De la bénédiction Urbi et Orbi

Publié le 21 Octobre 2015

L’un des bienfaits les plus doux que nous puissions recevoir d’un prêtre, c’est sa bénédiction. Plus encore, la bénédiction du pape, est un bienfait tout à fait profitable pour les fidèles. N’est-ce pas la parole « Venez, les bénis de mon Père », qui ouvrira le ciel à ceux qu’Il a élu ?

Saint Pierre, et ses successeurs ont donné à la bénédiction papale sa forme définitive, en la reliant à la croix. Si dans la forme patriarcale du peuple d’Israël on bénissait en posant simplement la main sur la tête, Jésus n’ayant point béni autrement), la mort du Sauveur sur la croix, ne pouvait que nous rapprocher du divin bois. Au nom de la très Sainte Trinité, on bénit Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Les papes ont donnés cette forme solennelle et définitive à la bénédiction. Si les bénédictions des prêtres et évêques sont tutélaires, celles du Souverain Pontife, sont fécondes d’une manière certaine, et particulière, surtout l’une d’entre elles, celle qui, de par l’Histoire, et de par sa forme, porte un nom célébrissime : la Bénédiction Urbi et Orbi (A la ville et au monde) Le Saint jour de Pâques, elle est donnée du haut du balcon de la loggia de la basilique Saint Pierre ! La basilique, ne peut que nous renvoyer à la parole même du Christ, Tu es Pierre…. En plus de la majesté des lieux, sur laquelle je ne reviens pas, la bénédiction Urbi et Orbi, vient dire à chaque nation « Tu es bénie, ma fille, tes affaires sont bénies ; que la prospérité accompagne chacune de tes entreprises » De fait la prospérité était visible dans les entreprises des nations vraiment chrétiennes.

Tel fut pendant de longs siècles les effets irradiants de la bénédiction papale du haut de la loggia. Les effets de la prise de Rome, longtemps privèrent le peuple chrétien d’une telle bénédiction.

Cette perte désola tant le peuple chrétien, qu’il se fit des prières ardentes pour que, délivré des méchants, le pape revienne bénir son peuple, et puisse rendre à Dieu ce qui aurait été restitué.

Je passe ici sur les heureuses circonstances qui virent le retour de cette bénédiction, pour en souligner toute la magnificence, la solennité dans la forme. Elle ne doit en aucun cas être bradée, et doit revêtir toute la majesté nécessaire.

On voit hélas tout le mépris ou le désintérêt pour le peuple chrétien qu’il y aurait à brader celle-ci, à l’expédier, à la bâcler.

Plus que jamais, la bénédiction Urbi et Orbi doit être CE geste de réconfort que les chrétiens attendent de leur pasteur. Il doit montrer par-là l’importance qu’il accorde à toutes ses brebis, en ne retranchant rien de ce qui est du à Dieu et descend par Dieu, tant dans la forme de cette bénédiction, que dans son objet et sa finalité.

Hélas, une fois de plus, si le peuple chrétien fut privé historiquement, comme une juste punition pour avoir refusé la royauté sociale du Christ, de Sa bénédiction Urbi et Orbi, via son légitime pasteur, de nos jours, ne voit-on pas le nouveau pasteur autrefois Eternel, affadir le sel, en pontifiant négligemment du haut de la loggia, comme s’il s’agissait là d’une corvée.

Où se trouve la magnificence, la magnanimité du geste, l’amour du pasteur, dans ce geste qui sent bon le « finissons en » ?

Prions plus que jamais, pour que la loggia ne redevienne pas le couvercle d’un caveau, pour que reparaisse l’immortel bénisseur dans lequel on peut reconnaitre Pie IX, et ses successeurs, saisissant le Chrisme à pleine main pour faire descendre sur nous la grâce trois fois sainte !

(Document d'appui Joseph Lémann)

Rédigé par Baglialto

Publié dans #Le billet de Zosime

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