Récit pèlerinage, suite et fin !

Publié le 3 Juin 2009

(…)

 

Je reste toujours effaré, de l'indifférence avec laquelle les chapitres passent près de certains pèlerins pris de malaises et allongés sous la vigilance de camarades ! Certes 9 fois sur 10 les autorités du pélé sont prévenues et une voiture secours en route, mais tout de même... J’y reviens par la suite !
La foret à fait place à la civilisation !
Quelques jeunes sortis tout droit d’une citée nous encouragent ! Allons, tout n’est pas perdu ! Peut être s’il y avait pas les copains, certains nous suivraient ils quelques kilomètres ! Cela les intrigues, les dépassent !
Indifférence ou curiosité, mais pas d’hostilité ! Certains ont du mail à croire que nous venons de Chartres ... À pieds (sont oufs ceux là !)

Nous marchons maintenant dans Villepreux devant les habitants ahuris !
Un bar climatisé ! Ne Nos inducas in Tentationem Seigneur !

Le château de Grand Maison se profile en bas de la descente ! Nous y puisons une surdose de courage !

L’arrivée se fait toujours avec cette haie d’honneur (Dieu que ça m’énerve !) Sacs, tentes ....
Une nouvelle journée touche à sa fin ! Le terrain est superbe et plat (on va bien dormir !)
Une grande grange accueille la chapelle et de petites tables font office d’autels pour que les prêtres y célèbrent leurs messes !

Je repère la zone des sacs, et … oh miracle, mon sac est là, devant moi ! En réalité, c’est Balthaz qui l’a vu le premier…
On partage les vivres avec quelques camarades ! M. L’abbé a eu l’idée d’emporter une bouteille d’eau de vie de poire ! Idéale pour bien dormir ! On doit surveiller les filles, qui en redemandent (Quelle époque !)

La veillée pour les enfants est commencée, mais une fois encore je suis trop fatigué ! Nous préférons Balthaz et moi nous isoler pour prier un peu tout seul et confier à la Ste Vierge la personne pour laquelle nous marchons depuis hier !

Une jeune maman de deux enfants, dont le mari ne voulait pas du troisième et qui l’a avorté au printemps dernier ! C’est dur de se voir confié ça après coup, de but en blanc par une collègue en larme un jour de pluie entre deux clients au téléphone ! Elle avait peur d’être abandonnée, toute seule avec les deux autres (moins de 10 ans) !
Cette seule pensée m’empêchera d’abandonner avant d’arriver …

Je sombre dans les bras de Balthaz, qui ronfle ! (Mais si, Excellence, vous ronflassiez, cette nuit là !)

5h20, un crétin fini utilise un réveil avec une chanson rap ! Il faut un peu s’éclaircir la voix pour le Regina Caeli ! Hélas cette année, pas de sono, pas de  “Je vois encore des gens dans leurs tentes” lancé par le Gentil Animateur au regard perçant la toile !

Replier une tente pleine de rosée est un exercice déplaisant surtout quand on est plein de courbatures, qu’il fait frais ! Balthaz est bien au chaud dans mon sac à dos, après avoir bu son capuccino auto chauffé !
Le cœur, heureusement est brûlant d’amour et débordant de charité ! “Va prendre un chocolat pitchoune, Adso te replie la tente !”

Je croise une guide très occupée dans son équipe de service, qui n’a pas l’air très réveillée et qui marche comme une somnambule ! Si elle continue elle va renverser son café !

Une formidable sœur me retape encore le pied (ça tiendra jusqu'à Paris)

Déjà, c’est le signal du départ ! Jusqu’à Longchamp, nous alternerons entre des passages boisés et des zones pavillonnaires assez chics !

Je ne sais pas pourquoi, il y a un cameraman un preneur de son et ce qui ressemble à une journaliste qui discutent avec un abbé sur le bord de la route à la sortie de la forêt !

Vu que je n’ai vu aucune image dans les médias, je me demande ce qu’ils viennent faire là !

 

Du côté de Louveciennes, Tite Rose toute fraiche, mais finalement levée avant moi, nous rejoints. Debout depuis 5 h00 elle a pris le train jusqu’à Villepreux avec d'autres pèlerins, puis une navette  les a  « largués » sur la colonne des pèlerins ! Cela tombe bien ce largage, nous chantons « En passant par la portière… »

Elle est en pleine forme et se charge du sac pour porter un peu Balthaz qui se repose (mais rassurez vous, il a courageusement marché le reste du temps !)

Tite Rose a pris la caméra, et nous mettrons un film en ligne dès que possible.

La traversée de la Seine se fait sur une passerelle suspendue ! C’est beau, bien que le trajet paraisse plus fatiguant que l’an passé !

Longchamp ! Le soleil tape très fort ! Beaucoup de pèlerins nous rejoignent ici avant l’entrée dans Paris en procession ! C’est la fin de la marche par chapitres, et nous allons processionner avec quelques amis de province !

En attendant, les sandwichs de Tite Rose sont très bon, et Balthaz a ses Penne Rigate sauce arrabiata aux anchois !
La traversée de Paris s’effectue sans valise (même si j’y pense, le secrétariat du pelé est rue Poliveau ! Et de Funès fut un pilier de Saint Nicolas ! Ah la providence !) au son des AVE, des chants ... Pas de camion sono, cette année, juste les mégaphones des chapitres.

Il est vrai que nous ne passons pas par les artères habituelles, par ce que nous allons aux Invalides, au lieu de Montmartre. Des sans dieu, stupidissimes laïcards, nous interdisent l’accès au sacré cœur !

 Sur notre passage, les gens sont ahuris, enthousiastes…ou indifférents ! Balthaz suscite des sourires, avec son petit chapeau et son bâton de pèlerin…Les pèlerins le trouvent sympa ! Si ce n'était le lieu, il signait des autographes !
Quelques signes de main depuis les balcons, quelques applaudissements !
L’an passé j’ai vu une vieille dame en larmes, qui pensait ne jamais revoir ça avant de mourir (Et non ça n’appartient pas au passé !)

Les jeunes du MJCF distribuent des tracts pour expliquer aux passants ce que nous faisons !
Je pense tout de même que même si les gens sont indifférents, ils se rendront compte que les médias n’en parlent pas et qu’ils ne sont donc pas informés !

J’aperçois un jeune, plonger lâchement dans le métro ! Il resurgira tout guilleret place Vauban, histoire de finir à pieds comme si de rien n’était (Oh que c’est vilain !!!!) 

Une année, un peu avant la place des Ternes, j’ai croisé une jeune guide allemande assise sur un banc !
Par dessus les frontières je tendis la main (Comme dit le chant de la promesse) et l’épaule un bout de chemin ! Mon allemand était bien rouillé ! Elle connaissait le Pater et l’Ave Maria en français ! Je dois avouer que je ne les connais toujours pas en allemand !

Nous approchons de la tour Effeil ! Majestueuse, elle fait fort effet sur Balthasar (Ben oui, question de taille « Vé, elle est aussi grande que la sardine qui bouche le port de Marseille ! ») Perso je la trouve très laide !

L’abbé Beauvais suggère avec humour de la faire trembler avec nos chants, et nous encourage ainsi au mégaphone, à prier


Le soleil tape toujours ! Un abbé semble épuiser et n’arrive plus à chanter ! Tant pis, chantons pour deux !

L’abbé Beauvais en passant devant une brasserie, nous encourage « La Kro, c’est pour après » Bref, il faut s’aKROcher ! Le dôme des Invalides brille comme un phare pour nous guider !

Nous piétinons avant d’entrer sur la place Vauban ! Il est où le braillard qui nous gratifie courageusement chaque année de sa musique techno lors de la marche pour la vie ? Ben oui, c’est vrai ça c’est à Montmartre ! A moins ? A moins que nous l’ayons converti ?

Ça y est, ça bouge ! Nous pénétrons sur la majestueuse place Vauban, face au dôme ! Nous nous installons sur les pavés, moins confortables que la pelouse devant le Sacré Cœur, (Et très encrassés, boujour le goudron sur les shorts et robes) mais au moins, ce n’est pas en pente.

Le soleil frappe fort pour assister à la Ste messe ! Elle est célébrée sur un « podium » pavoisé de drapeaux semés de lys encadrés par ceux du St siège, puisque l'évêché nous refuse l’entrée dans la cathédrale Saint Louis  (Ils doivent avoir peur qu’on ne ressorte pas, et ça pourrait bien nous passer par la tête !)
Les derniers chapitres arrivent ! Nous sommes presque 9000
Nous saluons nos anges gardiens, ces volontaires du service de régulation dont je parle plus haut sans lesquels il y aurait eu des accidents de la route, prétexte à interdire notre pelé !


Tellement de choses à dire sur la messe (ou plutôt rien, par ce que Ce mystère ne se raconte pas, il se vit !)
J’apprécie ces jeunes voix qui chantent juste Le sermon de l’abbé Nely est très apostolique porte sur les paroles de Saint Paul et l’élan missionnaire.

Nous faisons circuler l’eau un maximum car il ne s’agit pas d’avoir une insolation. Balthaz Tite Rose et moi, sommes derrière les chapitres enfants ! Une Tite fille épuisée dort protégée par l’ombre d’un étendard au sacré cœur !
Un prêtre sans chapeau confesse en plein soleil ! J’admire ! De quoi devenir invalide, définitivement !

 


Un gros nuage nous donne un semblant de fraîcheur en nous masquant le soleil par intermittence !
Se recueillir après la communion, à genoux sur des pavés disjoints et après plus de 100 Kms relève de la folie, mais qu’elle nous est douce cette folie Mon Dieu !


ITE MISSA EST !

Nous avons droit a un petit discours de clôture du pèlerinage, de remerciement, mais aussi fustigeant les attitudes déplorables de la mairie de Paris et des élus pusillanimes de l'opposition.
Celui ci fini, il faut aider les bénévoles à faire place nette (jeter les bouteilles vides...)

C’est un peu la course ! Les parents récupèrent leurs bambins dans les chapitres enfants ! Ste Ludwine  regroupe les handicapés.
Servir dans ce chapitre est sans doute l’une des plus belles choses qu’on puisse faire dans ce pèlerinage ! Ce n’est pas donné à tout le monde c’est vrai, mais que d’amour à donner, que de joies ...


Reprendre les sacs est plus simple que les autres années
, tout étant balisé admirablement !

 

Nous marchons un peu pour prendre un bus RATP (Balthaz fatigué est juché sur mon chapeau), crevés mais heureux ! D’autres pèlerins montent avec nous !

J’explique à une dame, la quarantaine, d’où nous venons, et elle semble enthousiaste ! Les arrêts défilent, laissant les pèlerins les uns après les autres ...

 

A la maison, nous apprenons la terrible catastrophe aérienne. Nous pleurons, la Tite sœur d’Adso ayant pris l’avion ce matin pour …le canada…quel soulagement  Nul ne connait ni le jour ni l’heure !

Mardi Matin 7h00 le réveil sonne ! D’une main heureuse, je le coupe et nous nous levons, les pieds meurtris, le cœur léger ... Hier, c’était pour nous en quelque sorte un nouveau chemin de Damas, et maintenant, nous partons proclamer le Christ, Notre Route !


Addendum: Les sermons des différents pèlerinages sont disponibles, en mp3 ou papier :
Samedi à Chartres:
Abbé Jacques Laguerie
Dimanche de Pentecôte, Mgr Fellay: ici
Lundi de Pentecôte à Paris, Abbé Nély 

Homélies sur le pèlerinage Paris-Chartres

Rédigé par Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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