VII Jésus tombe une seconde fois

Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus, tombant pour la seconde fois sur la voie douloureuse. Ce n’est pas en vain, Seigneur, que la tradition nous parle de trois chutes qui interrompent votre marche du prétoire au Calvaire. Elle veut par là nous faire entendre combien vous accable le poids de cette croix lourde de tous les péchés du monde.

Et vraiment, si j’y réfléchis, je n’ai pas de peine à comprendre votre extraordinaire accablement. Quand je pense aux épaisses vapeurs d'impiété et d’ignominie qui en une seule nuit s’élèvent de nos cités vers vous, quand je lis une seule page de l’histoire, cette conscience écrite du genre humain, quand j’interroge ma propre conscience et que je remonte jusqu’à sa source le fleuve de fautes et de péchés qui sillonne ma vie, je m’étonne plutôt, mon Dieu, que vous puissiez endurer la terre et que vous usiez envers vos indignes serviteurs d’une si longue patience. Ah, sans doute, tant de crimes n’ont été tolérés par la justice éternelle que par- la grâce du sang divin qui les couvre, et Dieu n’a supporté le monde qu’en voyant le Christ porter la croix.

Qu’ai-je besoin, après cela, qu’on m’exhorte au repentir de mes fautes? Vos mortelles défaillances sous le poids des péchés du monde m’en disent assez. La douleur et la confusion couvrent ma face; je voudrais vous arracher au joug sanglant de cette croix; mais que deviendrai-je si vous la quittez ? Toute la terre coupable réclame un Sauveur, et je suis un fils de cette terre de péché, atteint du double mal de mes pères dans la chair et dans l’esprit. Courage donc, ô Christ! Hélas! courage! relevez-vous, et recommencez votre marche vers la mort; car si votre sacrifice continué me remplit de douleur, votre sacrifice interrompu me remplit de terreurs et d’angoisses, et me fait trop sentir que s’il ne s’achève pas nous sommes perdus l

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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