II Jésus est chargé de sa Croix

Publié le 3 Avril 2015

II Jésus est chargé de sa Croix

Je vous adore, Seigneur Jésus, recevant sans murmure le fardeau de la croix, et pliant de corps sous ce faix douloureux sans rien perdre dans l’ame de votre divin courage.

Vous me disiez naguère que pour être votre disciple il faut porter la croix et vous suivre; et l’Église, interprétant ces paroles, m’a souvent enseigné le devoir de la mortification et les saintes nécessités de la pénitence. Seigneur, vous le savez, ma nature lâche et faible n’a jamais bien accepté ce langage, et souvent, après qu’on m’avait parlé des obligations de la pénitence chrétienne, je me suis pris à me dire avec ennui: Que veut-on de moi? Que faire?

— L’ exemple de votre obéissance résignée m’est une excellente réponse; car la première des mortifications est de supporter avec courage les épreuves inévitables de la vie, et de recevoir sans révolte le fardeau de la croix dont la Providence nous ordonne l’acceptation. Quelle croix, Seigneur?

— Hélas! est-il besoin d’énumérer toutes les formes que peut prendre la douleur à notre égard ? N’y a-t-il pas une lourde croix dans les maladies? une croix plus lourde dans les maladies de ceux que nous aimons, et dans les défaillances intérieures que nous donne alors l’inquiétude ? N’y a-t-ilpas une croix dans les angoisses de la mère qui craint pour la vertu de ses fils, et ne peut déjà plus rien que prier?

N’y a-t-il pas une croix dans les mécomptes du cœur, dans les espérances déçues, dans les efforts inutiles, dans la bonne volonté vaincue, dans l’inconstance des affections, dans la perpétuelle instabilité des choses’ d’ici-bas, et enfin dans cette loi de la mort, qui est adorablement grande et belle vue du côté du ciel, mais qui du côté de la terre n’est que larmes, deuil, déchirements, séparation de ceux qui n’étaient qu‘un, contradiction de la nature primitive, dont l'instinct essentiel était l’immortalité? Voilà les croix de chaque jour et de chaque heure, car, sur la terre, où n’est pas la douleur dans le corps et dans l’âme, et où n’est pas la mort?

O Jésus! chargé de la croix sans résis tance, et silencieux par amour sous l’accablement d’un tel fardeau, apprenez-moi quand l’heure viendra de souffrir (et si elle n’est venue, cette heure peut-elle tarder ?), apprenez-moi la résignation, le courage chrétien, la sagesse qui mesure les plaintes et ne donne rien à de vains murmures.

Donnez-moi plus que cela, ô Jésus! donnez-moi l’amour, l’amour qui a ses secrets, l’amour qui transforme toutes choses et jusques à la mort même, et surtout la mort!

Que l’exemple de votre force résignée me soutienne dans le moment des douloureuses étreintes, et que, si le corps ploie, l’âme demeure dans la ferme assurance de ses résolutions et dans l’acceptation en foi de son sacrifice.

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

Repost 0