IIIème Dimanche de Carême

Publié le 7 Mars 2010

Animam meam dilectam…    

 (Ténèbres du Vendredi saint, 6ème répons)

Mon âme bien-aimée, je l’ai livrée aux mains des méchants et mon héritage est devenu pour moi comme le lion dans la forêt ; l’adversaire a poussé contre moi des cris, disant : réunissez-vous et hâtez-vous de le dévorer ; ils m'ont mis dans une affreuse solitude, et toute la terre m'a pleuré : Parce qu'il ne s'est trouvé personne qui m'ait reconnu, et qui m'ait fait du bien. Contre moi se sont levés des hommes sans pitié et qui n’ont pas épargné ma vie.

 

Que ne songeons-nous à notre âme ?!

Nous avons livrés le Christ, et que faisons-nous de notre âme, ce cadeau si précieux de Notre Ami ?

Nous la livrons aussi, et ainsi notre trahison est complète !

Nous sommes pourtant heureux de tirer profit d’être appelé « enfant de Dieu » Nous sommes comblés de cadeaux

Oui, notre âme, cadeau de Notre ami, nous la jetons à ses pieds comme un vulgaire chiffon, dès lors qu’IL ne fait pas notre volonté.

Le prix du sang, notre héritage, cette source de vie éternelle, nous l’abandonnons tel que judas l’a fait, ainsi que nous l’avons vu dimanche dernier…

Du cadeau de notre ami, ne reste-t-il rien ? Nous livrons notre âme, le plus précieux des biens, au mal rodant comme un lion cherchant sa proie.

Comment la livrons-nous, cette âme ? C’est une brebis sans défense, elle est au milieu de mille dangers, comme dans un enclos dont nous ouvririons les barrières volontairement.

Quand nous ne partageons pas avec les pauvres, les malades, les affligés, nous la  livrons, notre âme !

Quand nous ne pensons qu’à nous, qu’à tout ordonner à notre volonté, nous la livrons, notre âme !

Quand nous laissons parler notre corps, indépendamment de notre âme, nous jetons LE don de Dieu comme un vulgaire chiffon !

Quand nous envions notre prochain, pour des broutilles parfois, (et même quand nous lui envions cette proximité avec Dieu, ou sa verve, ou sa plume ardente (Gardez vous en, les présentes lignes sont indignes de N.S.J.C)

Quand nous sommes vaniteux, paresseux…nous crachons sur le miroir qu’est notre âme (miroir du Soleil Divin)

Quel remède pour notre âme, l’Amour de N.S.J.C nous montre t’il ?

Combien de saints, face aux tentations, se mortifient et endurcissent leurs corps à résister aux sollicitations extérieures.

« Mais l’antique ennemi voyant qu'il n'avait pas eu le dessus de cette manière, lui inspira une forte tentation de la chair ; en la ressentant, l’homme de Dieu se dépouilla de son habit et se frappa avec une corde très mince, très serrée, en disant Allons, frère l’âne, garde-toi bien de remuer, voilà comment il faut subir le fouet. » » (La Légende des Saints, Jacques de Voragine, au sujet de St François d’Assise)

Nombreux sont en effet les plaisirs du monde, les occasions de suivre un cap autre que Celui de notre Seigneur Jésus Christ !

Sans atteindre le niveau des saints, et bien que nous soyons tous appelés à être soldats du Christ, nous devons veiller et prier face aux sollicitations et aux attaques du malin.

 Dieu nous appelle à être siens, il veut que nous soyons tous saints. Chaque jeune, ayez alors l’ambition d’être des saints comme Lui est saint ».
On me demanderait « Mais aujourd’hui, est-il possible d’être saint ? ».
Si on devait compter sur les seules ressources humaines, cela serait à juste titre impossible. En fait, vous connaissez bien vos succès et vos défaites, et vous savez quels sont les fardeaux qui pèsent sur l’homme, les dangers qui le menacent et les conséquences que provoquent cet échec. (Jean Paul II Message lors des JMJ de l’an 2000, repris par Mgr Bocardo, le 29 janvier 2005)

Bien souvent, de petites choses insignifiantes pourraient nous permettre de tenir notre âme en paix… De petits sacrifices, de petites mortifications, afin de corriger nos penchants à tel ou tel vice, à telle ou telle manie !

Un peu d’eau glacée ? Notre corps n’en sera que moins enflammé !

Un billet glissé dans la main d’un pauvre ? Ce sera une parure de moins ou un trésor corruptible de moins …

Une bouche que nous gardons fermée… une occasion de prier en silence, et une médisance de moins …

Nombreux sont les exemples, de ce que nous pouvons offrir … Cela parait si peu de choses, en considération du sang qu’IL a versé et verse pour nous !

Car les sacrifices que nous ne faisons pas, Il les fait d’une bien plus dure manière !

Tant de péchés sont commis en ce monde ! Nous devons travailler à réparer le mal fait, en nous sacrifiant aussi pour les pécheurs, pour ceux qui n’aiment pas, n’adorent pas, ne font pas de sacrifices.

Pensons aussi à ces âmes en purgatoire, que nous pouvons délivrer !

« D'où il suit que s'il doit, dans le purgatoire, souffrir deux mois, il pourra, au moyen du secours qu'il reçoit, être délivré en un seul. Cependant, jamais il n'en sort que la dette ne soit payée. Que si elle est acquittée, cette dette compte pour celui qui la paie et retourne à son profit; et s'il n'en a pas besoin, elle revient au trésor de l’Eglise, ou bien elle vaut pour ceux qui sont dans le purgatoire » (La légende des Saints de Jacques de Voragine. La Commémoration des Ames)

Nos corps sont les enveloppes de nos âmes ! Nos âmes sont LES cadeaux précieux de N.S.J.C ! Fortifions nos corps (en tous nos membres) !

Les trésors matériels, que peuvent détruire la rouille, nous les conservons à l’abri des voleurs et de l’usure du temps, et notre âme, tellement plus précieuse, car éternelle, nous la laisserions sans protection, dans un coffre ouvert à tous les vents mauvais ?

Oui, nos faibles corps, que bien souvent nous n’ornons pas accueillent nos âmes ….

Elles sont bien plus que des diamants … et nous les jetons dans un tas de fumier !

Que ne mettons nous de belles fleurs pour notre âme ? Nous offrons toutes sortes de richesses à nos amis, mais au Seul qui compte, nous montrons orgueilleusement le peu de cas que nous faisons de Son Bien !

Nous jouissons d’une âme que Dieu nous donne, et nous devrons la rendre !

Qu’en faisons-nous ? Travaillons-nous à la rendre aussi blanche qu’elle nous fut donnée ?

Prenons garde ainsi, de ne pas séparer le contenant du contenu ! Nos vies, nos actions corporelles doivent tendre à ce que toujours nos âmes renvoient la lumière du créateur ! Un miroir taché, voilé,  ne reflète pas la lumière…

Comment pourrions-nous parvenir à ce que nos corps soient semblables à celui de N.S.J.C, si déjà, ici bas, nos âmes ne reflètent pas Sa lumière… ?

Le catéchisme du concile de Trente, (Chapitre douzième - Du onzième article du Symbole § III : Etat des corps ressuscités) nous dit : « La seconde (qualité) est la clarté qui rendra les corps des Saints aussi brillants que le soleil. Notre Seigneur l’affirme nettement dans Saint Matthieu: Les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de mon Père. Et pour enlever tout doute sur ce point, il opère devant ses Apôtres le miracle de la transfiguration. Saint Paul, pour exprimer cette qualité, se sert tantôt du mot de clarté, tantôt du mot de gloire.  Jésus-Christ, dit-il, reformera notre corps vil et abject, en te rendant semblable à son Corps glorieux. »

Et pourtant, force est de constater que nous n’en faisons rien, de cette lumière, car nous suivons notre volonté.

Nous laissons le malin nous persuader que notre volonté est bien suffisante, et que notre âme est un fardeau en ce sens qu’elle nous empêcherait de jouir corporellement des bienfaits de la Terre.

Dès lors, nous poussons des cris, « libres » que nous voulons être ! Nous sommes avides de cette fausse liberté ! Et nous crions « Crucifie-Le », dans le vain espoir de pouvoir enfin suivre notre route, jalonnée de toutes sortes de plaisirs !

Nous plaçons Christ au désert… nous ne Le connaissons plus, comme Pierre, nous le trahissons, nous jurons ne pas Le connaitre…

Nous ne voyons pas qu’en plaçant Le Christ au désert, C’est notre âme que nous plaçons dans cette situation,  sans protection, prête à être dévorée…

Nous nous abandonnons à l’ennemi qui nous flatte pour mieux nous égarer. Nous laissons le Christ dans une solitude et dans un dénuement extrême, refusant de le suivre, Cet ami si bon pour nous !

Comme nous rejetons toute protection, il ne se trouve personne, humainement parlant pour nous secourir !

Le mal, sans pitié, n’épargne plus notre vie !

Levons nous ! Faisons face aux sollicitations du monde, faisons fleurir le désert ! Foin du désespoir !

Ces fleurs, sont les grâces que nous obtenons, par la fréquentation des sacrements, par la pratique des vertus !

Soyons à l’image des saints martyrs  dans le Circus Maximus, reflétons la lumière du Christ, faisons étinceler nos âmes au milieu des épreuves, sourions et chantons !

Ainsi, le lion qui voudrait s’approprier notre part d’héritage du Christ et la déchirer de ses griffes mauvaises, nous le coucherons à nos pieds, doux comme un agneau !

« Que nos ennemis ne triomphent jamais de nous. Dieu d’Israël, délivrez-nous de toutes nos tribulations » (introït du  second Dimanche de Carême)

Ainsi, nous gagnerons, guidés par Notre Pasteur,  la montagne de Sion où Il a planté sa tente et la nôtre pour toute l’éternité…

Jerusalem, Jerusalem, Convertere ad Dominum deum Tuum

Rédigé par Balthaz

Publié dans #Ecclésial

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