Le sermon du pauvre...

Publié le 9 Décembre 2009

 

 

Noël, Seigneur, c’est un votre anniversaire….Comme chaque année notre curé de paroisse nous  gratifiera d’un ….sermon !

 

Mais voila ! Le hic, c’est que je pense que je dormirais à ce moment précis de la messe ! C’est vrai, la messe de minuit, avec une si longue attente, on peut penser que je suis légitimement fatigué… et que mon assoupissement est la cause de l’heure tardive…

 

A la vérité, Seigneur, voilà plusieurs dimanches que je dors au moment du sermon !

Les longues soirées ou les amusements du samedi ne sont pas en cause !

 

Je devrais, c’est vrai, puiser mon énergie de la semaine, non seulement en votre présence dans la Sainte Hostie, mais aussi dans les paroles du prêtre !

 

S’il monte sur cette petite montagne comme le christ lors du sermon des béatitudes, je constate pourtant tristement, que les pauvres ne sont pas bienheureux pendant les 25 à 30 minutes que dure la dissertation.

 

Car il s’agit bien de cela ! Depuis quelques temps, je suis gratifié tous les dimanches

d’une littérature savante. Les phrases longues de 50 à 60 mots, ponctuées à l’extrême, pleines de digressions et de parenthèses, sont notre nourriture !

 

M. le curé s’éloigne du sujet à grand renforts de citations de saints, d’allégories, de comparaisons, maniant les plus que parfait, plus qu’il ne faut et les faux (im) parfaits du subjonctif !

De toute éternité, les rapports entre les différents événements de notre foi, sont soulignés très justement, c’est une chose, mais dans un vocabulaire savant, digne de livres d’un autre temps.

N’est pas Bossuet qui veut … et justement, on n’en veut pas ! On a besoin d’un don Bosco !

 

Je rêve, Seigneur, que pour la messe de minuit, une fois dans l’année, mon curé me tienne éveillé par des mots simples, moi qui n’ai pas fait beaucoup d’études, n’entend pas la philosophie Thomiste comme un spécialiste…

Je pense que mon voisin de chaise, boulanger de son état, ou l’ouvrier de chez Renault pense comme moi.

Le sermon est fait pour tous, il n’est pas une élévation de l’âme pour les seuls agrégés de français, les polytechniciens…

 

Elever les esprits, peut se faire de manière simple, avec des mots simples, que peuvent comprendre le petit Tintin  de 7 ans, à 77 ans … et au-delà, pour se sentir justement attiré…par l’au delà,

 

Court, clair, percutant, avec des mots simples, mais pas simplistes, des mots forts, sans orgueil d’une surcharge littéraire, voila comment je souhaite être vivifié par votre alter, du haut de sa montagne ouvragée, de bois ou de pierre, en haut du petit escalier…

 

Pardon Seigneur, si j’ai dit du mal, ou en ai pensé, de mon curé agrégé de philosophie, qui semble laisser sans lumière une partie de ses brebis, dont les oreilles sont fermées au langage des savants…

 

Nous attendons du premier mot, qu’il agisse sur nos oreilles comme un « Ephata » immédiat…et nous transporte immédiatement sur les genoux de Jésus, comme des petits enfants écoutant un père….

 

Mais sans doute est ce que j’en demande trop, Seigneur, et dans ce cas, je vous demande bien pardon de dormir…Que votre volonté soit faite et non la mienne

Permettez cependant que je rêve à ce que le verbe soit source de vie...pas de sommeil !

 

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Le billet de Zosime

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :