuse méditation des milliers d'inscriptions funéraires, d'effigies en marbre ou en peinture, de croix enguirlandées de fleurs et de témoignages innombrables d'affection pour de chers défunts.

On acheta les terrains des vignes d'alentour à des prix élevés; on dégagea la basilique de Saint-Laurent en taillant la colline a laquelle elle est adossée, travail ardu et digne de Vespignani. On rendit à la lumière une grande partie du cimetière ancien de Cyriaque, où l'on découvrit çà et là des chapelles avec des peintures échappées aux ravages du temps; et notre Campo Santo acquit l'ordre, l'étendue et une élégance tout artistique. La partie plane contient les sépultures communes, creusées par mesure de salubrité. De petites éminences sont réservées pour les monuments des particuliers, groupés les uns près des autres et mêlant leurs sculptures, leurs édicules, leurs ombrages de cyprès avec une variété infinie d'affectueux témoignages de regrets et d'honneurs. Tout le pourtour est entouré d'un long mur couvert d'inscriptions, et qui, à cause de la nouvelle disposition du terrain, s'étendra encore au loin, mettant en meilleure vue le cimetière ancien.

Au centre du Campo Santo, Pie IX a fait ériger à ses frais une grande chapelle, surmontée d'une croix, ornée d'un portique et soutenue de dix colonnes de caristio, d'imero et de granit d'Égypte, avec un riche autel expiatoire pour les âmes des trépassés et un grand tableau de l'éminent professeur Minardi. La chapelle est pavée de dalles très—historiées. Et lorsque les premiers héros de Castelfidardo et ensuite ceux de Mentana ont donné leur vie pour la défense du trône de Saint—Pierre, Pie IX ordonna que, sur la partie la plus en vue de la colline, s'élevât un monument avec des statues colossales dues au ciseau de l'illustre sculpteur Lucardi, et destinées 21 désigner pour jamais leur mémoire aux louanges de la postérité.

Un portique très-orné avec de larges ailes s'étend commepour embrasser le Campo Santo. Il y a là des monuments qui méritent d'être signalés pour la perfection de leurs sculptures; nous n'en pouvons pas rendre compte; leur nombre et la description de leurs détails dépasseraient les limites de cet écrit.

Cependant les jours s'écoulaient assez tranquilles. Les armes de guerre étaient remplacées par les instruments de paix employés à rappeler à la lumière du soleil les monuments ensevelis dans les ténèbres de la terre. La voie Appienne et la voie Latine laissaient apparaître, au milieu des débris des sépulcres païens, les vestiges de la basilique de Saint—Étienne et les cryptes non encore arrachées au mystère des catacombes de Calixte. Sur la voie Nomentane on découvrait la célèbre basilique du pape Alexandre, amour et merveille des premiers siècles chrétiens. Chaque motte de terre, remuée par hasard ou explorée par les fouilles savantes des archéologues, fournissait des objets remarquables par leur sainteté ou indiquait les lieux où d'autres d'un prix égal devaient se rencontrer."

Le complexe renferme des œuvres d’art et des sculptures qui font du Verano, l’un des cimetières monumentaux les plus importants d’Europe. Il renferme les dépouilles de personnages illustres, comme Natalia Ginzburg, Marcello Mastroianni, Rino Gaetano, Alberto Moravia et Palmiro Togliatti.

Un monument aux zouaves pontificaux comme aux Garibaldiens s'y trouve ! Le parti Communiste y a un caveau (On est au pays de Pepone, et le plus noir communiste a toujours en vue la cure de Don Camillo)

De fait, de très nombreuses personnalités, y ont leurs dernières demeures ! Goffredo Mameli, l'auteur de l'hymne italien, patriote, par exemple...

Bref, comme nous sommes un peu romain sur ce blog, c'est le lieu qu'il faut découvrir en ce jour !

On peut s'y rendre en tramway depuis le Vatican (Ligne 19 depuis Risorgimento, descendre à Verano (long mais sympathique !) ou en métro, avec la ligne B (Policlinico, puis descendre l'avenue (600 à 800 m ?!))

Galerie desservant des caveaux de familles romaines

Galerie desservant des caveaux de familles romaines

Caveau d'une famille romaine

Caveau d'une famille romaine

Vue générale d'une partie du Campo Verano avec la basilique St Laurent en second plan

Vue générale d'une partie du Campo Verano avec la basilique St Laurent en second plan

Tombeau de Goffredo Mameli

Tombeau de Goffredo Mameli

Entrée du cimetière

Entrée du cimetière

Rédigé par Baglialto

Publié dans #Culture

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