Bon et Saint Dimanche !

Publié le 5 Décembre 2010

Second Dimanche de l'avent :

On allume la seconde bougie de la couronne !!!

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Méditons un peu avec Jacques de Voragine:

L’Avent du Seigneur est renfermé dans quatre semaines pour marquer les quatre sortes d’avènements de Jésus-Christ, savoir : en la chair, en l’esprit, en la mort et au jugement. La dernière semaine n’est pas tout à fait complète, parce que la gloire qui sera accordée aux saints, lors du dernier avènement, n’aura jamais, de fin. C’est aussi la raison pour laquelle le premier répons du 1er dimanche d’Avent a quatre versets, y compris le Gloria Patri, afin de désigner ces quatre avènements. C’est au lecteur à juger dans sa prudence auquel des quatre il préfère donner son attention. Or, bien qu’il y ait quatre sortes d’avènements, cependant l’Église s’occupe spécialement de deux ; celui en la chair et celui du jugement, dont elle semble faire la mémoire : comme on le voit dans l’office de ce temps. De là vient encore que le jeûne de l’Avent est en partie  un jeûne de joie et en partie un jeûne de tristesse  ; car en raison de l’avènement en la chair, c’est un jeûne de joie, et en raison de l’avènement du jugement, c’est un jeûne de tristesse.
Et pour l’indiquer, l’Eglise chante alors quelques cantiques de joie, à l’occasion de cet avènement de miséricorde et de jubilation ; elle en omet quelques autres, à cause de l’avènement d’une justice pleine de sévérité et d’affliction.
Par rapport à l’avènement en la chair, on peut établir trois considérations : son opportunité, sa nécessité et son utilité.

 L’opportunité se tire en premier lieu du côté de l’homme qui, d’abord, sous la loi de nature, fut convaincu d’avoir perdu la connaissance de Dieu : de là sa chute dans les abominables erreurs de l’idolâtrie et l’obligation dans laquelle il se trouva de crier et de dire : « Seigneur, éclairez mes yeux... » (Illumina ocidos meos, Ps. XII). Vint ensuite le commandement de la loi sous laquelle l’homme fut convaincu d’impuissance. Auparavant il criait : « Tous sont disposés à obéir, mais il n’y a personne pour commander ; » il était seulement instruit, mais non délivré du péché ; aucune grâce ne l’aidait pour faire le bien ; alors il fut forcé de crier et de dire : « Il y a quelqu’un pour commander, mais il ne se trouve personne pour obéir. » Le Fils de l’homme arriva donc en temps opportun, quand l’homme fut convaincu d’ignorance et d’impuissance ; car s’il fût venu plus tôt, l’homme, peut-être, eût attribué son salut à ses propres mérites, et par conséquent il n’eût pas eu de reconnaissance envers son médecin. L’opportunité se tire, en second lieu, du côté du temps, puisque le Sauveur vint dans la plénitude du temps (Galates, IV). « Beaucoup se demandent, dit saint Augustin, pourquoi J.-C. n’est pas venu plus tôt ; c’est que la plénitude du temps n’était pas encore arrivée, d’après la disposition de celui par lequel toutes choses ont été faites dans le temps. » Enfin dès qu’arriva la plénitude du temps, vint celui qui devait nous délivrer du temps. Or une fois délivrés du temps, nous arriverons à cette éternité où le temps aura disparu. En troisième lieu, l’opportunité se tire du côté de la blessure et de la maladie. Comme elle était universelle, il devint opportun de fournir un remède universel, ce qui fait dire à saint Augustin : « Alors arriva le, grand médecin, quand par tout l’univers souffrait abattu le grand malade. »

C’est la raison pour laquelle l’Eglise, dans les sept antiennes qu’elle chante avant la Nativité de Notre-Seigneur, montre l’innombrable complication de ces maladies et réclamé pour chacune d’elles l’intervention du médecin : car, avant la venue du Fils de Dieu en la chair, nous étions ignorants ou aveugles, engagés dans la damnation éternelle, esclaves du démon, enchaînés à la mauvaise habitude du péché, enveloppés de ténèbres, enfin des exilés chassés de leur patrie. Nous avions donc besoin d’un docteur, d’un rédempteur, d’un libérateur, d’un émancipateur,  d’un éclaireur et d’un Sauveur.
Comme nous étions des ignorants et due nous avions besoin d’être instruits par le Fils de Dieu, voilà pourquoi tout d’abord, dans la première antienne, nous chantons : «  O Sapientia ... O sagesse sortie de la bouche du Très-Haut... venez nous enseigner la voie de la prudence. »
Mais à quoi eût servi d’être instruits, si nous ne dussions pas être rachetés ? aussi demandons-nous que le Fils de Dieu nous rachète, quand nous lui crions dans la seconde antienne : «  O Adonaï ... O Adonaï, chef de la maison d’Israël... venez, étendez votre bras pour nous racheter»
Mais à quoi bon avoir été instruits et rachetés, si après notre rédemption nous eussions encore été retenus captifs ? C’est alors que nous demandons d’être délivrés, quand, dans la troisième antienne, nous chantons : «  O radix Jesse ... O rejeton de Jessé... venez nous délivrer ; ne tardez pas. »
Mais être délivrés et être rachetés, qu’était-ce pour des captifs, s’ils n’étaient cependant pas encore dégagés de tout lien, de manière à ne pas s’appartenir et ne pouvoir librement aller où ils voudraient ? Il était donc peu avantageux qu’il nous eût rachetés et délivrés, si nous restions encore enchaînés. C’est pourquoi nous demandons à être dégagés de tous les liens du péché, quand, clans la quatrième antienne, nous disons à haute voix : «  O clavis David ... O clef de David... venez, faites sortir de sa prison le captif assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort»
Or parce que ceux qui sont restés longtemps dans une prison, ont les yeux troubles et ne sauraient distinguer les objets, libérés alors de la prison, il nous reste à être éclairés (5) pour voir où nous devons aller, et dans la cinquième antienne nous nous écrions : «  O oriens ... O orient, splendeur de lumière éternelle... venez et éclairez ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. »
Mais que sert d’être instruits, rachetés, délivrés de tous nos ennemis et éclairés, si nous ne devions être sauvés ? Donc dans les deux antiennes suivantes, nous demandons d’être sauvés, en disant : «  O Rex Gentium ... O Roi des Nations... venez sauver l’homme que vous avez formé du limon»
Et encore : «  O Emmanuel ... O Emmanuel... venez nous sauver, ô Seigneur notre Dieu. » Par la première, nous demandons le salut des, nations, en disant : « O Roi des Nations. » Par la seconde, nous réclamons le salut des Juifs, auxquels Dieu avait donné la loi ; en sorte que nous disons : « O Emmanuel, notre roi et notre législateur. »

Rédigé par Balthasar, dans l'attente de Noël !

Publié dans #Ecclésial

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