VI Sainte Véronique s'avance pour essuyer la face de Jésus

Publié le 3 Avril 2015

VI Sainte Véronique s'avance pour essuyer la face de Jésus

Je vous adore, Seigneur Jésus, tandis que la pieuse Véronique essuie d’un linge votre visage baigné de sueurs, de larmes et de sang.

Vos traits défigurés, meurtris, votre démarche brisée, vos vêtements souillés, n’ont pas trompé la sainte femme. C’est en vain que vous réalisez maintenant l’idéal de douleur qui troublait le regard d’Isaïe, c’est en vain que vous êtes «ce lépreux « méprisé, méconnaissable, cet homme «douleurs, abreuvé de souffrances, défiguré, ce visage effacé, ce dernier des « hommes , » que le prophète avouait ne pas reconnaître; l’amour de Véronique ne s’y trompe pas: pour elle vous êtes toujours Jésus!

Rien ne l’arrête, ni la foule pressée qu’il faut fendre, ni les clameurs du peuple, ni la présence des gardes, ni la surveillance haineuse des pharisiens, ni le solennel appareil d’un cortège public, ni le piétinement des chevaux, ni les imprécations des soldats; rien ne la retient, ni fausse pudeur ni crainte de la mort. Elle n’hésite pas, elle s’élance, elle vole, ellevous touche, et ses mains tremblantes de respect essaient tendrement votre divin visage; «tout était impossible : elle a tout osé, « elle a tout fait! i»

O Maître! vous êtes ici le type parfait de toute l’humanité pauvre et souffrante, et Véronique est le type de la charité. Tandis que vous traînez la croix, moins semblable à un homme, ose dire le Psalmiste, « qu’à « un ver de terre,» vous portez en vous toute la personne des pauvres; mais, en retour, le dernier des pauvres qui souffre la faim ou le froid dans l’ombre de nos grandes cités, porte en soi votre personne, ô Jésus-Christ! et c’est l’enseignement positif de votre Évangile.

Comme il y a de vous une présence réelle au sacrement de I’Eucharistie, il y a de vous une autre présence réelle, quoique d’un ordre moins parfait, dans la personne des pauvres ; et c’est pou rquoi vous dites clairement : «Ce que vous avez fait au dernier de ceux-ci, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Plus heureuse que Véronique, dont la main tremblante ne toucha qu’une fois «votre visage, la charité chrétienne peut donc, àtoutefiheure et à tous moments, sécher vosglarmes, essuyer vos sueurs, recueillir les gouttes de votre sang sur le visage de vos pauvres.

Oh qui nous donnera d’aimer assez vos pauvres?

Qui nous donnera de respecter assez leurs douleurs, et d’y adorer comme le sacrement de votre propre passion? Qui nous donnera de découvrir toujours , sous ces traits défigurés par les misères physiques et les misères morales, les traits de Jésus défiguré?

Qui nous donnera le cœur deVéronique, son espérance indomptable, sonjrrésistible élan, sa per suasion qwelle-vaxsréussir, et le degré d’a mour qu’il faut pour tout achever après avoir tout entrepris?

Vous seul, divin Maître, pouvez allumer en nos âmes ces ïlamà mes de la charité qui voudraient dévorer tous les maux de la terre, et ne s’éteindront pas au cœur de votre Église, tant qu’ici-bas il y aura une douleur! Passez donc, Jésus, divin pauvre, passez maintenant !

Ma résolution est prise et rien ne m’arrêtera, ni les maximes du monde, ni la crainte des jugements des hommes, ni même l’hésitation d’une modestie trompeuse.

Envoyez-moi vos pauvres, montrezmoi des pauvres et je courrai vers eux d’un cœur vraiment fraternel; vous aiderez, Seigneur, ma bonne volonté, vous suppléerez à mon inexpérience, vous m’apprendrez à être respectueux, délicat, discret envers leurs malheurs, vous serez le soutien de mon espérance et le prix de mes efforts et quand le voile de la charité touche le visage des pauvres, le visage de Jésus s’y grave pour l’éternité

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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