Racines !

Publié le 6 Juin 2009

 

Sommes-nous des déracinés ?

 

RACINE :
[ Partie par laquelle les végétaux tiennent à la terre et en tirent leur principale nourriture.

Prendre racine, Se fixer dans le sol.
Il se dit figurément d'une Idée. "Cette erreur a pris racine dans les esprits".
Il se dit aussi familièrement d'une Personne qui prolonge trop sa visite, son séjour quelque part. Il prend racine chez vous.

Il se dit aussi en parlant de Certaines plantes ou herbes, telles que les raves, les betteraves, les carottes, les navets, etc., dans lesquelles ce qui est comestible est ce qui vient en terre, C'est un homme qui ne vit que de racines.

Se dit figurément du Principe, du commencement de certaines choses.]

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Une récente question, tout autant que la campagne électorale actuelle et l’avenir du pays me conduisit il y a  quelques temps à m’interroger sur ce qu’est la France…
Qu’est ce qui fonde l’attachement à un pays ? Son territoire, sa langue son histoire ? Pourquoi avons-nous tant de mal à nous entendre au sein d’une même zone géographique ? Est-ce cette dernière notion qui définit le pays ? N’est ce pas réduire une prétendue « volonté de vivre ensemble » que de la cantonner dans une notion territoriale ?


Enfin, comment en est on arrivé à une désagrégation totale de ce pays, si désagrégation il y a, et pourquoi, tout va mal, et ne voit on pas le bout du tunnel ?

Voici quelques pistes de réflexion, parfois volontairement schématiques, incomplètes ou naïves que je vous livre. Elles sortent un peu du cadre de ce forum, mais ne s’en éloignent pas tant que ça… (Que fait Balthaz de son WE ? Il réfléchit à tout ça en se promenant dans les forêts du Gers !)

Je pense que la cause profonde de tous nos maux, tient dans le déracinement des français, un véritable arrachage du sol, et de ce qui s’y attache.

Les gens autrefois étaient attachés à un territoire. Paysans groupés autour d’un Seigneur, qui se devait d’être une sorte de Père, bienveillant, régentant sur le plan temporel, rendant la justice ….

Si l’on remonte le cours du temps, Dieu institue toujours un guide dans lequel il met sa complaisance et sur lequel il fait descendre sa grâce.

Le plan spirituel est donc  occupé, par le chapelain, le curé, le monastère …

Cette société hiérarchisée, voit les échelons inférieurs fonctionner de manière plus ou moins autonomes, selon le principe de subsidiarité, qui implique qu’au niveau local on ait une vision bien précise des problèmes rencontrés, et qu’on ait toute latitude pour les régler.
L’échelon supérieur intervient en arbitre, si la nécessité s’en fait sentir, ou pour coordonner le fonctionnement d’intérêts communs entre les différentes communautés. Il en est peu ou prou, de même sur le plan spirituel.

L’harmonie est plus ou moins parfaite, mais les paysans (gens d’un pays) savent à qui ils ont affaire, de générations en générations.
Ces « pays » vivent en autonomie plus ou moins grande, avec un père commun (Le Seigneur local, puis au dessus son suzerain…) et son pendant spirituel.

Mais ce système de vase clôt n’empêche pas une solidarité commune aux diverses communautés qui composent Le pays, quand celui-ci est menacé, comme on le verra par exemple en 1302 (Naissance des états généraux) 

Je considère (il faut bien un point de départ tangible) que le système bascule dangereusement au moment des frondes  (le malaise est plus ancien et latent, mais la réponse royale crée une véritable cassure du système)

A partir de ce moment, une partie de la noblesse se coupe de sa base. Apparaît une fois de plus une  volonté de satisfaire des intérêts catégoriels.
Ce n’est pas la première fois, (Après tout, Etienne Marcel à Paris est le porte parole d’une révolte catégorielle de la population), mais la réponse royale est à mon avis, particulièrement dramatique.

Le Roy fait droit aux intérêts particuliers. La noblesse déserte ses terres au profit de la cour, ou est encouragée à copier Versailles.
La coupure entre la noblesse et la « populace » est réelle.
Bien souvent des « étrangers » aux pays, aux habitudes et mœurs locales, aux parlers, sont mis en place, et le principe de subsidiarité s’estompe dans une volonté centralisatrice et jacobiniste (avant l’heure).

Il suffit d’examiner les cahiers de doléance  rédigés pour les états généraux de 1789, pour constater que les pays où l’on se porte le mieux, sont ceux qui ont gardé un attachement à de grandes familles, qui font corps avec la terre et ses habitants, dans les difficultés comme dans les joies. (On verra plus tard, en Vendée ou en Bretagne, les paysans venir chercher leurs seigneurs et leurs curés, et tout ceci n’est pas étranger à l’attachement que ceux-ci avaient à « leurs gens » et à l’attitude qu’ils avaient vis-à-vis de ceux, qui, quelque part leurs étaient confiés.

La transmission de témoin de générations en générations, cet attachement à son lopin de terre, à ses murs (construit par le père du père du père…), à cette colline où est mort … à ce calvaire, qui marque le passage de ce grand Saint, qui fit tant de bien dans le pays… voilà ce que sont les racines.

Alors oui, si nous examinons la situation, nous sommes des déracinés ! Poussés vers les villes anonymes, nous perdons ce contact avec la terre. Plongés en plein anonymat nous fondons nos relations, sur des valeurs qui n’en sont plus, ou qui sont catégorielles.

Bien sur nous avons longtemps conservé des valeurs religieuses communes, et c’est pourquoi Satan s’efforce de semer le trouble et de les détruire ! Le dernier rempart contre la destruction totale des nations, c’est la même foi qui les anime !

La tentation communautariste est interessante, par ce qu’elle participe de cette volonté de « se » retrouver, de vivre des valeurs communes.
Manque un ciment commun !
Nous avons coupé la tête de notre roy, le père de la Nation, l’unificateur des différents interêts communautaires…. Puis nous avons dilué la foi catholique ; qui maintenait un sentiment d’appartenance à une même communauté, l’Eglise.
Dans le même temps le tête même de cette Eglise, a fait preuve de faiblesse, ou a manqué à la confiance qu’on pouvait placer en elle !

Ce que beaucoup avaient de plus sacré, la foi de leurs ancetres, de leurs aieux, parfois la seule chose qu’ils se transmaittaient est tenue pour impure, detestable !
Il faut tout changer, uniformiser par le bas, en créant de l’artificiel, du nouveau, sans (ou avec peu de ) fondement !

« Mais, quand j’étais petit , ça n’était pas comme ça ! »

Quand vous avez un grand oncle prêtre assassiné au Liban en haine de la foi catholique, et que l’on vous dit que nous avons la même religion, vous ne comprenez plus rien, et il n’est nul besoin d’avoir 15 ans pour trouver cela déroutant !

Bref, tout est cassé, même quand nous pensons trouver un cailloux au raz des flots, épargné.

 Nous pressentons, autre exemple que les valeurs dites écologistes sont essentielles ? N’est ce pas par ce que nous avons coupé les racines que nous avions dans le sol, avec la Nature, que nous sentons la planète nous échapper ?
Elle  tousse d’une tuberculose que nous l’avons laissé attraper en ne la soignant pas, nous qui en sommes dépositaires.


Un amim’ indiquait , que même au sein de la « tradition », la vie religieuse n’était pas celle des diocèses autrefois, faites de petites dévotions locales, de petites fêtes autour du saint local, de la procession à la source X ou Y…

Les gens ont besoin de concret !
Il fallait, dans l’urgence des années 70, face aux flots ravageurs construire une digue et reconstruire!
Trente ans après, ce n’est pas avec de nouveaux sacs de sable que l’on arrivera à quelque chose !
Il faut donc enraciner à nouveau la population !
Regardons bien ! Sur le plan civil et politique, les acteurs locaux qui sont élus depuis 40 ans parfois, sont ceux qui ont su maintenir une relation étroite avec la communauté !

Si nous regardons le paysage politique actuel, personne n’est capable de tirer la France vers le haut, avec un projet clair net et durable, capable de resouder les français, par ce qu’il manque deux choses essentielles :

      L’attachement à la terre et à sa population, à travers ses racines communes
      La raison fondamentale de vouloir vivre ensemble, le ciment spirituel qui incline à agir dans le même sens, la foi en un Dieu unique et trinitaire, NSJC !

 

Mais, me direz-vous, comment enraciner à nouveau, et comment rétablir les liens d’autrefois ? Tout simplement en faisant ce que faisaient nos aïeux, en récréant les solidarités du passé, en redonnant un sens aux mots
Travail, rythme du temps …
Sens du service, exemple des saints, accueil …Bref, vivre l’évangile.  
Je laisse les ‘vieux jeunes’ qui font des discours sur le « YA QU’A » rigoler derrière leurs claviers.

Ce n’est pas seulement à coup de conférence et de coteries que nous gagnerons !
C’est dans la rue, à servir de model et de balise de ralliement que nous reconstruirons !
 « Je ne me sens pas à l’aise un chapelet à la main face à un avortoir ? » Mais Palsambleu, c’est là qu’il faut être ! Et NSJC se sentait il à l’aise sur la croix ?
Parcourir les rues avec un thermos de soupe, s’occuper des pauvres comme le fit St Louis, agir dans la Charité, sans tapage et sans mondanité ! Là est notre devoir. Car le Christ est Roy de France, et le Christ, c’est aussi dans le SDF en haillon au bout de la rue qu’on le trouve. Et le moment voulu, quand il s’agit d’agir sur un plan plus politique, les troupes, les gens déterminés, on les trouve.
Pourquoi pensez  vous que les gens auraient suivi l’abbé Pierre au bout du monde ?

La seule récompense, que NSJC nous donnera est celle que nous ne cherchons pas !  Il rendra à ses fils le royaume de France, car nous nous serons abaissés à soulager la misère du peuple, et à servir Dieu.
Humilité, service, c’est en coupant son manteau en deux que nous aurons d’abord la victoire et les grâces nécessaires pour élever le combat à un niveau supérieur.

Cdl Balthasar

Rédigé par Balthasar

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