Salve

Publié le 12 Juin 2015

En cette fête du sacré Cœur de Jésus, méditons un, peu avec l'Imitation de sacré-coeur de Jésus Par Pierre Arnoudt

Le Cœur de Jésus nous enseigne à prier dans les afflictions.

Jésus. — Mon Fils, j'étais arrivé au jardin des Olives; un silence profond régnait au loin autour de moi. En ce moment-là, tous les péchés du monde, tous les instruments horribles de ma passion se présentèrent à mon esprit. Mon Cœur en fut tellement oppressé, que moi, qui étais la force des faibles, je commençai d'avoir peur et d'être triste. Mais quand je vins à réfléchir que, malgré tant de douleurs acceptées avec faut d'amour et offertes avec une si grande miséricorde pour le salut des hommes, un si grand ~~ nombre refuseraient de se sauver et ne feraient qu'aggraver leur malheur par leur obstination volontaire, que je n'avais à attendre d'eux que la plus noire ingratitude, la frayeur envahit mon Cœur, et je m'écriai : Mon âme est triste jusqu'à la mort! Je m'éloignai à quelques pas de mes disciples, et, fléchissant les genoux, je me mis à prier. Tandis que la partie inférieure de mon Cœur luttait contre la partie supérieure, mes souffrances s'accrurent à un tel point, qu'une sueur semblable à des gouttes de sang inonda mon visage et ruissela jusqu'à terre : je tombai sur ma face, et étant en agonie je priai longtemps. Et comme ce combat intérieur prolongeait l'agonie, je continuai de prier, disant : Mon Père, si vous le voulez, détournez de moi ce calice; toutefois que votre volonté se fasse, et non la mienne! Encore une fois, mon Père, que votre volonté se fasse! Alors un ange envoyé du ciel m'apparait, non pour enlever le calice de ma passion, que mon Père veut que je boive jusqu'à la lie, mais pour m'encourager à porter volontairement la croix et à mépriser la confusion. Pensez, mon Fils, quel douloureux combat mon Cœur soutint pendant cette nuit, combat vraiment inouï et dont l'issue allait décider du salut du monde. Mon Cœur combattit et résista jusqu'au sang, et il l'emporta; mais ce fut par la prière.

2. Vous avez là, mon Fils, une source abondante de consolations : mon Cœur agonisant et priant, luttant par l'amour et triomphant par l'amour I Voilà jusqu'à quel point j'ai ressenti l'aiguillon des souffrances, jusqu'à quel point j'en ai goûté l'amertume. Tout cela, mon Fils, pour vous instruire, pour vous aider et exciter votre ardeur. Ne vous découragez donc point, et ne soyez pas surpris de trouver de la répugnance à souffrir. Si mon Cœur, quoique saint et parfait, a si vivement ressenti la douleur, faut-il s'étonner que le vôtre la ressente aussi! Vous n'éprouverez jamais tout ce qu'a éprouvé mon Cœur. Dussiez-vous souffrir toute votre vie, vous n'épuiseriez pas même «ne seule goutte du calice que mon Cœur a bu dans le jardin. Quel que soit le dégoût, suivez donc mon exemple: résistez à votre nature au lieu de lui céder. Mais pour le faire avec succès, hâtez-vous, dans toutes vos difficultés et vos angoisses, de recourir à la prière.

3. Si quand vous serez dans la tribulation, Vous recourez à la prière , la tribulation vous sera un gain. Ou la prière vous en délivrera d'une façon méritoire", ou elle vous aidera à la supporter pour votre bien. Venez donc , mon Fils, et, fléchissant le genou, ou du moins humiliant profondément voire Cœur, priez que le calice d'affliction s'éloigne de vous, si c'est la volonté de Dieu; mais que la volonté divine se fasse et non pas la vôtre. Si ce calice ne doit point s'éloigner, demandez la grâce de vous résigner à le boire. Courage, mon Fils; jamais vous n'aurez l'occasion de vous résigner à combattre autant que j'ai combattu. Vous ne serez jamais dans un combat où il vous faudra suer jusqu'au sang. Luttez donc contre vous-même, quelques difficultés que vous éprouviez. Combattez et combattez encore, priez et priez sans relâche, jusqu'à ce que vous ayez rendu votre cœur entièrement conforme à la volonté divine, jusqu'à ce que vous soyez disposé à me suivre partout, quoi qu'il vous en doive coûter.

4. C'est un grand mal, mon Fils, que vous ayez l'habitude, avant de recourir à la prière, d'épuiser toutes les ressources humaines, et de permettre que l'ennemi de votre salut, que les mauvais penchants de votre nature prennent un trop grand empire sur votre cœur. N'écoutez point les suggestions du démon ou de la convoitise : ils cherchent à vous tromper par de fausses raisons. Retranchez tout raisonnement, tout commerce avec eux; venez à mon Cœur le plus tôt possible; vous y trouverez conseil, secours et consolation. Dussé-je vous envoyer un ange du ciel sous une forme visible, vous ne serez point privé de secours et de consolation, si vous priez comme il faut. Que si, malgré vos efforts, vous continuez à sentir de la répugnance, ne vous en affligez pas. Pourvu que vous soyez résigné à la volonté de Dieu, cette répugnance, sentie mais non consentie, loin de vous nuire, vous sera d'un grand avantage. C'est le devoir d'un disciple héroïque de mon Cœur de prier et de faire tous ses efforts pour se vaincre complètement, soit pour porter la nature au bien qui lui répugne, soit pour l'éloigner du mal qui lui sourit.

5. Quand vous priez dans l'affliction, mon fils, vous devez prier avec l'intention d'être résigné soit que vous obteniez votre délivrance , soit que vous receviez à sa place quelque chose de meilleur, c'est-à-dire de plus conforme à la volonté divine, soit que vous goûtiez de la douceur, ou que vous ressentiez de l'amertume. La meilleure prière n'est pas celle où l'on éprouve le plus de consolations; car ce qui est doux n'est pas toujours utile, ce qui est amer n'est pas toujours nuisible. Dans l'état présent de l'homme, le doux est souvent nuisible, et l'amer profitable.

La meilleure prière est celle d'où vous sortirez avec une humilité et une charité plus grandes, avec la résolution d'exécuter le bon plaisir de Dieu malgré toutes les résistances de votre nature, et d'embrasser ce qui vous est le plus contraire. Quel triste spectacle pour Dieu, pour les Anges et les hommes, que de voir certaines personnes se livrer journellement à de longues prières, et n'en sortir qu'avec des fautes de négligence, des abus de la grâce, un orgueil et un amour-propre plus délicats; de ne les voir pas mieux disposées à remplit leurs devoirs, à supporter les défauts du prochain, à détruire leurs mauvais penchants 1 Pour vous, mon Fils, priez mieux, ainsi que je vous l'ai appris par mon exemple. Priez et domptez voire nature; priez et soumettez vous à la volonté de Dieu. Ces violents efforts ne seront pas longtemps nécessaires. Encore un peu de temps, et vous n'aurez plus besoin de vous préparer, de vous animer aux tribulations; vous participerez aux triomphes des Saints, qui tous sont venus d'une grande tribulation, et qui maintenant sont ravis dans un excès de félicités perpétuelles et tressaillent à jamais de joie.

6. Le Disciple. — Mille actions de grâces vous sont rendues, ô bon Jésus, vraie consolateur des affligés, pour les consolations si suaves que vous m'envoyez au milieu des amertumes de la souffrance, et pour les remèdes à tous les genres d'afflictions que vous m'avez procurés par vos sacritices. Par lout ce que vous avez daigné souffrir si miséricordieusement, je vois avec une grande consolation que Jes révoltes de la nature ne sauraient nuire à la bonne volonté; car vous ne voyez que l'intention, et c'est à elle seule que vous accordez la paix sur la terre. O Jésus ! la consolation des mortels et la joie des Anges, vous qui dans votre affliction avez eu recours à la prière, faites-moi la grâce d'imiter votre exemple et, quoi qu'il m'en puisse coûler, de me résigner toujours à votre divine volonté. "Votre Cœur, excellent Jésus, est un refuge ouvert à tous les malheureux : considérez, je vous prie, mon infirmité; excitez-moi à y chercher un asile dans tous mes embarras; c'est là que je trouverai du secours, des forces et un courage nouveau O doux Jésus! mon amour et mon unique bien, faites-moi la grâce de reposer avec vous, partout et toujours, dans votre sainte volonté, et d'y persévérer éternellement!

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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