Saint Jean Marie Vianney

Publié le 4 Août 2015

Prions aujourd'hui particulièrement pour nos prêtres, et pour tout ceux qui sont persecutés pour leur Amour du Christ !

" Chaque Saint s'est distingué dans l'Eglise par quelque vertu particulière : l'un par son humilité , l'autre par sa charité; celui-ci par son dévouement, celui-là par son amour pour la retraite, etc. Mais la vertu saillante de M. le Curé d'Ars est à peine connue des esprits les plus pénétrants ; car il excellait dans toutes les vertus, au point qu'il a égalé chacun des héros chrétiens par celle en laquelle ceux-ci se sont le plus distingués. En effet il égala, par ses veilles , saint Pierre d'Alcantara; par ses macérations, saint Jean de la Croix; par ses larmes, le grand saint Arsène; par l'humilité, le séraphique saint François d'Assise; par la douceur, saint François de Sales; par la charité, saint Vincent de Paul, etc. Il était, en un mot, rempli du Saint-Esprit. Qui mieux que lui a possédé les dons admirables de l'Esprit-Saint, avec toutes les vertus qui en découlent? Quelle n'était pas sa sagesse, lui qui ne faisait cas que des choses célestes? quelle n'était pas son intelligence, lui qui pénétrait parfois les secrets du ciel, aussi bien que ceux des consciences?quelle n'était pas sa science , lui qui s'entendait si bien à diriger les âmes et qui savait si bien se conduire lui-même? quel n'était pas son don de conseil, lui qui savait si bien discerner ce qui convenait le mieux à chacun, et souvent même avant qu'on lui dévoilà son intérieur, connaissant d'avance le fond des cœurs, par une grâce d'autant plus admirable qu'elle est plus rare de nos jours? quelle n'était pas sa piété, lui qui ne trouvait de goût que dans le service de Dieu , et de la peine qu'à ne pas le servir de toutes ses forces ? quel n'était pas son don de force , lui qui ne reculait devant aucun sacrifice, qui surmontait les plus grands obstacles , afin d'être agréable au Seigneur? quelle n'était pas sa crainte de Dieu, lui qui se crucifiait sans cesse pour lui plaire, et qui craignait souverainement de lui déplaire?... Quant aux fruits du Saint-Esprit, il les posséda également d'une manière admirable. Qui pourrait dire quelle était sa charité, par laquelle il était si intimement uni à Dieu? sa joie, par laquelle il était rempli de consolation ? sa paix, qui le rendait tranquille au milieu même de toutes ~~ les agitations du monde ? sa patience , qui lui faisait supporter de grand cœur, et par amour pour Dieu, toutes les contradictions qu'il éprouvait? sa bénignité, par laquelle il était toujours disposé à soulager son prochain ? sa bonté, qui le rendait bienfaisant envers tous ? sa longanimité, qui le portait à ne se rebuter jamais de rien? sa douceur, qui lui faisait supporter en paix ce que le prochain a d'incommode ? sa foi, par laquelle il croyait avec la plus forte conviction? sa modestie, par laquelle il réglait si bien tout son extérieur? sa continence et sa chasteté, qui conservaient son corps et son esprit dans un état de pureté digne du temple du Saint-Esprit?.., Il est donc fort difficile de faire le discernement de sa vertu dominante, car enfin il en avait une, cela ne peut être autrement, puisque la perfection ne peut se trouver dans ce bas monde, même dans les âmes les plus saintes , excepté en Marie, qu'il ne faut jamais confondre avec le reste des créatures. Je dis plus, M. le Curé d'Ars,, aussi bien que quelque Saint que ce soit, avait sa passion dominante ; mais, je le répète, qui est-ce qui serait capable de la faire connaître ? Ceci est un mystère pour nous; il n'y a que Dieu, son bon Ange et le démon qui sachent quel était son coté faible, en fait de vertu. Cependant quiconque connaît la profondeur des misères du cœur humain et apprécie l'éminence des vertus du saint Prêtre, n'aura pas de peine à croire qu'il devait toujours se reprocher quelques petites lâchetés, la fragilité de notre nature ne pouvant permettre qu'il en soit autrement: voilà peut-être son défaut dominant, celui qui lui fournissait l'occasion de combattre à tous les instants du jour, celui qui pouvait toujours exciter en lui quelques remords, celui qui était sans doute le sujet de toutes les larmes que sa ferveur et son humilité lui faisaient répandre. D'après ces principes, on pourrait regarder comme une sorte de mystère les secrets du cœur de ce célèbre et saint Curé, et traiter de téméraire la prétention de sonder quelle peut être à- nos yeux sa principale vertu ; ce qui est très-difficile. Nous le savons, notre sentiment n'est rien, et nous n'oserions décider cette grave question, que nous estimons être le secret de la vie si admirable qu'il a menée. Toutefois, après avoir sondé les replis du cœur humain et avoir étudié de près le saint Prêtre d'Ars, nous avons cru que sa vertu principale, et qui est en lui comme le principe et le mobile de toutes les autres, c'est sa ferveur...

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Salve

Repost 0