Passio Domini Nostri Jesu Christi...

Publié le 2 Avril 2010

 

Passion de Notre Seigneur Jésus Christ.

Lisons en ce jour, un passage de ce qu'en écrit le bienheureux Jacques de Voragine dans la "Légende des Saints" (Dite Dorée)

 

 

" Dans sa Passion, J -C. souffrit d'amères douleurs : Il fut indignement méprisé; mais nous procura des avantages d'une valeur immense.
La douleur fut produite par cinq causes :

Premièrement, parce que cette passion fut ignominieuse, quant au lieu qui était lui-même ignominieux, puisque c'était au calvaire où les malfaiteurs étaient punis ; quant au supplice qui fut infâme puisque N.S.J.C fut condamné à la mort la plus honteuse.

En effet la croix était le supplice des larrons, et bien que la croix eût été autrefois une grande opprobre, elle est maintenant une immense gloire. Ce qui fait dire à saint Augustin : « La croix qui était le supplice des larrons a passé maintenant sur le front des empereurs. Si Dieu a conféré un pareil honneur à ce qui fut son supplice, que  m’accordera-t-i1 pas à son serviteur ? » Cette passion fut ignominieuse à cause de ceux auxquels N.S.J.C. fut associé, puisqu'il a été placé entre des scélérats, c'est-à-dire, avec des larrons, qui d'abord ont été des scélérats; l’un d'eux, Dismas, s'est converti plus tard; il était à la droite du Sauveur, d'après l’évangile de Nicodème; l’autre à gauche fut damné, c'était Gesmas. A l’un il donna le royaume, à l’autre le supplice.

Saint Ambroise dit : « Alors qu'il était suspendu à la croix, l’auteur de la miséricorde en partageait les fonctions en différentes classes : il confiait la persécution aux apôtres, la paix à ses disciples, son corps aux Juifs, ses vêtements à ceux qui le crucifiaient, son âme à son père, un paranymphe à une Vierge, le paradis au larron, l’enfer aux pécheurs et la croix aux chrétiens pénitents. Voilà le testament de N.S.J.C. attaché à la croix. »

La seconde cause de douleur, c'est que sa passion fut injuste, parce qu'il n'a pas commis le péché, que le mensonge n'a pas souillé sa bouche, et que la peine qui n'est pas méritée est infiniment regrettable. En effet on l’accusait principalement de trois crimes, savoir : d'empêcher de payer le tribut, de se dire roi, et de se proclamer Fils de Dieu. Contre ces trois accusations, au jour du vendredi saint, nous adressons en la personne du Sauveur trois excuses : Popule meus, quid feci tibi, etc: * «Mon peuple, que t'ai-je fait? » N.S.J.C. y expose trois bienfaits qu'il a accordés aux Juifs: la délivrance de l’Egypte,  leur conduite à travers le désert, la plantation de la vigne dans un lieu très fertile; comme si N.S.J.C. disait, « Tu  m’accuses au sujet du paiement du tribut : tu devrais bien plutôt me remercier, puisque je t'ai délivré du tribut; tu  m’accuses de  m’être dit roi : tu devrais plutôt me remercier pour t'avoir traité en roi dans le désert; tu  m’accuses de  m’être proclamé le Fils de Dieu: tu devrais plutôt me remercier pour t'avoir choisi comme ma vigne, et que je t'ai planté dans un lieu très fertile. »

* A l’adoration de la croix.


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Tercio, la douleur vint de ce qu'il souffrit de la part de ses amis. En effet la, douleur serait plus tolérable si elle venait de ceux qui, pour un motif quelconque, devaient être ses ennemis, ou bien de ceux auxquels il aurait porté quelque préjudice, et pourtant, il souffre de ses amis, c'est-à-dire de ceux qui devraient être ses amis. Il souffre de ses proches, savoir: de ceux de la race desquels, il est né. C'est d'eux qu'il est dit dans le Psaume (XXXVII) : « Mes amis et mes proches se sont élevés et déclarés contre moi. » Et dans Job (XIX) : « Mes amis  m’ont fui comme ceux qui  m’étaient les plus étrangers. » Il souffre de ceux auxquels il avait fait du bien (Saint Jean, X) : « J'ai fait devant vous plusieurs bonnes oeuvres. »
Voici les paroles de saint Bernard : « O bon Jésus, quelle douceur fut la vôtre, dans vos rapports avec les hommes ! Que ne leur avez-vous pas donné et avec une bien grande abondance ! Quelles duretés, quelles méchancetés vous avez souffertes pour eux, des paroles rudes, des coups plus rudes encore, les tourments les plus rudes. »

Quatrièmement, à raison de la délicatesse de son corps. C'est de N.S.J.C. que David parle en figure quand il dit : « Il était faible et délicat comme un petit vermisseau de bois » (Rois, II, XXIII) : « O Juifs, dit saint Bernard, vous êtes des pierres, vous frappez une pierre plus tendre; le son qu'elle rend c'est celui de la piété, elle fait jaillir l’huile de la charité. » Saint Jérôme dit aussi : « Jésus a été livré aux Juifs pour être frappé, et ce très sacré corps et cette poitrine qui contenait Dieu, ils l’ont sillonné de coups de fouets. »

Cinquièmement, Sa douleur fut universelle : il souffrit  dans chacun de ses membres et de ses sens.

·        Il souffrit dans ses yeux, parce qu'il a pleuré, saint Paul le dit en son Epître aux Hébreux (v): Saint Bernard s'exprime de la sorte : « Il a monté haut pour être entendu de plus loin; il criait avec force, pour que personne ne pût s'excuser; a ses cris il joignit les larmes afin d'exciter la compassion des hommes. » Il versa (les larmes deux autres fois, encore; ce fut à la résurrection de Lazare et sur Jérusalem. Les premières furent des larmes d'amour, ce qui a fait dire à ceux qui le virent pleurer : « Voyez comme il l’aimait! » Les secondes furent des larmes de compassion, mais les troisièmes furent des larmes de douleur.

·         Il souffrit dans l’ouïe quand on l’accablait d'opprobres. et de blasphèmes : or, on compte quatre circonstances; où N.S.J.C. entendit des opprobres et des blasphèmes.

Sa noblesse était infinie : quant à sa nature divine, il fut le fils du roi éternel; et quant à la nature humaine, il était de race royale ; comme homme encore, il fut le roi des rois et le seigneur des seigneurs. II annonça une visite ineffable, car c'est lui qui est la voie, la vérité et la vie; aussi dit-il en parlant de soi-même : « Votre parole c'est la vérité, car le Fils c'est la parole ou le verbe du Père. » Il posséda une puissance incomparable car « toutes choses ont été faites par lui, et rien n'a été fait sans lui. » "




Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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