La grande fracture !

Publié le 16 Février 2010

Rome n'est plus que l'hombre d'elle même. Beaucoup de quartiers sont en ruines, et les grandes familles se  les partage dans un contexte de guerre civile larvée .La ville est à feux et à sang, la famine gutte, les épidémies sont courantes, les mœurs plus que dissolues, à commencer par celles des grandes familles ! Bref, la ruine quasi totale

Sitôt la mort du Pontife connue, les factions se déchainent !

Les romains pensent que le retour du pape à Rome rendra sa superbe à la ville. La papauté draine vers elle les marchands et financiers de toute sorte. La ville serait restaurée, et les luttes des grandes familles s'achèveraient

Si le nouvel élu était français, le risque était grand en effet de le voir repartir en Avignon et de priver ainsi Rome non seulement de son évêque, mais aussi des revenus de la cour pontificale et des pèlerins.

Les foules sont manipulées par les familles Colona et Orsini, lesquelles verraient d'un bon œil leurs candidats l'emporter sur le trône de Pierre .Les cardinaux sont molestés et menacés en termes peu équivoque.

« Si non e Romano, italiano lo volemo »  hurle la foule Au mépris de toute les regles, elle forcera le scrutin du conclave.

Morts de peur, les cardinaux (dont quatre Italiens, sur 16)  élisent un Napolitain, Prignano, dont le nom avait déjà été lancé comme solution de compromis. Cependant, il fallait aller faire mander l'élu et avoir son accord. Mais des hordes déchaînées et hurlantes  envahissait déjà le conclave... et réclamait le nouveau pape. Menaces, coups, saccage et pillages de la basilique vaticane, quelques cardinaux réussirent néanmoins à s'échapper. Pour calmer la foule on présente un cardinal romain (Tebaldeschi) comme le pape, le temps de faire venir l'évêque de Naples, nouvel élu.

 On avait hissé le vieillard sur un trône, on l'avait revêtu du manteau papal et on le coiffe de la tiare ! Mais le peuple ne s'y trompe pas longtemps. Une scène grotesque ! !

Oui, maintenant, pour les cardinaux, tout était clair. Ils avaient élu Prignano dans la peur... par peur de la population romaine, et donc l'élection était nulle. L'Esprit Saint n'avait pu inspirer le choix d'un tel homme dont le comportement déraisonnable prouvait d'ailleurs bien la méprise.

Douze cardinaux ont fui Rome pour d'Anagni: Aigre-feuille, Cros, Flandrin, Robert de Genève, Lagier, La Grange, Pedro de Luna, Malesset, Montalais, Noellet, du Puy, Sortenac et Vergne. Sur l'Évangile, les cardinaux présents au conclave du 8 avril jurent qu'ils n'ont élu Prignano que par peur de la mort. Les cardinaux déposent Urbain VI. Prignano n'est plus rien, un apostat ...

Les cardinaux italiens Orsini, Corsini et Borsano gagnent eux aussi Anagni, où est réfugié le sacré collège. Urbain VI est maintenant seul.

Le 15 septembre, les cardinaux se trouvent tous réunis à Fondi, possession du royaume de Naples...tout est consommé, ainsi commence le grand Schisme d'occident !

On lira avec plaisir le livre de Jean Raspail "L'anneau du pêcheur" qui raconte merveilleusement bien le grand schisme.

Rédigé par S.E Balthasar

Publié dans #Histoire

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