Pas de noce à canossa !

Publié le 16 Février 2010

 "Aller à Canossa !"

 

Nous sommes loin des noces, loin de Cana, et Canossa ne signifie par « Noces de Cana » en Latin ! (Riez, riez, mais je l’ai entendu et lu !)

 

 

Nous sommes en plein cœur de l’hiver 1076 ! Le futur empereur germanique Henri IV est menacé par ses barons, de destitution !

Début Janvier Henri a en effet exigé la nomination des évêques par les laïcs, ce que le pape Grégoire VII lui a refusé. Henri s’entête et dépose le pape dans un concile organisé à Worms (Ville d'Allemagne, située aujourd’hui dans le Land de Rhénanie-Palatinat, sur la rive gauche du Rhin  (Sud-ouest du pays.)), Grégoire l’excommunie début février et délie ses sujets de tout serment d’obéissance.

Aussitôt un vent de révolte souffle sur Worms et sa région ! En octobre, les vassaux du roi exigent une rencontre entre Henri et le pape, de façon à ce que le sujet soit tranché avant février de l’année suivante, faute de quoi ils déposeront Henri.

 

Ce dernier se doit de gagner du temps ! La rencontre est prévue à Augsbourg (ville allemande située dans le Land de Bavière, en Souabe bavaroise)

Il décide de franchir les Alpes pour se porter à la rencontre du pape.

Nous sommes en plein hiver 1077 et les cols sont bloqués par la neige, ou surveillés par les troupes de princes hostiles à Henri.

Le col du Mont Cenis difficilement praticable est la seule issue. A travers la neige, sur des sentiers balayés par les vents, Henri, emmitouflé dans de lourds manteaux de fourrure, et escorté d’une forte troupe de  fidèles soldats traverse donc les Alpes. Les mules et chevaux glissent, tombent dans des précipices, la traversée est difficile à souhait !

 

Grégoire VII, lui, faisant  route inverse dans la même contrée, apprend par ses éclaireurs,  la marche forcée d’Henri, et prend peur !

Il se réfugie sur sa route dans le château de la princesse Mathilde de Toscane, à Canossa(dans la moyenne montagne (220 m). Il fait un temps épouvantable !

 

Henri se présente seul devant les remparts vêtu d’une simple grosse tunique de laine, et pieds nus comme un pénitent, et demande audience au pape. Il vient chercher son pardon !

 

Quelle humiliation pour un souverain !

 

Le pape le laisse mijoter (si je puis dire) trois jours et trois nuits ainsi, dans le froid et la neige, mais doit se résoudre à recevoir le pénitent rusé et à lever l’excommunication le 28 janvier 1077.

Henri éloigne la menace de ses barons, et a ainsi les coudées franches pour intriguer de nouveau face au pape, de manière plus habile cette fois !

 

 De la vient l’expression « aller à Canossa » laquelle fait référence à une occasion de soumission, de pénitence ou d'humiliation

 

Ruse et tromperie d’une telle action, qui reste un coup de maître politique !

Rédigé par Loulou l'historien

Publié dans #Histoire

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