Chapelle papale dans la basilique Vaticane pour la fête de la Chaire de saint Pierre

Publié le 18 Janvier 2015

le 18 Janvier.

L'institution de cette Chapelle remonte au pontificat de Paul IV. Ce Pontife, animé d'un saint zèle contre les opinions luthériennes, et voulant protester contre les fausses assertions des sectaires, publia, le 23 Janvier 1557, un décret par lequel il ordonna que la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome, tombée en désuétude dans plusieurs églisesserait célébrée dans toute la chrétienté, le 18 Janvier, comme l'était celle de l'établissement de la Chaire du même Apôtre à Antioche, le 22 Février; mais la bulle Ineffabilis du même Pontife, qui prescrit avec plus d'autorité encore cette fête en l'honneur de saint Pierre, ne fut publiée que dans le consistoire du 14 Janvier 1558. L'établissement de cette fête dans toute la chrétienté fut l'origine de cette Chapelle papale, tenue d'abord dans la chapelle des palais apostoliques, célébrée aujourd'hui dans la basilique de Saint-Pierre.

Le Cardinal-Archiprêtre de cette basilique, ou un autre Cardinal-Prêtre ou Évêque, chante la messe ce jour-là en Chapelle papale. Autrefois le dernier Cardinal de l'ordre des Prêtres célébrait les saints mystères, et chaque année le bref pontifical qui permettait à ce Cardinal de dire la messe au maître-autel de SaintPierre , appelé autel Papal ou autel de la Confession, comme on le sait, était appendu à une des colonnes du baldaquin. Les Papes peuvent seuls célébrer la messe sur les autels pontificaux ou privilégiés des basiliques. Quoique Pie VI, par son bref du 20 Décembre 1775, ait désigné le Cardinal-Archiprêtre pour officier ce jour-là, l'expédition du bref ne s'en fait pas moins toutes les années. Pendant la vacance du siége, le bref dont nous parlons ne pouvant être expédié, on place un autel portatif devant l'autel Papal.

Benoît XIV permit aux Évêques assistants au trône, en vertu d'une disposition particulière, de célébrer la messe une fois l'année sur l'autel Papal de la basilique de Saint-Paul hors-desmurs, le jour de la Commémoraison de ce glorieux Apôtre. Nous rappellerons ici qu'à Sainte-Marie-Majeure, outre l'autel Papal principal, il en existe un second dans la chapelle delPresejrio, appelé aussi du Saint-Sacrement, en vertu d'un privilége de SixteQuint, qui fit construire cette chapelle. C'était là que les Papes chantaient matines la nuit de Noël, comme le fit de notre temps Léon XII.

Les Cardinaux et les autres dignitaires qui assistent aux cérémonies pontificales se réunissent dans la chapelle de la Pitié, qui, à l'aide de tentures de damas rouge qui en dérobent la vue, sert de salle de Parements. Dans la pièce contiguë, le Pape dépose son chapeau et l'étole, et il prend la falda; on le revêt dela chape d'argent dans la chapelle, et on lui met la tiare. Précédé et accompagné par les personnages que nous avons fait connaître, et porté sur la sedia, il sort de la chapelle, et se dirige vers l'autel Papal. Le chapitre de Saint-Pierre, les Bénéficiers et Clercs bénéficiers, reçoivent le souverain Pontife au sortir de la chapelle. Les Chantres entonnent aussitôt l'antienne Tu es Petrus. Après avoir adoré le Saint-Sacrement, exposé dans la chapelle de ce nom, le Pape, arrivé au pied du maître-autel, trouve le Cardinal-Célébrant, avec lequel il commence l'introït. Après la récitation du psaume, Sa Sainteté se rend à son trône, placé devant la chaire de Saint-Pierre, en face l'autel : comme à la chapelle Sixtine, le Cardinal le plus ancien de l'ordre des Prêtres et les deux premiers de celui des Diacres, le Prince assistant et le premier Maîtres des cérémonies, occupent leurs places ordinaires sur le palier du trône; les Patriarches, les Archevêques et les Évêques, s'asseoient sur la première marche la plus rapprochée du Pape; les magistrats romains sont placés à droite, sur la troisième marche; les Avocats consistoriaux au-dessous; et, du côté opposé, c'est-à-dire, à gauche, se placent le Doyen de la rote et les deux Camériers secrets; sur l'avant-dernière marche antérieure s'asseoient les Auditeurs de rote, le Maître du SacréPalais, les Clercs de la chambre, les Votants de signature, les Abréviateurs; sur les marches de l'autel sont assis les Camériers secrets participants et honoraires, les Chapelains secrets et d'honneur, les Clercs secrets, les Chapelains du commun, les Adjudants de chambre, enfin les Bussolanti.

Il faut remarquer que toutes les fois que la Chapelle papale se tient dans la basilique Saint-Pierre, le Chanoine-Altariste prend place sur les mêmes marches de l'autel, avant le plus digne des Camériers secrets. Le Sacré-Collége, les Prélats et dignitaires, prennent, sur des bancs disposés dans le presbytère, les places qui leur sont assignées, dans l'ordre que nous avons fait connaître. Le Maître du Sacré-Hospice se place au pied de la chaire où doit se faire entendre l'orateur de cette Chapelle. D'après une concession de Pie VI, regardé comme le restaurateur de Y Académie ecclésiastique , c'est un membre de cette académie qui, ce jour-là, prononce le discours, et publie l'indulgence de trente ans. Les Gardes-Nobles et les Suisses forment la haie autour de l'enceinte; des détachements d'élite de la garde civique et de la troupe de ligne occupent leur place ordinaire dans la nef. Dans les tribunes réservées, et placées autour de l'autel et du presbytère, prennent place le corps diplomatique, les princes romains et les personnes de distinction. Le cérémonial de cette Chapelle est le même que lorsqu'on la tenait dans les palais apostoliques.

Après la messe, le Pape descend du trône, et va se placer au pied de l'autel; un Chanoine de la basilique, Évêque assistant, lui présente à lire l'oraison Ante oculos *', et tandis qu'un autre chanoine, également Évêque assistant, tient la bougie, les Cardinaux récitent, à genoux devant leurs bancs respectifs, la même oraison. Après avoir ainsi prié au pied de l'autel, le Pape, accompagné de son cortége, remonte sur la sedia, revient à la chapelle de la Pitié, où il dépose la chape; précédé de la croix, du chapitre de Saint-Pierre, et suivi par les officiers de sa maison, il rentre au palais du Vatican. Léon XII, en 1829, voulut, pour satisfaire sa piété, célébrer lui-même une messe privée sur l'autel de la Chaire du Prince des Apôtres; il assista ensuite à la Chapelle papale, entouré de tous les dignitaires de sa cour, dans la basilique.

Rédigé par G.Moroni / Baglialto

Publié dans #Histoire, #Ecclésial

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