Du mercredi Saint

Publié le 1 Avril 2015

JOUR DE PATIENCE. Par Jean-Baptiste-Elie Avrillon

PRATIQUE.

Ne perdez point aujourd'hui la présence de Jésus souffrant, dont le prophète Isaïe nous fait une si vive peinture et un si douloureux détail dans l'épître de la sainte messe. Ne vous appliquez pas seulement aux outrages et aux douleurs excessives qu'il endure, mais à la douceur et à la patience héroïque qu'il pratique en souffrant.

Gémissez souvent dans la journée sur vos impatiences passées , et qui vous ont ravi tout le mérite que vous auriez remporté de vos souffrances. Ne vous plaignez de rien; quelque chose que vous enduriez, persuadez-vous que vos souffrances ne sont rien en comparaison de celles de Jésus-Christ, et que vous méritiez de souffrir , parce que vous êtes pécheur. Faites donc souvent des actes de soumission, d'acquiescement, de conformité à la volonté de Dieu, avec un cœur toujours disposé à souffrir : c'est ainsi que vous acquerrez la patience, et que vous mériterez les couronnes éternelles qui vous sont préparées.

MÉDITATION SUR LA PATIENCE, Tirée de l'Epître.

Il nous a paru un objet de mépris, le dernier des hommes, un homme de douleur , qui sait ce que c'est que de souffrir. (Isaïe 55. )

Rien n'est plus fort ni plus pressant, pour nous engager à la patience, que l'exemple d'un Dieu Sauveur. Ce qu'en disent les évangélistes est divin pour établir la patience d'un chrétien sur celle que Jésus-Christ a pratiquée dans sa vie mortelle , et surtout dans Je cours de sa passion: mais ce qu'en dit le prophète Isaïe a , dans un sens , encore plus de poids , et porte un caractère singulier de divinité qui en impose, parce quil parle huit cents ans avant; que sa prophétie a été justifiée par l'événement, et qu'il en marque toutes les circonstances , comme s'il avoit vu ce Sauveur sur le Calvaire entre les mains de ses bourreaux; au lieu que les évangélistes ne disent que ce qui s'est passé. Nous l'avons vu, dit ce prophète; c'est à-dire , par l'esprit de Dieu , sans beauté et sans éclat.

Il nous a paru un objet de mépris, un homme de-douleur qui sait ce que c'est que de souffrir.

En effet, il a souffert la soif, la faim : il a pleuré, il a soupiré, il a été outragé et couvert de plaies et de meurtrissures , dit le prophète: ce n'est pas assez; il a enduré avec une patience héroïque toutes ces douleurs. Voilà le divin original que nous devons imiter; voilà le modèle de patience que l'Eglise nous met aujourd'hui devant les veux; c'est à nous à le suivre.

Comparez à présent avec confusion ce que vous souffrez et ce que vous avez jamais souffert avec ce qu'endure cet Homme de douleur, cette beauté sans pareille, devenue difforme et méconnoissable par ses plaies innombrables , cette sainteté deshonorée; ce souverain méprisé , et devenu Je dernier des hommes; et cet auteur de la vie exposé à souffrir le plus cruel et le plus honteux de tous les genres de mort.

N'en demeurez pas là; mais comparez la manière dont il souffre avec la vôtre. Vous verrez dans ce Dieu souffrant une douceur , une paix , un silence et une patience héroïque , quoiqu'il endure les plus cruels supplices; et vous ne verrez peut-être en vous que plaintes, que murmures et qu'impatiences , quoique vos douleurs ne soient rien en comparaison des siennes , quoiqu'il soit innocent, et que vous soyez pécheur.

Gémissez d'être si peu conforme à ce divin modèle , qui n'a souffert que pour vous délivrer de la mort et de l'enfer , et pour vous donner en sa personne un exemple de patience. Rougissez même de ne pas ressemblera ces premiers chrétiens, lesquels, avec un cœur et une chair sensibles, comme vous, souffroient cependant avec tant de patience , que l'apôtre saint Paul leur met ces admirables paroles en la bouche : Nous vous glorifions dans les afflictions , persuadés que l'affliction produit la patience; la patience , l'épreuve; l'épreuve, l'espérance , et que l'espérance n'est point trompeuse.

Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial

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