IVème Dimanche de Carême

Publié le 14 Mars 2010

 

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Portail du Jugement Dernier, Cathédrale Notre Dame de Paris.

Le diable s’efforce de peser dans la balance qui penche pourtant en faveur des justes, du côté de l’ange ; alors qu’un démon emporte plusieurs personnages en enfer !

Caligaverunt oculi mei                                                    IXème répons

« Mes yeux se sont voilés à force de pleurer ; car il s’est éloigné de moi, celui qui me consolait : Voyez, vous, tous les peuples, s’il est une douleur semblable à la mienne.

O vous tous qui passez le chemin, regardez et voyez. »

Pleurons ! Il est bien temps !

Après avoir masqué notre âme à la lumière du Christ, quoi de plus logique que nos yeux se voilent, puisqu’ils sont les premiers à la percevoir !

 

Prenons conscience, de ce que nos yeux se voilent, nos larmes coulent, du fait que nous soyons dans les ténèbres, seuls !

 

Nous sommes plongés dans l’obscurité, et nous pleurons ! Nous pleurons de ce que le Christ a tenu compte de notre volonté !

 

Nous devrions pourtant être heureux ? Nous avons suivi notre chemin, notre propre cap !

 

Nous devrions assumer nos décisions !

 

Ne l’avons-nous pas livré, Celui qui entravait notre liberté ?

Ne l’avons-nous pas embrassé traitreusement, Cet ami qui ne nous veut que du bien !

N’avons-nous pas tourné, voilé, le miroir de nos âmes pour ne pas capter Sa lumière ?

 

Oui, nous sommes désormais libres ! Pleinement libres, de faire ce que nous voulons, débarrassés des chaînes du Christ !

 

Elle est là la couronne de lauriers ! Elles sont là, les nymphes promises ! Le vin va couler à flot, les faunes vont jouer jusqu’au matin, une douce musique…des parfums enivrants chatouillent nos narines, et des mets délicats sont portés sur des litières !

 

Et patatras ! Tout s’écroule !

 

Nous avons écouté les sirènes du diable, nous chanter tous ces délices, mais au bout du voyage, il n’y a que pleurs et grincements de dents !

Qu’elle était pourtant belle, facile et droite, cette route qui s’offrait à nous !

 

Oui nous pleurons, plongés dans les ténèbres, parce que nous avons perdus LA lumière !

Tout est laid, noir, sans éclat, par notre faute ! Nous Le rejetons, en toute liberté, le Christ, car nous ne savons pas qu’Il est La vraie liberté !

 

La vraie liberté que nous offre le Christ, c’est d’aimer !

Aimer ce qui est difficile, ce qui est humiliant !

Aimer ce qui ne s’impose pas au premier abord à nos corps !

La vraie liberté, c’est de se donner sans mesure, à ceux qui ne se donnent pas !

 

Nous méritons donc le juste châtiment ! Celui d’être privé de la lumière de notre Seigneur Jésus Christ !

Jetés dans des cachots obscurs, nous sommes sans consolation, personne ne vient nous visiter !

Pourquoi ?

Nous ne l’avons pas fait pour notre prochain, nous ne l’avons pas visité, nous ne l’avons pas nourri, pas lavé…. Tout occupé que nous étions, à jouir des biens terrestre, à nous laisser guider par nos sens, excités par l’ennemi !

 

Ce que nous n’avons ainsi pas fait pour notre prochain, nous ne l’avons pas fait non plus pour le Christ !

 

Comme nous ne l’avons pas fait, Il ne le fait pas pour nous ! (Matthieu 25, 34-46)

 

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : " Venez, les bénis de mon
Père : prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du
monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez
donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli;
nu, et vous m'avez vêtu; j'ai été malade, et vous m'avez visité; j'étais en
prison, et vous êtes venus à moi. "

Alors les justes lui répondront : " Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir
faim, et vous avons-nous donné à manger; avoir soif, et vous avons-nous donné
à boire? Quand vous avons-nous vu étranger, et vous avons-nous recueilli; nu, et vous avons-nous vêtu? Quand vous avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus à vous? "


Et le Roi leur répondra : " En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez
fait à l'un des plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. "
 Alors il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : " Allez-vous-en loin de moi,
les maudits, au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.
 Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne
m'avez pas donné à boire;  j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli; nu, et vous ne m'avez pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité."

 Alors eux aussi lui répondront : " Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir
faim, ou avoir soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne vous
avons-nous pas assisté? "
 Alors Il leur répondra : " En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne
l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait. "
 Et ceux-ci s'en iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle. "

 

Il ne nous visite pas, il ne nous console pas !

Pensons, tout de même, qu’Il ne le fait pas joyeusement, surement pas de gaité de cœur !

Le fait il vraiment pour nous punir ?

Nous lui avons demandé de se retirer loin de nous, de partir au désert, d’où il ne pourrait nous voir !

 

Cet œil pesant, que nous voyions comme l’œil de la justice, nous ne le voulions pas !

 

Et maintenant, nous crions ! Non content d’avoir perdu la Lumière et Sa chaleur, de trembler de froid, nous prenons à témoin le monde, de nos iniquités ! « Voyez s’il est une douleur semblable à la mienne ? »

 

Personne ne nous entend, mais nous poussons notre trahison jusqu’à réclamer des spectateurs pour notre malheur, de façon à ce qu’ils apaisent nos souffrances par leurs compassions !

Avons-nous eu de la compassion, ou ne serait ce qu’une pensée pour le prochain d’abord ? Non !

Egoïstes que nous sommes !!!

 

Oui, nous réclamons, comme celui qui réclame à Dieu de revenir sur terre, au fins de prévenir sa famille « Le chemin pavé de rose n’est pas le bon ! »

 

(Evangile selon St Luc 16, 27-31)

Et il dit : " Je te prie donc, père, de l'envoyer à la maison de mon père,
— car j'ai cinq frères, — pour leur attester (ces choses) de peur qu'ils ne
viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourment. "
 Abraham dit : " Ils ont Moïse et les prophètes : qu'ils les écoutent ! "
 Il dit : " Non, père Abraham; mais si quelqu'un de chez les morts va vers
eux, ils se repentiront. "

 Il lui dit : " S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, même si quelqu'un ressuscitait d'entre les morts, ils ne seraient pas persuadés. "

 

Non ! Un jour il est trop tard …

 

Il est juste de penser, qu’il n’y a pas de plus grande douleur que d’être privée de Dieu !

 

Il y a bien peu de temps, pourtant, nous pensions qu’il serait juste d’être seuls !

 

Combien de fois prenons nous à témoin notre prochain du malheur qui nous tombe dessus, sans d’abord avoir pensé à ce que nous avons fait de La lumière du Christ !

 

Cette lumière nous guide ! La cachons-nous sous le boisseau ?

 

Le portons-nous avec confiance, ce flambeau, dans le vent que NSJC laisse souffler sur nous ! (Pour que, traversant les épreuves nous sortions justifiés !)

 

Nous craignons,  Seigneur, que la bourrasque vienne souffler la flamme que Vous nous donnez !

 

  • Nous doutons ! Doutons de Vous Seigneur, des capacités que Vous nous donnez ici bas !
  • Nous doutons de la possibilité de porter chaque jour plus haut Votre lumière !

 

  • Nous doutons de la puissance de Vos dons, comme Pierre marchant sur les eaux à la rencontre du Christ, et qui s’enfonce dans la vague déferlante !

 

 

(Matthieu 14, 28-31)

Pierre prenant la parole : " Seigneur, dit-il, si c'est Vous, ordonnez que j'aille à Vous sur les
eaux. "  Il lui dit : " Viens ! " et Pierre, étant sorti de la barque, marcha sur les eaux pour aller à Jésus. Mais, voyant la violence du vent, il eut peur, et comme il commençait à enfoncer, il s'écria : " Seigneur, sauvez-moi ! " Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? "

 

Oui, nous avons le prix de notre trahison, comme Judas ! 

 

Ne commettons pourtant pas l’erreur de croire que NSJC ne nous tend pas la main !

 

Car de la foule que nous réclamons pour contempler notre malheur, ne voyons-nous personne ?

 

Non ! Il nous faut faire appel à un autre sens !

 

Il y a quelqu’un, une seule et unique personne, qui attend, que l’on fasse le seul effort qui s’impose, tourner la tête en direction de Sa voix !

 

Dans les ténèbres résonne une voix ! Il nous faut l’entendre …. Et la lumière jaillit dans les ténèbres, la divine clarté efface l’obscurité !

 

(Christe qui lux es & dies, Noctis ténebras détegis, Lucísque lumen créderis, Lumen beátum prædicans.  Christ lumière, & jour apparent, Toutes ténèbres découvrant,

Qui, splendeur de splendeur, est né, Prêchant la divine clarté) (Christe qui lux es et dies, Très ancien hymne du Carême, V me Siècle, Traduction par  Charles de Courbes (1622))

 

Las, dans ce tumulte de la vie, faisons nous dors et déjà silence pour l’entendre, avant qu’il ne soit trop tard ???  (Cantique : Attende, Domine)

Car ce cri silencieux, chargé de notre repentir, Il l’entendra !

 

 

Rogámus, Deus,

Tuam majestátem Auribus sacris

Gémitus exáudi :

Crímina nostra

Plácidus indúlge.

 

V/. Nous implorons, ô Dieu, votre majesté :

que vos oreilles sacrées exaucent nos gémissements Pardonnez-nous nos crimes dans votre bonté

 

Levons nous, cessons de pleurer sur nous mêmes, suivons la voix, sortons à la lumière du jour, afin de montrer, à tous les peuples, s’il est une joie semblable à la nôtre !

 

Jerusalem, Jerusalem, Convertere ad Dominum deum Tuum !

 

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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