Huitième station:Jésus console les femmes de Jérusalem qui pleurent !

Publié le 22 Avril 2011

8-bis.JPG

Nous Vous adorons Ô christ...

Je vous adore, Seigneur Jésus-Christ, rejetant les plaintes des femmes de Jérusalem, et répondant à leurs lamentations par ces paroles : « Ne pleurez pas sur moi, mais « pleurez sur vous et sur vos fils. »

Vous nous enseignez ici, Seigneur, que s'il est des plaintes que le chrétien peut accepter, comme vous reçûtes la compassion de Marie et la charité de Véronique, il en est d'autres qu'il doit refuser d'entendre, parce qu'elles sont indignes de lui et qu'elles doivent retomber plutôt sur leurs tristes auteurs. Ce sont les plaintes des mondains, plaintes frivoles, plaintes aveugles, plaintes quelquefois mêlées d'une goutte amère d'ironie, plaintes qui ne partent pas d'un cœur où Dieu habite. Je les connais, Seigneur, ces plaintes-là! Qu'elles sont lourdes à porter, et que, loin de donner la paix et la consolation, elles irritent les chagrins et enveniment les plaies! La mort m'a frappé dans mes affections les plus chères; il semble qu'elle eût deviné le plus sensible endroit. Le monde vient; il m'importune de ses simulacres de compassion , il m'étourdit par ses vaines redites et la froide banalité de ses maximes; il me parle de temps, de distraction, d'oubli: ô déchirantes consolations! Laisse-moi, monde ennuyeux, tu n'entends rien au seul charme qui me reste dans ma douleur, qui est de vivre avec elle et d'unir plus que jamais ce qui me reste de cœur au cœur qui a emporté ma joie, mais que je retrouve par la foi dans le sein de Dieu, et qui bientôt me sera rendu. Ne pleure pas sur moi, ô monde! et laisse mes douleurs; pleure plutôt sur tes joies et sur ce fantôme de félicité que le plus soigneux égoïsme ne saura pas toujours défendre.

Ne pleurez donc pas sur le Christ, filles de Jérusalem, passions du monde, vaines espérances du siècle; car, même sur le chemin du Calvaire, ses souffrances valent mieux que vos plaisirs. Ne pleure pas, ô avare! sur ce pauvre volontaire qui a choisi la misère de Jésus-Christ pour sa reine et ses renoncements pour trésors; mais pleure sur tes trésors d'un jour et sur le vide que ton opulence creuse dans ton cœur. Ne pleure pas, ô ambitieux! sur cet humble qui met à poursuivre la vie cachée plus d'ardeur que tu n'en mis jamais à poursuivre la gloire; mais pleure sur ta gloire coûteuse et sur les hontes intérieures qu'il t'a fallu dévorer pour arriver a ce sommet. Ne pleure pas, ô Voluptueux! sur les âmes chastes, et sur les divines amours qui compensent au centuple leur sacrifice; car ton esprit de chair ne peut ici rien entendre, et tu ne comprendras jamais qu'elles préfèrent leur liberlé angélique à tes ivresses d'esclave. Enfin, ô monde trop déshabitué des choses de Dieu! et qui n'acceptes le christianisme qu'à la condition de l'accommoder à tes préjugés, ne pleure pas sur cette jeune fille qui vient de quitter les parures de tes fêtes pour les vêtements de la charité; ne pleure pas sur ce jeune homme qui délaisse tes espérances pour l'ineffable joie du sacerdoce, car j'affirme encore que tes plaintes sont aveugles, et que tes larmes s'égarent sur leur bonheur au lieu de couler sur tes déceptions de chaque jour.

Laissez donc les enfants de Dieu, plaintes profanes, filles de la terre; laissez-les à leurs joies sanctifiées, laissez-les davantage encore à leurs épreuves et à la croixqu'ils portent sans murmure, sinon sans douleur, derrière Jésus, leur époux et leur ami. Et vous, ô Maître! qui consolez toujours nos chagrins, et dont la main ne se fait jamais longtemps attendre au jour de la détresse, donnez-nous de mépriser les consolations creuses des mondains, et de ne chercher jamais l'appui de notre faiblesse sur ces roseaux tremblants.

Pater

Ave

Gloria Patri

V: Miserere nostri Domine

R: Misere Nostri

V: Fidelium animae, per misericordiam Dei, requiescant in Pace

R: Amen

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

Commenter cet article