I Jésus est condamné à mort !

Publié le 3 Avril 2015

I Jésus est condamné à mort !

~~ Je vous adore, Seigneur Jésus, traîné de tribunal en tribunal, écoutant en silence les calomnies des faux témoins qui vous accusent et les clameurs de la foule qui réclame. " votre perte.

Je vous adore trahi par Judas, saisi comme un voleur par les valets des pharisiens, conduit au tribunal des grands prêtres, renvoyé par Caïphe au prétoire des Romains, interrogé par Pilate, renvoyé par Pilate à Hérode, roi des Juifs, méprisé par Hérode, renvoyé par Hérode à Pilate, jugé par Pilate avec une lâche indifférence, et enfin livré par lui à la furie du peuple.

Seigneur, le monde est souvent un prétoire, et ce n’est pas toujours assez de l’innocence pour y défendre des baisers de Judas, des mépris d’Hérode, du froid et cruel abandon de Pilate, de la haine même de ceux qui ne nous connaissent pas, et auxquels nous n’avons fait que du bien.

Il y a les jugements impitoyables des hommes, les calomnies des faux témoins, les suppositions perfides, les malveillances gratuites, les lâches silences de ceux qui n’auraient qu’un mot à dire, l’ingratitude; et, sans supposer l'acharnement de si cruels ennemis, il y a toujours l’inintelligence des hommes, l’inévitable malentendu qui fait le fond de la vie humaine, la malignité de la faiblesse, qui se soulage en observant la faiblesse des autres, les amitiés les meilleures quelquefois trompées ou fautives; partout quelque misère, partout quelque manque ou quelque dommage; car telle est la terre depuis qu’elle est livrée à la dispute du bien et du mal.

Seigneur, je dois trouver dans les souvenirs de votre jugement et de votre injuste condamnation une grâce inépuisable de patience et de douceur, et la force d’étre toujours et quand même très-ind ulgent envers les hommes.

Presque toujours les hommes sont impitoyables par inintelligence. Hérode vous a cru fou; Pilate ne comprenait rien aux titres de votre royauté mystérieuse. Tout ce peuple qui demandait. que votre sang retombât sur lui, savait-il qu’une seule goutte de ce sang divin suffisait à sauver le monde? Si tels sont les hommes dans leurs grandes cruautés, tels sont-ils davantage encore dans leur malice quotidienne et dans la malveillance vulgaire de leurs jugements. Habituez-moi donc, Seigneur, à ces conditions inévitables de la terre et à la vue simple et sans colère de ces tristes faiblesses.

Apprenez-moi à pardonner toujours, à oublier toujours, à aimer les hommes avec désillusion et désintéressement : seul l’amour désintéressé est invincible ! D’ailleurs les jugements du monde, sacriléges contre vous, sont souvent trop justes contre moi; car vous étiez tout innocence, et moi je suis tout misère et tout péché.

Enseignez-moi donc à baisser la tête devant la justice dure, mais juste, de ceux qui me blâment ou me méprisent; et si enfin je dois ressentir une crainte à l’égard des ju gements sévères, que ce soit non la crainte de les subir, mais plutôt celle de les porter.

O Jésus ! silencieux entre la terre qui vous accuse et le ciel tout entier prêt à votre défense, touchez mes lèvres, fermezles pour jamais aux paroles blessantes ou accusatrices; éteignez-y les flammes de la vengeance et jusqu’à l’ardeur de paraître toujours justifié.

Apprenez-moi que pour vous imiter il faut savoir céder de ses droits, et que souvent, après qu’on s’est senti vengé dans votre cœur, il n’y a rien à faire parmi les hommes qu’à se taire.

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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