V Simon aide Jésus à porter sa Croix

Publié le 3 Avril 2015

V Simon aide Jésus à porter sa Croix

Je vous adore, Seigneur Jésus, soutenu dans votre marche douloureuse par le Cyrénéen.

Votre indulgence envers cet homme est admirable, Seigneur. Les Évangélistes nous le montrent dans la simple vérité de sa nature; il revenait de ses champs; il rencontre le cortége, et se trouve près de vous à l’instant de votre première défaillance. On l’arrête, on lui crie de déposer ses instruments de travail et de venir vous aider à porter la croix. Il s’agit d’un service public , et il n’y a pas à refuser.

Simon vient donc, s’approche de vous et prend sa part du fardeau.

L’Évangile ne nous dit rien des sentiments dé son cœur. Cet homme est-il seulement fâché qu’on le détourne de ses occupations et qu’on lui demande un labeur imprévu? ou bien, vous voyant si exténué, si écrasé d’un poids insupportable, est-il pris de miséricorde, et secrètement heureux de soulager un pauvre condamné? ou bien enfin ce cœur, quand il s’est trouvé si près de votre cœur divin et sous le poids de cette croix qui allait sauver le monde, ce cœur a-t-il compris, s’est-il ouvert à l’amour, et Simon de Cyrène est il le premier de ces généreux compagnons de vos souffrances qui ne cessent, depuis près de dix-neuf siècles, de se ranger avec vous sous la croix?

Peut-être; et le respect de la tradition pour le Cyrénéen nous permet de le penser. Quoi qu’il en soit, Seigneur, votre indulgence envers ce pauvre homme, dont vous ne refusez point la charité douteuse et les services peut-être intéressés ou contraints, cette extrême indulgence me rassure contre l’infirmité de mon cœur et la langueur de ma charité pour vous.

Je suis un aveugle et un grossier, c’est vrai Je m’impatiente ou je murmure quelquefois, quand l’heure fixée me rappelle au devoir de la prière et à mes exercices de piété; j’y vais souvent par pure obéissance, sans comprendre, sans sentir, sans aimer, comme Simon de Cyrène, quand, sur le commandement du centurion, il entre dans le cortége et charge la croix sur son épaule.

O Jésus! qui acceptez ce secours tel quel, et qui le récompensez comme sait faire un Dieu, ne refusez pas l’imperfection de mes faibles efforts; tout indigne que je suis de porter le nom de chrétien et d’avoir part à vos saints mystères par la pesanteur de ma nature et mon incurable insensibilité , laissez-moi m’approcher de vous, laissez-moi mettre mes mains près de vos mains, mon cœur près de votre cœur, et vous servir comme je le pourrai! Mais surtout, ô Jésus! qui ne méprisez point le pauvre serviteur de Cyrène, enseignez-moi à ne mépriser aucun service des hommes, et à recevoir avec respect les plus petits efforts de leur bonne volonté.

En justice, Seigneur, vous êtes l’unique objet de tout amour, tandis qu’en justice encore je ne mérite ni d’être aimé ni d’être servi. Uattention des hommes pour moi n’a donc que de quoi me confondre, et, bien loin ‘de l’exiger durement de ceux que leur office ou leur charité met à mon service, je dois n’en user qu’avec réserve et ne l’accepter qu’avec une humble reconnaissance.

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :