Chapelle papale pour la Purification de la Sainte Vierge

Publié le 2 Février 2015

Le 2 Février. — Bénédiction et distribution des cierges ; Procession. & Te Deum.

La procession que l'Église fait dans ce jour a une origine un peu moins ancienne que la fête elle-même. Le pape saint Gélase L’élu en 492, établit à Rome la fête de la Purification, que l'on célébrait depuis long-temps en Orient, voulant substituer ainsi aux superstitions païennes une fête chrétienne qui effaçât l'origine des anciennes Lupercales. Le pape saint Serge, élu en 687, institua la procession, qui se rendait de Saint-Adrien à Sainte-Marie Majeure , à laquelle le Pontife, le clergé et le peuple assistaient, tenant des cierges bénits et allumés. Ce rit a continué d'être en usage dans toute l'Église.

Ce n'est que depuis 1839 que cette cérémonie est célébrée dans la basilique Vaticane. Elle l'était précédemment dans la chapelle du palais apostolique; mais Grégoire XVI, voulant se rendre au vœu qui lui était exprimé, et faciliter aux étrangers l'assistance aux cérémonies romaines, décida qu'à l'avenir on la célébrerait dans l'église de Saint-Pierre, où l'on observe les mêmes dispositions que nous avons déjà fait connaître. Les pères Pénitenciers assistent à la cérémonie; ils se placent à droite du trône, sur le banc des Évêques non assistants. Les quatre Prélats di fiocchetti se placent derrière le banc des Cardinaux-Diacres, avant les Protonotaires apostoliques. Le souverain Pontife arrive, porté sur la sedia, en chape et étole rouge, couvert de la mitre d'or; après la Septuagésime, l'étole est violette et la mitre d'argent. Les Cardinaux rendent l'obédience au Pape, assis sur son trône, et revenus à leurs bancs, ils se revêtent des habits sacrés de leurs ordres. Les Cardinaux-Diacres portent leur chasuble repliée par devant; ils ne mettent la dalmatique que dans les grandes fonctions pontificales; tous portent la mitre blanche. Les deux derniers Cardinaux-Diacres vont occuper sur le trône la place des deux premiers Cardinaux assistants, jusqu'à ce que ces deux derniers aient revêtu la chasuble à la diaconale, et qu'ils aient repris leur place ordinaire. Les Patriarches, Archevêques, Évêques, et les Abbés mitrés, portent leur chape violette et leur mitre de toile blanche; les pères Pénitenciers, leur chasuble violette; les Auditeurs de rote, les Clercs de la chambre, les Votants de signature et les Abréviateurs, la cotte et le rochet.

On a disposé, à gauche de l'autel, dans des caisses, les cierges à bénir; sur l'autel sont placés d'autres cierges, garnis de pierreries de diverses couleurs, de franges d'or et de soie, ornées des armes du Pape. Le Prélat-Sacristain, en chape violette, accompagné du Diacre et du Sous-Diacre d'office, portant, le premier l'aube et l'étole, le second l'aube et le cordon, se mettent à genoux sur les marches de l'autel : le second Maître des cérémonies leur donne trois cierges, placés sur l'autel; le plus petit d'entre eux doit être tenu par le Pape à la procession, à l'évangile et à l'élévation; celui-là est remis au Prélat-Sacristain; les deux autres au Diacre et au Sous-Diacre. Il se rendent ensuite au trône, se mettent à genoux sur la plate-forme, et tiennent les cierges élevés. Le Pontife commence les prières; il bénit les cierges qui lui sont présentés, ceux qui sont restés sur l'autel et ceux qui sont dans les caisses, et les encense du haut de son trône. Les prières terminées, le Gouverneur présente au Cardinal-Doyen, qui s'est rendu avec lui sur le palier du trône, les trois cierges, que le Doyen du Sacré-Collége offre au Pape l'un après l'autre, en baisant chaque fois le cierge et la main de Sa Sainteté. Le Pontife les remet au Cardinal-Diacre assistant, qui les passe au premier Maître des cérémonies; ce dernier en remet un au Prince assistant, qui le garde pour s'en servir pendant la fonction; le plus petit est remis au Camérier secret échanson, qui le porte quand le Pape ne le tient pas. Un Clerc de la chambre recouvre les genoux du Pape du grémial blanc, bordé de dentelle, et orné d'une croix d'or au milieu. Sa Sainteté commence alors la distribution des cierges: les Cardinaux vont recevoir les leurs des mains du Pape; le Cardinal-Doyen est le premier à le recevoir; il baise le cierge, la main et le genou droit de Sa Sainteté; les Chantres entonnent et continuent l'antienne Lumen ad revelationem gentium. Les Patriarches, les Évêques assistants et tous les dignitaires ecclésiastiques et civils de la cour romaine que nous avons fait connaître, vont recevoir également le cierge bénit des mains du Pontife, devant lequel ils se mettent à genoux, et baisent le cierge et le pied du Pape; le Prêtre-Assistant, le Diacre et le Sous-Diacre d'office, sont les derniers à le recevoir. Les ambassadeurs , les étrangers de distinction, les ecclésiastiques, les religieux, les militaires, les laïques qui ont été désignés par le prélat Majordome, sont admis à recevoir également la bougie bénite des mains du Pape.

Cependant le Capitaine - Commandant, les Officiers et les Gardes-Nobles, se rangent en bataille devant l'autel; à droite et à gauche prennent place les Curseurs pontificaux et les Massiers. La distribution des cierges finie, le souverain Pontife se lave les mains : l'eau est versée par le Prince assistant au trône, en suivant le cérémonial déjà décrit. Le Pape récite ensuite l'oraison Exaudi, quœsumus. Si la cérémonie est célébrée dans le temps de la Septuagésime, le premier Diacre assistant chante le Flectamus genua, et le second répond : Levate. Le Pape bénit l'encens; le dernier Auditeur de rote, en tunique violette, prend la croix papale, et le premier Diacre assistant, tourné vers le peuple, prononce ces paroles : Procedamus in pace, auxquelles le peuple répond : In nomine Christi. Amen. La procession se forme, et se met en marche. Tous ceux qui la composent portent leur cierge allumé. Les Chantres entonnent l'antienne Adorna thalamum

Voici l'ordre du cortége:

Un Maître des cérémonies avec les Procureurs des collèges;

Le Prédicateur apostolique et le Confesseur de la Famille pontificale;

Les Procureurs-Généraux d'ordres religieux, les Bussolanti;

Les Adjudants de chambre, les Chapelains du commun;

Les Clercs secrets, les Chapelains d'honneur et secrets;

Les Avocats consistoriaux, les Camériers d'honneur;

Les Camériers secrets surnuméraires, les Camériers secrets participants;

Les Chapelains-Chantres de la chapelle;

Les Abréviateurs du Parc-Majeur, les Votants de signature; les Clercs de la chambre;

Les Auditeurs de rote et le Maître du Sacré-Palais;

Deux Chapelains secrets, portant, l'un la mitre lamée d'or, et l'autre la mitre précieuse du Pape; le Maître du Sacré Hospice;

Un Votant de signature, portant l'encensoir et la navette;

L'Auditeur de rote, Sous-Diacre apostolique, portant la croix papale, accompagné des deux Votants de signature, Acolytes apostoliques, et suivis des Maîtres-Portiers, Custodes de la croix;

Les Pénitenciers de Saint-Pierre;

Les Abbés mitrés et le Commandeur du Saint-Esprit, portant leur mitre, comme les dignitaires qui suivent;

Les Évêques non assistants au trône, et les Prélats orientaux;

Les Archevêques et Évêques assistants au trône, et les Patriarches;

Les Cardinaux-Diacres, Prêtres et Évêques;

Le Sénateur et les Conservateurs de Rome, le Prieur des Chefs de quartier;

Le Gouverneur de Rome, ayant à sa droite le Prince assistant au trône.

Les deux Cardinaux-Diacres assistants, ne portant point de cierge, précèdent la sedia.

Les Camériers secrets séculiers de cape et d'épée, en habit de ville; les deux premiers Maîtres des cérémonies, l'Ecuyer et le Fourrier majeur; ce dernier réglant la marche des douze Palefreniers qui portent la sedia, surveillés par leur Doyen et le Sous Fourrier; les Capitaines, Officiers et Exempt des Gardes-Nobles; les Capitaines et les Officiers des Suisses, dont quelques-uns, portant leur longue épée, rappellent les cantons catholiques, précèdent et entourent la sedia.

Les prélats Référendaires de signature, en rochet et mantellelta, privilège dont ils jouissent ce jour-là, tiennent les huit bâtons du dais qui recouvre le Pape, porté sur la sedia, tenant son cierge de la main gauche; ornée du paremain brodé, et bénissant le peuple de la droite.

Le Doyen de la rote, assisté de deux Camériers secrets; l'Archiàtre, le premier Adjudant de chambre, en cape rouge, et un Balayeur secret (Scopatore), ne portant point de cierge à la main, comme pouvant être appelés au service du Pontife, marchent derrière la sedia; ils sont eux-mêmes suivis par l'Auditeur de la chambre, le Trésorier et le Majordome, les Protonotaires apostoliques participants et honoraires, les Généraux d'ordres religieux, qui portent leur cierge allumé, et quelquefois parles étrangers de distinction qui ont eu l'honneur de recevoir le leur des mains du Pape.

La procession parcourt l'immense basilique, et rentre au presbytère par le côté de l'évangile. Le souverain Pontife descend de la sedia. Arrivé à l'autel de la Confession, il commence l'introït avec le Cardinal-Célébrant, et se rend ensuite à son trône. A l'évangile et à l'élévation, on allume les cierges, symbole de notre foi. Il n'y a point de sermon ce jour-là en Chapelle, pour ne pas prolonger la cérémonie. A l'offertoire, on chante le motet de Palestrina, Responsum accepit Simeon. La cérémonie se termine d'après le rit ordinaire; mais immédiatement après Vite, missa est, le Pape entonne le Te Deum, d'après une disposition de Clément XI, qui attribua à la protection de la sainte Vierge la conservation de la ville de Rome pendant le tremblement de terre du 2 Février 1703. Il ordonna le jeûne, qui s'observe encore la veille de la fête, et voulut que dans la Chapelle papale du lendemain , le Pontife entonnât l'hymne de la reconnaissance pour le bienfait reçu. La Chapelle papale de la Purification est terminée par la bénédiction solennelle, donnée par le Pape à toute l'assistance. Le souverain Pontife, porté sur la sedia, accompagné du cortège ordinaire, revient à la chapelle de la Pitié, et de là au Vatican.

Le Pape reçoit ce jour-là dans la salle du consistoire, assis sur son trône et entouré des Prélats de sa maison, l'offrande des cierges des églises patriarcales, basiliques, collégiales, des ordres religieux, des églises nationales, des confréries, collèges et séminaires. Ces divers corps sont représentés par des députations qui sont successivement introduites par les Maîtres des cérémonies , et sont admises à présenter leurs offrandes et à baiser les pieds du Pape. Ces cierges sont, pour la plupart, d'un poids considérable, ornés de dessins aux armes de Sa Sainteté et à celles des diverses corporations qui les offrent; ils sont, de plus, garnis de houppes de soie blanche tissée d'or. Le Pape donne aux couvents pauvres et aux autres établissements de bienfaisance une grande partie de ces cierges. Le chapitre de Lorette offre aussi au souverain Pontife un beau cierge élégamment orné, par l'intermédiaire du Secrétaire de la congrégation de la Sainte-Maison de Lorette.

Quand le Pape ne peut assister à la Chapelle de la Purification, ou pendant la vacance du siège, c'est un Cardinal-Évêque qui chante la messe et bénit les cierges; il reçoit le sien des mains du Cardinal-Évêque le plus digne. Les autres membres du Sacré Collège viennent successivement recevoir les leurs des mains du Célébrant; ils le baisent, et s'inclinent; ils ôtent leur mitre avant de le prendre. Les autres dignitaires de la Chapelle s'agenouillent en le recevant, et baisent l'anneau cardinalice

Rédigé par G.Moroni / Baglialto

Publié dans #Ecclésial, #Histoire

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