Quartier Latin-Palatin:Palatino

Publié le 4 Juillet 2010

 

Avez vous déjà pris le train pour Rome ?

Soyez malin ! Depuis le quartier Latin, allez donc visiter le Palatin ! Le quartier Latin n'est pas Latino, le train, lui, l'est ! 

Couchez vous à Dijon, sombrez dans un lourd sommeil (comme la mayo !) et réveillez vous au milieu de la campagne d'Emilie Romagne !

 

Voici le récit de voyage qu'Adso fit vers Rome la première fois en 2005, pour la Toussaint !

 


Au terme d'une journée marathon (je m’y prends toujours au dernier moment pour faire les choses les plus essentielles) j'arrive finalement en avance à la garde de Bercy.
Dans l'autobus  , au sortir de mon entretien avec l'abbé C (je partais ainsi la conscience tranquille munie de l'absolution et de conseils touristiques concernant Sainte-Marie majeure et les chapelles à visiter.), je retrouve le capitaine rosaire, de retour de je ne sais où, qui me bourre de recommandations diverses concernant les cierges à mettre, les oraisons à dire.

Un vieux monsieur, au sortir du bus, indique la petite rue à prendre pour monter à la gare.
Une fois entré, je m'en rends compte que, bien en avance, j'ai le temps de trouver un distributeur de billets (qui se révéla malheureusement fort loin de la gare mais fort heureusement aussi en face d'une pharmacie ce qui me permit de pallier à l'oubli essentiel d'une médication de secours inhérente à tout voyage à l'étranger.)
De retour dans le hall, je croise une patrouille de soldats (plan Vipigirate oblige)
Je me fournis grâce à un ticket restaurant (que J'ai eu la présence d'esprit de prendre) d’ un sandwich rosette, une bouteille d'eau, un yaourt à boire à la fraise ainsi qu'un paquet de bonbons Mentos (" le déclic fraîcheur »).
Enfin, le haut-parleur annonce que le Palatino est stationné voir P. ! Aussitôt c'est la ruée, comme si ce train était la dernière planche de salut, le dernier transport d'un exode inévitable.
Chargés de valises, des handicapés léger,  venus avec l'organisme San Damiano, ainsi que d’autres groupes de touristes italiens et français foncent sur le quai !

" Non non ! On ne composte pas ! C'est un billet international ! » M'indique une jolie jeune femme de la SNCF (chose affreuse, elle à un piercing dans le menton) mal fagotée.

Plus loin, un très chic agent de la FS (Ferrovie Dello Stato) pantalon vert foncé, gilet rouge bordeaux, cravate rayée et, suprême élégance, un képi rouge bordé de bleu, m'indique que je suis bien devant la voiture 99.
Je recherche donc ma place couchette, la numéro 56.

Dans le compartiment, un couple avec un petit garçon, a déjà entassé quatre ou cinq grands sacs ainsi que de nombreuses valises.
J'apprendrai au cours du voyage que c'est un aller (son retour ?) Vers la Calabre, à 1 heure30 de Regio, près de Naples, et que le voyage durerait au total 24 heures. Couple mi-italien (elle est calabraise d’origine), mi sino-indien (? Lui), accompagné d'un petit garçon haut comme trois pommes, mais assez remuant.

Monte une "ravissantissima" (je ne sais pas si cela se dit ?) jeune Fille, d'environ 20 25 ans qui est de Florence, et qui étudie la chiropractie à Paris.
Elle rentre dans sa ville natale pour les vacances, rejoindre ses parents.
Son papa est aussi chiropracteur et a transmis sa passion à sa fille, cheveux blonds bouclés. Elle a aussi  un joli petit nez.
19:10, départ !
Le petit bonhomme, pas intimidé pour deux sous, ne vante les exploits de son Batman en plastique. Je vais déguster mon sandwich dans le couloir histoire de ne gêner personne gardant mon yaourt à boire pour plus tard. La fois prochaine, j’irai diner au wagon restaurant dont je parle plus bas.
Je me plonge ensuite dans la lecture d’un roman passionnant.
Vers 20:30, nous décidons de déplier les couchettes et de nous mettre au lit.
Une fois sur ma couchette, j'aurais un peu plus de place, car je suis un peu coincé entre les bagages de la petite famille.
Commence alors, une nuit fort longue et agitée.

J'ai d'abord cru, qu'en dépit de l'exiguïté du compartiment, les couchettes seraient plus confortables dans ces wagons italiens de première classe. Le confort cependant reste spartiate, et j'ai rapidement trop chaud et mal au cou. Le petit sari n'a de cesse de s'agiter, le train fait beaucoup de bruit en dépit de son berçant tangage sur les rails.
Les voisins des autres compartiments sont assez bruyants. Pour parachever le tout, la maman du petit sari est un peu sans-gêne, pianote sur l'ordinateur portable sans pour autant couper l'odieuse  musique Windows, puis alors qu'elle est sortie dans le couloir, je ne sais où, son téléphone portable nous crache le générique du film Kill Bill. Cela donnerait en effet des envies de meurtre.
Je m'étais jusque-là à peu près endormi avec mon chapelet.
La jeune fille, tout à fait réveillé, profite d'un arrêt dans je ne sais trop quelle gare, pour aller fumer, un pied sur le quai, l'autre sur le marchepied du wagon.
Je la rejoins, et nous convenons, qu'il est difficile de dormir dans ces conditions. C'est la vie !
Le papa du petit sari, par contre, semble avoir le sommeil lourd. Nous repartons ! Une agréable somnolence semble enfin gagner tout le compartiment, quand le petit hurle à la mort comme la victime de l'Orient-Express ! Cauchemar !
La nuit se poursuivra sur le même rythme, même si je pense avoir réussi à dormir cinq à 6 h (il est toujours difficile d'estimer ce genre de chose)

Vers 8:45, lumière du jour oblige, nous décidons de replier les couchettes, puis de ranger un peu. Le contrôleur, qui, la veille, a relevé les billets ainsi que les cartes d'identité, passe rendre ses papiers à la jeune fille avant son arrivée à Florence.
Nous avons déjà passé la gare de Bologne.
Les maisons ocre, sont baignées d'un soleil naissant, parfois un peu blafard ! Le brouillard et danse dans certaines zones, laissant apercevoir une végétation encore très verte malgré la saison (nous sommes en effet fin octobre).
Les collines se succèdent, boisées ou terraformées par la main de l'homme en culture sur terrasse. Ici, des pieds de vigne, là, quelques cultures indéfinissables.

Les tunnels se succèdent, et le train arrive à Florence. La jeune fille nous quitte, et son merveilleux sourire, laisse la place à un brouillard dense. Je lui souhaite de bonnes vacances et bonne chance pour ses études (six ans !) Après déjà une année à Paris et bien qu'ayant une partie de sa famille française, elle parle couramment et presque sans accent le français ! J'aimerais pouvoir en faire autant en italien…

De très nombreux voyageurs descendent à Florence, ville très chère m'a expliqué la jeune fille, ou les commerçants sont lassés des touristes !
 Une petite famille française débarquée sur le quai de la gare s'énerve. Il semblerait qu'il n'y ait pas de chariots ou qu'il soit très loin et peu accessibles !
La famille est très chargée (poussette, lit pliant pour le petit chérubin, blond à en faire pâlir Michel-Ange)
Mais déjà, le train repart de Florence. La gare quoique défraîchie, est propre et pas un papier ne traîne par terre.
Je décide d'aller au wagon-restaurant, trois à quatre voitures en amont du convoi. C'est un vrai wagon-restaurant, avec des tables couvertes de nappes et des fauteuils style cinéma, rouge.

L'ambiance est un peu vieillie, mais sympathique. Des serveurs parlent avec les mains, et les gens font la queue, pour un café, voire plus, puisse que des voyageurs déjeunent copieusement, attablés.

Je prends un café, et un paquet de petites gaufrettes à la vanille («Quadrati The original" proclame le paquet). Ce n'est pas mauvais du tout. Par contre, le café, est extrêmement corsé malgré le sucre en poudre, et ne remplit à peine qu'un quart du gobelet (le tout pour 2,30 €) disons que ce sera le prix du paquet de gâteaux, par ce que côté café... (Comme je l’ai expliqué dans un autre article, il faut éviter le Ristretto !)
C'est étrange : le goût fort de café a ceci de merveilleux, qu'il me réveille complètement.

Je fais la connaissance de deux Japonais, un père et sa fille. Ce monsieur a décidé de faire visiter les grandes capitales d'Europe à sa fille.
Nous échangeons quelques mots en japonais avant de passer rapidement à l'anglais, plus commode pour moi. Le fait que je porte des tabis japonaises(sortes de pantoufles - chaussures avec le gros orteil séparé et une semelle caoutchoutée) les amuse beaucoup.
Je leur explique, que cela me permet de dormir avec, sans me retrouver démuni, s'il fallait évacuer le train rapidement. Le français que je suis doit leur paraître étrange...

Je regagne mon compartiment, en meilleure forme, le breuvage ayant complété une rapide toilette avant Florence dans les minuscules commodités du bord. (Il faut y aller tôt car elles ne restent pas propres longtemps le matin !)
Je prends ensuite ce carnet et commence à rédiger ce récit.
Le contrôleur dans sa livrée impeccable, passe nous rendre les billets. J'apprends ainsi que le train arriverait 35 minutes plus tôt que prévu ! Si c'est exact c'est une véritable aubaine.

Mon ange gardien va-t-il de tout mettre en œuvre pour que je sois place Saint-Pierre à midi ?
Je dois cependant compter sur le temps de trajet, et sur le fait que je ne sais pas précisément où est mon hôtel.
Serait-ce parce que nous sommes passés par la Suisse ? Le train s'arrête dans la nuit, longuement à la frontière, mais explique une jeune femme, il semblerait que cette fois ci, les formalités de vérification des identités se soient faites plus vite que prévues.
Le temps est désormais tout gris, à cause du brouillard mais il ne semble pas faire froid. J'attrape un journal tout en grignotant des gâteaux. Le petit garçon joue avec ses « tortues ninja » et se tient à peu près tranquille (il faut le dire vite !)
Je suis quand même maintenant pressé d'arriver à Rome, de trouver mon hôtel de prendre une douche, de me changer et d'arpenter la ville.
Un peu avant Rome, le soleil fait d'un coup voler en éclats la chape de brouillard. Une très belle et agréable lumière baigne la campagne romaine, très verte est un peu vallonnée. Ici une vieille tour en ruines, là une belle église près de Viterbo. On sent Rome approcher, car la circulation devient dense sur la route parallèle à la voie ferrée. L'urbanisme et celui de toutes les banlieues : des HLM, mais pas de barres ni de tours style cité-dortoir. Les antennes de télévision foisonnent sur les toits ainsi que les coupoles satellites accrochées sur le bord des balcons. Le train entre dans la gare de Rome Termini, et ici prend fin mon récit !

Le voyage en Palatino reste un très bon souvenir. Il est vrai qu'on ne dort pas comme dans son propre lit. Il faut prévoir des bouchons d’oreille (la on dort assez bien)

Ce moyen de transport reste très convivial, est très abordable pour peu que l'on s'y prenne à l'avance.(Seul on peut « s’en tirer » pour 80 € Allez-Retour par personne)
Il reste à privilégier pour un voyage en famille, à condition de réserver tout un compartiment et de prévoir de quoi occuper les enfants, un bon livre et le pic nique.
La traversée de la campagne italienne, au petit matin et au soleil levant, reste une expérience inoubliable.

Le train restant un moyen de transport utilisé par de très nombreux Italiens entre la France et la "terre natale", il permet de se plonger directement dans l'ambiance transalpine.
Bien sûr cela nécessite de ne pas rester enfermé dans son compartiment, mais de sillonner le train, ou de s'attarder à la voiture restaurant, voire de descendre momentanément, sur les quais, lors des arrêts.
Engager la conversation avec les compagnons de voyage d'un jour est toujours une expérience très enrichissante.
Un voyage en amoureux, à deux, dans une voiture cabine (couchettes pour deux) est possible. (Le confort y est plus grand) Cette solution est plus onéreuse, mais vous permet de recréer, avec l'élue de votre cœur, le charme des voyages d'antan, et pourquoi pas, l’ambiance des romans d’Agata Christie !

Ainsi, sorti tout droit du Quartier latin, dans une ambiance latino, et grâce au Palatino, après une nuit d'aventure, d'un pas... Latin... vous goutez au bonheur romain... Aux pieds du Palatin !
Réservation possibles sur le site internet d'Artesia: http://www.artesia.eu/france/reservation-billet-train.php
Voyager de nuit, sur les trajets:
Paris Rome
Paris Florence
Paris Bologne

Rédigé par Balthasar, qui voyage en avion, LUI !

Publié dans #Voyages

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