Septuagesima

Publié le 30 Janvier 2010

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Nous fêterons Demain, la Septugésime (70 jours avant Pâques) ! Balthasar pousruit sa lecture de la "Légende Dorée" Du brhx Jacques de Voragine. Voici ce qu'écrit ce saint homme au sujet de la septuagésime :

"La Septuagésime désigne le temps de la déviation, la Sexagésime le temps du veuvage, la Quinquagésime le temps de la rémission, la Quadragésime le temps de la, pénitence spirituelle. La Septuagésime commence au dimanche où l’on chante pour Introït Circumdederunt me, et finit le samedi après Pâques .

 Elle a été instituée pour trois raisons que touche, en sa Somme de l’office de l’Eglise,maître Jean Belette.

En premier premier lieu , pour la Rédemption, parce que les saints Pères ont décidé, à cause de la vénération du jour de l’Ascension, jour auquel notre nature a monté aux cieux et a été élevée au-dessus des choeurs des anges, que toujours ce cinquième jour serait fêté comme solennel et que le jeûne n'y serait pas observé; parce que dans la primitive Eglise;

Il était aussi solennel que le premier jour de la semaine. Aussi, des cette époque, avait lieu une procession solennelle pour représenter la procession des disciples ou même des anges. Delà est venu le proverbe que le dimanche était cousin du jeudi, parce que, dès l’antiquité, ils furent solennels au même titre; mais survinrent les fêtes des Saints, et comme il était préjudiciable de célébrer tant de fêtes, la solennité en a cessé. Pour remplacer ces jours, les saints Pères ont donc ajouté une semaine à l’abstinence du carême et lui ont donné le nom de Septuagésime.


La seconde raison pour laquelle la Septuagésime a été instituée c'est pour indiquer la déviation, l’exil et la tribulation de tout le genre humain depuis Adam jusqu'à la fin du monde. Or, cet exil est accompli dans l’espace de sept jours et est renfermé dans une révolution de sept mille ans; car, par les soixante-dix jours, nous entendons soixante-dix centaines d'années.
Or, depuis le commencement du monde jusqu'à. l’ascension, nous comptons six mille ans et le temps qui suit jusqu'à la fin du monde nous le renfermons dans le septième millénaire, dont Dieu seulement connaît le terme. Comme ce fut au sixième âge du monde que J.-C.. nous a délivrés de cet exil par le moyen du baptême, avec l’espoir de la récompense éternelle, en nous rendant la robe d'innocence, ce ne sera cependant qu'après avoir consommé le temps de notre exil qu'il nous décorera pleinement de l’une et de l’autre robe.

C'est la raison pour laquelle, pendant le temps de la déviation et de notre exil, nous mettons de côté les chants de joie, quoique cependant au samedi de Pâques nous chantions une fois l’alleluia, comme pour nous réjouir dans l’espoir de l’éternelle patrie et comme ayant recouvré la robe d'innocence au sixième âge du monde par l’entremise de J.-C. A cet alleluia on ajoute un trait, qui signifie le travail auquel nous devons nous livrer encore pour accomplir les commandements de Dieu.
C'est le samedi après Pâques que finit la Septuagésime, ainsi qu'il a été dit plus haut,. nous chantons deux alleluia; parce que après que le monde aura atteint sa limite, nous obtiendrons une double robe de gloire.

La troisième raison de l’institution de la Septuagésime, c'est qu'elle représente les soixante-dix ans pendant lesquels les enfants d'Israël restèrent en captivité à Babylone. Or, de même qu'ils mirent de côté leurs instruments de musique en disant: « Comment chanterons-nous le cantique du Seigneur sur une terre étrangère ? (Ps. CXXXVI) », de même aussi nous omettons les cantiques de louanges. Mais après que Cyrus leur a eu donné la faculté de revenir.

La soixantième année, ils se livrèrent à la joie ; et nous aussi, au samedi de Pâques, image de nette soixantième année, nous chantons l’alleluia pour imiter leur joie. Mais cependant, comme ils eurent beaucoup, de peines à faire les préparatifs de leur retour et. à rassembler leurs bagages, nous aussi, après l’alleluia, nous ajoutons aussitôt un trait, qui est l’image du travail.

 Le samedi, jour où finit la Septuagésime, nous chantons deux alléluia pour figurer la joie parfaite qu'ils éprouvèrent en rentrant dans leur patrie. Ce temps de captivité et d'exil des enfants d'Israël est encore l’image de notre pèlerinage, parce que délivrés après soixante ans de captivité, nous aussi, nous le serons après le sixième âge du monde.

Et de même encore qu'ils travaillèrent à rassembler leur bagage,de même aussi nous travaillons à accomplir les commandements de Dieu après notre, délivrance. Mais arrivés dans la patrie; tout travail cessera, la gloire sera parfaite et nous chanterons de corps et d'âme un double alleluia.

C'est donc avec raison que, en ce temps d'exil, l’Eglise, tourmentée par une foule de tribulations et placée presque dans l’abîme du désespoir, tire des soupirs du fond du coeur pour crier dans son office: Circumdederunt me gemitus mortis. Des gémissements de mort  m’ont environné. En cela l’Eglise montre les tribulations multiples qu'elle éprouve et pour la misère qui l’étreint et pour le double châtiment qu'elle reçoit, et pour a faute commise par quelques-uns de ses membrés.
Mais cependant afin d'éviter le désespoir, en l’Evangile,et en l’Epître, sont proposés trois remèdes salutaires et une triple récompense. Le remède, si elle veut être parfaitement délivrée de ces misères, c'est de travailler à la vigne de son âme, en retranchant les vices et les péchés, ensuite de courir dans la carrière de la vie avec des oeuvres de pénitence; enfin de combattre avec vigueur contre toutes les tentations du démon. Que si elle le fait, elle obtiendra une triple récompense, car, à celui qui aura travaillé, sera délivré le denier.

A celui qui aura bien fourni sa carrière, sera accordé le prix ; à celui qui aura  combattu, la couronne. Or, parce que la Septuagésime est encore l’image de notre captivité, on nous propose un remède par lequel nous pouvons en être délivrés, savoir, par la course, en fuyant, par le combat, en luttant, par le denier, en rachetant ses fautes "

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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