Méditations de carême: Premier Dimanche !

Publié le 21 Février 2010

Nous avons pris le parti de suivre pour ces dimanches de Carême,  les répons de l’office des Ténèbres de la semaine Sainte, en empruntant des réflexions à des auteurs (Si c’est le cas, les sources seront signalées), ou aux prières habituelles du chrétien, en faisant si nécessaire, les liaisons qui s’imposent avec ce qui reste la transposition des Lamentations de Jeremie (Ancien Testament) à la passion de Notre Seigneur Jésus Christ, qui vient compléter et achever d’une certaine manière, la donation de ses biens par le père, à travers son bien le plus grand, Son Fils.

Ces quelques lignes, ne prétendent pas développer les mystères de notre Sainte Religion, mais veulent donner des pistes de réflexion, de prière en ces dimanches de carême.
Elles vous invitent à un examen de conscience, et à faire votre cette phrase : PENITENTIAM AGITE !

 

 

Premier dimanche de carême :

In Monte Oliveti 

 

In Monte Oliveti oravit ad Patrem : Pater si fieri potest transeat a me calix iste

Spiritus qui dem promptus est, caro autem in firma….

 

Sur le mont des Oliviers, Il fit cette prière à son Père : Père s’il est possible que ce calice passe loin de moi. L’Esprit est prompt mais la chair est faible…

 

 

Comment ne pas relier ces paroles (Matthieu 26.39,41) de N.S.J.C au premier mystère douloureux de Notre Rosaire.

En effet, L’agonie de Jésus à Gethsémani, premier mystère, a pour fruit le regret de nos fautes, la contrition de nos pêchés.

Jésus dit ensuite « Non pas ma volonté, mais ta volonté, Père »

Nous devons constater que Jésus reprends la prière toute simple qu’il a transmis à ses apôtres !

Que ta volonté soit faite ! Combien cette phrase parait facile ! Tant de fois nous la prononçons sans même y penser !

N’est elle pas une formule toute faite, cette volonté du père que nous réclamons !

En guise de volonté du père, nous espérons bien que c’est la nôtre que le bon Dieu fera !

Nos pêchés ne viennent ils pas bien souvent, de ce que nous suivons notre propre cap ?

Constatons déjà, combien est prompte notre révolte quand nous n’obtenons pas ce que nous souhaitons ! « Ce n’est pas juste » est souvent la première pensée qui vient à nos lèvres !

Toutes ces prières adressées et nous ne sommes pas payés de retour !

 

C’est que le Bon Dieu nous donne ce qui est bon pour nous, car maître de toutes choses, IL sait !

Tout s’agence dans la main de Dieu, comme les pièces d’un grand puzzle, de telle sorte que nous ne voyons pas les raisons, de ce que nous percevons être un refus de Dieu à nos petites réclamations !

Pourquoi ne pas réfléchir, dès lors à la façon dont nous demandons à Dieu ?

Sommes-nous toujours avides de demander, sans réfléchir à ce qu’IL attend de nous ?

Que donnons-nous à Notre Seigneur ? C’est cette question qui devrait présider à toutes nos actions ! Mes gestes, mots, correspondent ils à Sa volonté ?

Tout mes pas, gestes, puis je sans gène, les déposer à Ses pieds pour Sa gloire ?

 

C’est le sens de la demande faite à Dieu : que Votre volonté soit faite ! Autrement dit, faites, Seigneur, que ma volonté soit la Votre, qu’elle aille dans le sens de ce qui est juste, de ce qui est dans vos plans !

Et le plan de Dieu n’est il pas de nous libérer du péché, de nous instruire de la vérité du Bien et du mal ?

 

 

Jésus s’abandonne complètement à la volonté du père, sa prière est celle du Père ! Nous pourrions dire qu’il « s’efface » derrière le père.

 

Comment discerner ? Que Désire N.S.J.C pour nous ?

Saint Cyprien de Carthage nous parle de la volonté de Dieu, telle que le Christ l’a fait et enseigné :
« L’humilité dans la conduite, la fermeté dans la foi
La retenue dans les paroles, la justice dans les actions
La miséricorde dans les œuvres, la rectitude dans les moeurs. Être incapable de faire le mal, le tolérer quand il nous touche. Garder la paix avec les frères.

Chérir le Seigneur de tout son cœur, aimer en lui le Père
Craindre Dieu.

Ne rien préférer au Christ car Lui-même n’a rien préféré à nous.

S’attacher inébranlablement à son amour, se tenir à sa croix avec force et confiance.

Dans la lutte pour son nom et son honneur, témoigner avec constance de sa foi.

Montrer, sous la torture (et dans les épreuves) cette confiance qui soutient notre combat ; Dans la mort, cette persévérance qui nous obtient la couronne.

C’est cela, vouloir être héritier avec le Christ, c’est cela, obéir au commandement de Dieu, c’est cela accomplir la volonté du Père. »

Cette prière, à l’heure des difficultés est primordiale ! Qui pense en effet à s’abandonner complètement à ce qui vient, sans crainte, sachant parfaitement que le bon Dieu ne nous donne jamais des épreuves que nous ne saurions traverser.

 

 

La première chose à faire, si nous fuyons le pêché, c’est de le reconnaitre, dans ce qu’il a de sérieux ! C’est reconnaitre notre faiblesse !

Puis nous devons nous repentir ! Non pas avec des larmes de crocodile, mais comme N.S.J.C nous a donné son sang, en lui donnant notre détresse par nos larmes !

Contemplons le Christ en croix, et laissons l’esprit saint agir en nous, nous guider vers le père, tandis qu’intérieurement nous nous sentons responsable de toutes ces plaies sur le corps du sauveur !

Pensons à ces clous que nous enfonçons dans Ses mains très saintes, au manteau du Christ que nous déchirons par nos vaines querelles !

Et pourtant, loin de succomber au désespoir nous devons voir que la grâce de ce sang versé, de ce manteau en pièces, retombe sur nous !

 

Oui, mais… La chair est faible ! Déjà nous sommes prêts à succomber par ce que nous ne nous confions pas assez à N.S.J.C en toutes occasions, c’est le sens de la vigilance à laquelle le Sauveur nous appelle !

 Par fierté, nous retenons nos larmes face au corps meurtri de Jésus en croix, nous n’accueillons pas la grâce que notre sauveur entend nous donner sans mesure !

 

 « Ma grâce te suffit ! » nous dit Jésus, et pourtant nous cherchons angoissés, et courrons en tout sens, alors que les secours résident dans cette simple phrase « non pas ma volonté, mais ta volonté Seigneur », pour que Ton règne arrive !

 

 

Méditons donc sur ce manque de confiance, maintes fois observé ! Nous sommes faibles, le Seigneur nous aime, et nous devons maintenir nos efforts pour tenir nos lampes allumées ! C’est dans la lumière que nous verrons notre pêché, et armés de flambeaux nous serons à même de chasser le mal qui rode comme un lion rugissant cherchant sa proie (Texte des complies)

Voici que l’époux vient ! Veillons à ne pas manquer d’huile !

L’huile, et les flambeaux qu’il nous faut, sont matérialisés par les sacrements ! Pendant ce carême, approchons nous le plus possible des sacrements pour faire provision d’huile et de torches !

 

Imaginons dans quelle situation nous serions, si Jésus avait fait sa propre volonté humaine, et avait repoussé le calice de la passion qui lui était tendu ? Ce calice où selon la légende Joseph d’Arimathie a recueilli le sang de l’agneau au calvaire ?

Ce calice, source de vie, qui nous nourrit et nous instruit de ce Jésus attend de nous !

 

Cette épreuve de l’homme nous est donnée comme une sublime leçon de ce que doit être notre comportement face aux épreuves : chasser la peur, mettre le Christ dans notre vie ! Le mettre pour ne pas qu’IL nous serve, mais pour qu’IL nous aime !

Comme IL sait ce qui est bon pour nous, le laisser agir sans entrave !

De même qu’IL accepte la volonté du Père, laissons-le-nous prendre par la main et nous guider !

En effet, agir à sa guise, c’est un peu cacher sa main derrière son dos !

Ne savons nous pas pertinemment que Jésus n’agira pas malgré nous ?

IL ne forcera pas la barrière que nous mettons entre lui et nous !

 

Dès lors, nous donnons prise à toute sorte de démons et de pêchés ! Notre volonté désordonnée, ou ordonnée à notre seul bien égoïste, nous éloigne de la montagne où notre seigneur a planté sa tente et la notre pour toute l’éternité

 

Exilés loin de la terre promise (comme le décrit Jérémie dans ses lamentations), nous suivons notre propre cap, errant dans le désert, aveugle et sans lumière !

 

Allons ! Il est temps de saisir la main que nous tend Notre Seigneur Jésus Christ, et de s’abandonner en ses bras ! Sa Sainte Mère nous prend dans les plis de son manteau, pour que petits enfants, honteux de nos fautes, nous revenions rassurés vers le père de famille

« Père est fâché contre toi, mais il t’aime, mon enfant, va lui demander pardon, et recueillir son amour ! »

 

Alors agissons ainsi, et nous sortirons du désert, de ces quarante jours de sécheresse, et ainsi  finira notre exil, brebis égarée que nous sommes, par notre cécité, suivant notre propre cap, qui n’en est pas un, tournant en rond !

 

Jerusalem Jerusalem Convertere ad Dominum Deum Tuum !

(Jérusalem, Jérusalem, revient au Seigneur Ton Dieu ! )

 

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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