Du Chemin de Croix au Colisée...

Publié le 23 Février 2015

par barbier de Montault

Le Chemin de la Croix se fait, l'après-midi, dans l'intérieur du Colisée, tous les vendredis et dimanches de l'année, mais plus particulièrement pendant le carême. A cet effet, le bienheureux Léonard de Port-Maurice institua la Confrérie des Amants de Jésus et de Marie au Calvaire, qui fut érigée en archiconfrérie par Benoît XIV, en 1750. Le Pape en est le protecteur et un Cardinal désigné par lui le directeur. Les confrères portent un sac gris avec une croix rouge au côté, sont ceints d'une corde, marchent pieds nus avec des sandales et ont la figure couverte d'un capuchon. Les consœurs sont entièrement vêtues de noir et voilées. Le Colisée a été restauré d'abord par Clément X, puis par Benoît XIV qui y établit les quatorze stations du Chemin de la Croix.

Chaque station forme un édicule séparé, flanqué de deux colonnes et surmonté d'un fronton où est placée la croix de bois bénite à laquelle est attachée l'indulgence. En bas est un agenouilloir de pierre. Chaque station est désignée par une inscription et une fresque protégée par une grille de fer. On y entretient une lampe allumée pendant l'exercice du Chemin de la Croix. Les sujets des quatorze stations sont:

1. Jésus condamné à mort. 2. Jésus recevant la croix sur ses épaules. 3. Jésus tombant une première fois sous le poids de la croix. 4. Jésus rencontrant sa sainte Mère. 5. Jésus aidé par Simon le Cyrénéen. 6. Jésus essuyé au visage par Ste. Véronique. 7. Jésus tombant une seconde fois. 8. Jésus consolant les femmes de Jérusalem. 9. Jésus tombant une troisième fois. 10. Jésus dépouillé de ses vêtements et abreuvé de fiel. 11. Jésus cloué sur la croix. 12. Jésus mourant sur la croix. 13. Jésus déposé de la croix dans les bras de sa Mère. 14. Jésus mis au tombeau.

Les confrères se réunissent dans leur oratoire voisin de l'église des SS. Côme et Damien au Forum, d'où part la procession qui défile dans cet ordre: Trois confrères portant la croix et deux lanternes. Les confrères deux à deux. Le prédicateur, de l'ordre des Mineurs réformés du couvent de S. Bonaventure. Le chapelain, en surplis et étole. Les femmes en groupe, la première et la plus digne portant une croix de bois peinte en noir. Tous récitent dévotement le chapelet. Arrivée au Colisée, la procession se dirige vers la tribune où elle assiste au sermon italien, les confrères se tenant debout. Après le sermon, la procession se remet en marche et visite les stations l'une après l'autre, de cette manière:

~~Les chantres entonnent le verset Adoramus te, Ckriste, et benedicimus tibi, auquel tous répondent: Quia per sanctam Crucem tuam redemisti mundum.

Le prêtre lit une courte considération sur le sujet de la station. On récite ensuite un Pater et un Ave ainsi que le verset Miserere nostri, Domine, miserere nostri.

En passant d'une station à l'autre, les chantres chantent le cantique L'orme sanguigne, le peuple répondant par ce refrain: Vi prego, o Gesù buono, Per la vostra Passion Darci il perdono.

Quand le parcours des stations est terminé, les confrères se réunissent au pied de la grande croix de bois plantée au milieu du Colisée, et récitent les prières suivantes en l'honneur de la croix et des saints martyrs qui y furent mis à mort. OREMUS. Deus, qui Unigeniti Filii tui pretioso sanguine viviflcae Crucls vexillum sanctiflcare voluisti: concede, quaesumus, eos qui ejusdem Sanctae Crucis gaudent honore, tua quoque ubique protectione gaudere. Per eumdem Christum Dominum nostrum. ». Amen.

Immédiatement, on dit trois Pater et Ave: le premier en l'honneur des saints martyrs qui ont souffert en ce saint lieu; le second pour le Souverain Pontife régnant; le troisième pour les personnes qui se sont recommandées aux prières de l'archiconfrérie et pour le Pape Benoît XIV, de sainte mémoire, son fondateur.

L'on ajoute l'antienne suivante: Antienne. Istorum est enim regnum cœlorum ...

~~Pie VII, par rescrit du 6 avril 1816, a accordé à tous ceux qui méditeront sur la passion et la mort de N. S. à l'aide du livre publié à Rome chez Michel Puccinelli, chaque vendredi de Carême, une indulgence de 300 jours et s'ils pratiquent cet exercice pendant les sept vendredis consécutifs, une indulgence plénière, un vendredi à leur choix, pourvu qu'ils se confessent, communient et prient pour la Sainte Eglise. Grégoire XVI, par rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences du 4 août 1837, a autorisé les personnes qui n'ont pas le livre susdit à remplacer la méditation indiquée par la récitation de sept Pater, Ave et Gloria, dans une église ou oratoire public, devant un crucifix.

Rédigé par Baglialto

Publié dans #Histoire

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