III Jésus tombe sous le poids de sa Croix

Publié le 3 Avril 2015

Je vous adore, Seigneur Jésus, succombant sous le faix de la croix.

Vous l’avez reçue tout à l’heure avec un courage plein d’amour pour les hommes, et le triste cortège s’est mis en marche. Mais plus la victime avance, plus s’augmentent les angoisses du sacrifice. Cette croix tout à l’heure supportée devient écrasante.

Ainsi en est-il des douleurs de la vie humaine, quand elles s’accumulent avec le temps. On voit de ces âmes frappées, fortes d’abord et courageuses, mais accablées à la longue et comme écrasées sous le poids croissant de leurs peines.

C’est un fils qu’on avait perdu, mais deux restaient; la mort en ravit encore un, puis l’autre. C’en est trop et toute force s’évanouit, la croix est trop lourde; ce n’est plus cette croix de tout à l’heure qu’on pouvait encore porter, c’est une montagne, c’est un monde de douleurs. Dame défaille et tombe sur les ruines de tout ce qu’elle aima.

O pauvre âme ! quand tu seras revenue de cet étourdissement de douleur, je ne veux pas te parler d’autre chose que de Jésus tombant sous le poids de sa croix. Regarde-le, regarde-le de près, et je ne veux même point t’en"dire davantage; lui seul saura [graphic] te parler, lui seul a les paroles de la vie. éternelle capables de ressusciter les âmes du désespoir, cette pire des agonies.

O Verbe éternel!

ô Fils de Dieu! consubstantiel avec lui dans la plénitude de votre génération éternelle, impassible dans la nature divine par laquelle vous n’êtes qu’un avec le Père et l’Esprit, distinct seulement par la personne, je vous rends grâce de ce que, revêtant notre humanité, vous avez voulu descendre jusqu’aux dernières profondeurs de ses faiblesses et de ses défaillances. Vous pouviez opérer le salut du monde sans cet excès d’abaissement, mais vous ne pouviez sans lui nous consoler à l’heure des découragements extrêmes. Il nous fallait un sauveur qui eût senti comme nous le poids surchargé de la croix, et qui nous apprit par ses propres défaillances à ne point nous mépriser dans ces moments de détresse.

Votre chute mystérieuse me réconcilie avec mon infirmité. Elle n’interrompt pas votre sacrifice; elle ne vous empêchera pas d’atteindre le sommet du Calvaire. Vous vous relevez et vous recommencez votre marche.

O Jésus ! quand toute force m’abandonnera, quand la croix sera trop lourde, quand je succomberai, relevez-moi, et, m’appuyant sur votre main, donnez-moi de reprendre avec vous ce chemin des peines et des difficultés de chaque jour, où doit se montrer surtout la vertu du chrétien.

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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