X Jésus dépouillé de ses vêtements

Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus-Christ, souffrant que des mains sacriléges dépouillent votre corps de ses vêtements et le livrent aux regards dévorants de la haine et de l’insulte.

Vos docteurs et les interprètes de votre Évangile ont souvent montré dans votre nudité douloureuse la condamnation des sensualités du monde. Elle est la condamnation de ce luxe imbécile qui persuade à une femme de se faire une idole de son corps, et d’employer toutes les heures de tous ses jours à combiner et à varier ses parures; elle est la condamnation de ces étranges hardiesses auxquelles s’abandonnent à certaines heures et en certaines fêtes des personnes même chrétiennes, oubliant que si la nudité du divin supplicié expie les libertinages du monde, la nudité des fêtes profanes y entretient ce feu sombre de l’impureté qui dessèche et dévore les âmes;

Cependant, Seigneur, si vraies et si salutaires que soient ces pensées, il en est une autre à laquelle je me suis arrêté davantage parce qu’elle entre mieux dans la suite des enseignements que vous me donnez maintenant.

Vous allez mourir, Seigneur, on va clouer à la croix vos pieds et vos mains. Mais avant ce dernier acte de votre combat, qui décide de tout et remporte toute la victoire, on vous dépouille, on arrache votre robe et jusqu’au dernier de vos vêtements. Qu’est-ce à dire, si ce n’est qu’il y a donc à la mort une préparation, un prélude, des dispositions particulières destinées à rendre les mouvements du sacrifice plus libres, et, si j’ose le dire, la mort plus commode.

Ces dispositions sont celles du détachement intérieur par lequel une âme s’exerce de loin à mourir, en quittant par avance en esprit tout ce qu’elle aime sur terre. Si le détachement allait jusqu’à paralyser dans le cœur la faculté d’aimer, comme il arrive en certaines natures mal réglées ou prédisposées à l’indifférence, il n’aboutirait qu’à une merveille d’égoïsme, sans mérite devant Dieu comme sans peine et sans sacrifice; mais pour les âmes douées de vie, le détachement est une vertu‘ d’autant plus difficile, qu’elle n’épuise ni n’affaiblit l’amour, et qu’ainsi une âme se trouve conduite à quitter intérieurement des objets qu’elle n’a pas cessé, qu’elle ne cessera pas d’aimer. Là est le sacrifice, là l’effort, là le combat renouvelé de chaque jour.

Et cependant il faudra mourir, et quelle plus grande force contre les surprises et les étonnantes propositions de la mort que cette mort elle même prévue de loin et préparée par le dégagement intérieur de ces liens terrestres qu’il est si dur de rompre tous à la fois en un seul moment? O .Iésus, dépouillé de tout vêtement, aidez moi, à m'abandonner entre vos mains !

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

Repost 0