"Au Nord, c'était les corons !"

Publié le 18 Septembre 2014

Chevalement de mine à Liévin
Chevalement de mine à Liévin

Vous avez sans doute déjà entendu cette très belle chanson de Pierre Bachelet en hommage aux mineurs ?

Je pense qu'il est difficile de mesurer le sacrifice de ces hommes à l'industrie française, tant qu'on a pas mis les pieds là, près des anciennes fosses, des puits !

Le boulot m'ayant conduit à Lievin, je suis passé devant le monument commémoratif de la catastrophe de 1974 ! Je n'en avais jamais entendu parler ! Pensez ! J'avais à peine 4 mois 1/2 ! Le plus jeune mineur emporté par l'explosion avait 31 ans !

On peut lire ci dessous le récit paru dans La voix du Nord il y a quelques années ( je n'ai pas pu mettre le lien car depuis le portable ça ne passe pas et ai donc fait un copier coller, on me pardonnera sachant que je rends ici un hommage à ces hommes mort il y a presque 40 ans ! )

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ARTICLE DE LA VOIX DU NORD IL Y A 5 ANS

La catastrophe de Liévin, il y a 35 ans, racontée par le frère d'une victime

PAR AUDREY HALFORD
lens@info-artois.fr

« Mon frère, il avait pris des congés et devait aller à Paris. » Gérard Obert, Grenaysien énergique de 65 ans, emploie toujours un ton vif pour s'adresser à son interlocuteur. Mais chaque fois qu'il évoque le 27 décembre 1974, le ton s'adoucit et l'homme s'assombrit. « Mais il y avait du verglas depuis Noël. Alors il a décidé d'aller bosser quand même... » Ce jour-là, Henri Obert, 32 ans, descendra donc au fond de la fosse 3 bis de Lens, pour effectuer son travail quotidien de sondeur.

Ce jour-là, la fosse 3 bis de Lens, creusée à Liévin, reprenait du service après quatre jours de repos pour les fêtes, comme les autres fosses. Les teneurs en gaz dangereux relevées, tout paraissait normal, les mineurs descendaient. Mais vers 6 h 30 du matin, ce qui sera ensuite reconnu comme étant un coup de grisou, provoquera l'une des plus meurtrières catastrophes minières de la région.

Ce jour-là, Gérard travaillait lui aussi. Lorsqu'il a su la terrible nouvelle après sa journée de travail, il s'est précipité à Liévin avec sa femme et toute la famille. Il attendait des nouvelles de son frère. « Pendant la longue attente, j'avais espoir de le voir vivant, certains s'en étaient sortis..., se souvient Gérard. Je le voyais déjà remonter et me dire : "Alors gros, té m'croyos mort ?" » De nombreux corps étaient déjà remontés en fin d'après-midi, et avaient rejoint chacun un cercueil, dans la chapelle. « J'attendais depuis un moment, j'ai demandé à une responsable si elle avait des nouvelles de lui. Elle m'a répondu : "Il est remonté !". J'ai demandé où il était, elle a dit : "À votre avis, Monsieur, dans un cercueil..." » L'espoir n'était plus permis.

Ce jour-là, Henri Obert est mort asphyxié, au fond, en laissant une épouse et trois enfants orphelins. « C'est très tard qu'ils l'ont retrouvé, avec un flexible dans les mains, qu'ils n'avaient pas réussi retirer. » Gérard ne reverra jamais son frère. Lui aussi avait été recouvert par le charbon, à l'âge de 18 ans. Mais lui s'en était sorti après quelques temps dans le coma...

Un bien triste jour, très symbolique : finie l'exploitation de la fosse 3 bis, finie l'exploitation de charbon à Liévin. Une seule chose est née ce jour-là : un lieu de mémoire en l'église Saint-Amé, un monument historique : le chevalement. Au prix de 42 vies. •

Cérémonie ce matin à 11 h, sur le site de l'église Saint-Amé.

La Voix du Nord

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Moi je trouve que ces hommes là aussi on devrait inscrire qu'ils sont morts pour la France ! Oh je sais ce n'est pas pareil que les poilus de 14, mais la grandeur industrielle du pays, ils y ont contribués !

Respect hommage et prières !

"Au Nord, c'était les corons !""Au Nord, c'était les corons !"
"Au Nord, c'était les corons !""Au Nord, c'était les corons !""Au Nord, c'était les corons !"

Rédigé par Adso

Publié dans #Voyages, #Culture

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