Notre Dame des cierges

Publié le 27 Janvier 2010

DSC06443-copie-1.JPG
On trouve dans la Légende Dorée du Brhx Jacques de Voragine,  de très beaux textes ! En voici un en rapport avec la Chandeleur, dont la date approche ! Il est question, nous y reviendrons, des cierges de la chandeleur !

Une noble dame avait une très grande dévotion envers la sainte Vierge.

Ayant fait construire une chapelle auprès de sa maison, elle y entretenait un chapelain, et voulait entendre chaque jour une messe de la Bienheureuse Vierge.

 

Alors que la fête de la Purification de la Sainte Vierge était proche, le prêtre fit un voyage au loin pour une affaire particulière, et la dame ne put avoir une messe ce jour-là; ou bien, comme on le lit autre part, elle avait donné tout ce qu'elle avait jusqu'à ses vêtements pour l’amour de la Vierge;

Or, comme elle avait donné sa robe et qu'elle ne pouvait aller à l’église il lui fallait rester sans messe en ce jour. Sous l’impression d'une vive douleur elle entra dans son oratoire ou sa chambre et se prosterna devant un autel de la Sainte Vierge.

 

Tout à coup elle fut transportée hors d'elle-même, et il lui semblait être dans une église magnifique et toute resplendissante ; alors elle vit, entrer une foule extraordinaire de vierges, que, précédait une Vierge d'une admirable beauté, dont la tête était couronnée d'un diadème. Après que toutes se furent assises, voici venir une autre foule de jeunes gens qui prirent place chacun selon son rang.

 Alors quelqu'un qui portait une grande quantité de cierges, en donna d'abord un à la vierge qui avait le pas sur les autres; il en distribua ensuite aux autres vierges et aux jeunes gens, enfin il vint auprès de la dame et lui offrit un cierge qu'elle accepta volontiers.

Elle tourna alors les yeux vers le chœur et vit deux céroféraires, un sous-diacre, un diacre et un prêtre revêtus de leurs ornements sacrés s'avancer vers l’autel comme pour célébrer une messe solennelle.

 

Il lui semblait que les acolytes étaient saint Vincent et saint Laurent; que le diacre. et le sous-diacre étaient deux anges; quant au prêtre, c'était J.-C.

 Après la confession, deux jeunes gens d'une rare beauté allèrent au milieu du chœur, commencèrent à haute voix et fort dévotement l’office de la, messe, que poursuivirent ceux qui étaient dans le choeur. Quand on fut à l’offrande, la reine des Vierges et toutes les vierges avec ceux qui étaient dans le chœur, vinrent offrir, comme de coutume, leurs cierges au prêtre en fléchissant les genoux.

 

Or, comme le prêtre attendait que la dame vînt lui offrir son cierge, et que celle-ci ne le voulait pas faire, la. reine des vierges lui envoya dire par un exprès qu'elle manquait de savoir-vivre, en faisant attendre le prêtre si longtemps.

Elle répondit que le prêtre continuât sa messe parce qu'elle -ne lui offrirait pas son cierge. Alors la reine lui envoya encore un autre exprès à qui la dame répondit qu'elle ne donnerait à personne. le cierge qu'elle avait reçu, mais qu'elle le garderait par dévotion.

 Toutefois la reine des vierges donna cet ordre à l’exprès.: « Allez la prier de nouveau d'offrir son cierge, sinon vous le lui enlèverez par force, de ses mains. » Le messager étant venu et la dame refusant d'accéder à sa prière, il dit qu'il avait ordre de le lui arracher de force. Alors il saisit le cierge avec une grande violence et s'efforça de l’enlever. La dame le tenait plus fortement. encore et se défendait comme un homme. Le débat traînait en longueur, le cierge était tiré avec force deçà, de-là, quand tout à coup le cierge se cassa, une moitié restant entre les mains du messager, l’autre moitié danses mains de la dame. Au moment où le cierge se brisa avec bruit, elle revint tout aussitôt à elle et se trouva devant l’autel, où elle s'était placée, avec le cierge brisé à la main.

Elle en fut dans l’admiration et rendit d'immenses actions de grâces à la Sainte Vierge qui n'avait pas permis qu'elle restât sans messe en ce jour, mais qui l’avait fait assister à un tel office. Elle eut grand soin de son cierge et le garda comme les plus précieuses reliques. On dit que tous ceux qui en étaient touchés étaient aussitôt guéris des  infirmités qui les tourmentaient

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :