Natus qui antistes sedis Apostolicae

Publié le 11 Décembre 2014

Natus qui antistes sedis Apostolicae

En des temps très troublés pour la Chrétienté et face à un anti-pape, Sain t Damase Ier que nous fêtons aujourd'hui, tint bon le cap !
Bonne journée


DAMASE 1" (St), pape, né à Guimaraens, en Portugal, fut élu en 366. II avait plus de soixante ans quand il fut élevé au souverain pontificat. N'étant encore que simple diacre de l'église de Saint-Laurent au moment de l'exil du pape Libérius, il avait énergiquement protesté contre l'élection frauduleuse de l'antipape Félix. Damase avait fait serment qu'il ne le reconnaîtrait jamais comme pontife légitime, et il tint parole. Il fut au nombre des prêtres romains qui allèrent visiter Libérius au fond de son exil, dans la Tbrace, s'exposant ainsi à toute la colère de Constance et de la secte violente dont cet empereur s'était fait le pontife.
Pendant que Damase recueillait les suffrages du peuple et du clergé, une faction ayant à sa tête deux hommes actifs et féconds en intrigues, les prêtres Marcel et Faustin, éleva le diacre Ursin au pontificat dans l'église de Saint-Jules. Cette faction prétendit que Damase avait été choisi par les anciens amis de l'antipape Félix, tandis que les électeurs d'Ursin étaient restés fidèles à la mémoire vénérée de Libérius. Les esprits s'échauffèrent. Deux partis se formèrent : les damasiens et les ursiniens. Des imprécations retentirent des deux côtés sur les places publiques. On s'attaquait, on se déchirait. Juventius, gouverneur de Rome, et Julien, intendant des vivres dans cette ville, firent arrêter Ursin, deux de ses diacres, Amance et Loup, qui s'étaient mis à la tête du mouvement, et les exilèrent. Loin de mettre un terme au désordre, cette mesure ne fit que l'accroître. Les deux partis en vinrent aux mains, et le sang coula à flots. Les damasiens pénétrèrent dans l'église de Sirineus (aujourd'hui SainteMarie-Majeure), où les ursiniens étaient assemblés, et se livrèrent, contre ces derniers, à des atrocités qui rappelèrent les horreurs des païens durant les persécutions du troisième siècle. Le sang inonda les dalles du lieu saint. Il n'y avait point à Rome de parti intermédiaire, et le gouverneur était sans force; ne voulant pas assister impuissant à ces scènes hideuses que saint Jérôme a flétries, et qu'Ammien Marcellin, dans sa haine contre les chrétiens, s'est complu à détailler, Juventius prit le parti de s'éloigner de la ville. Ammien élève au nombre de cent trente-sept les ursiniens assommés ou égorgés dans l'église de Sirineus; il n'hésite pas à placer Damase à la tête des assassins, ce qui n'est attesté par aucun autre historien.
Après une amnistie promulguée en 367, les partisans d'Ursin essaient d'occuper l'église mais sont contraints de quitter la Rome. Ils se manifestent à nouveau en 374, à l'occasion d'un procès intenté à Damase par un juif converti, Isaac, puis à nouveau en 380, ce qui vaut à l'affaire d'être évoquée, en 381, au premier concile d'Aquilée, initié par Ambroise de Milan et présidé par Valérien d'Aquilée.
Lors de son élection - une des plus mouvementées (et ensanglantées) de l’histoire de l’Église - sept prêtres et trois diacres, à la tête d'un groupe de fidèles lui reprochent de s'être rallié un certain temps, sous le pontificat précédent, à l'antipape Félix II. Les rebelles désignèrent l'un d'entre eux, Ursin, comme successeur de Libère.
En fait, ces rebelles sont des fonctionnaires ecclésiastiques qui montrent un luxe alimenté par les richesses de l'Église, déjà importantes, qui sont administrées par des diacres, en général irréprochables, comme Damase lui-même. Les rebelles massacrent un certain nombre de fidèles. Damase a des partisans qui font de même. Plus de 130 personnes meurent dans les bagarres entre les deux groupes. Le gouverneur de Rome Prétextat, sous l'autorité impériale, triomphe de la rébellion. L'antipape Ursin doit prendre le chemin de l'exil et meurt après 16 ans de schisme, sans avoir renoncé à ses prétentions.
Damase travailla à la conservation des mœurs et de la discipline ecclésiastique, tint plus, conciles contre les ariens, analhémalisa ou excommunia Ursace, Valens, Aaxence, Apollinaire, Vital et Timothée, hérétiques ou schismatiques, et mourut en 384. Ce pontife a laissé plus, écrits, dont on a une édit., Paris, 1672, ln-8, avec sa Fie, qui se trouve aussi dans la Bibliotheca Palrum, et dans les Epist. rom. pontif., de dom Coustant. On a quelques vers de St Damase dans le Corpus poelarum de Maittaire


On attribue à Damase l’utilisation du latin dans la liturgie romaine, jusque là semble-t-il plus souvent célébrée en grec.
C'est Damase qui charge saint Jérôme de préparer une nouvelle traduction latine des Saintes Écritures: une traduction « scientifique » et critique faite à partir des langues orientales, en comparant des manuscrits et parchemins anciens auxquels il a accès. C'est la Bible dite Vulgate qui fera autorité dans l’Église latine jusqu’à Vatican II, avec un statut de référence quasi officiel pour tout ce qui concerne le texte des Saintes Écritures.
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Rédigé par Cdl Balthasar

Publié dans #Ecclésial, #Salve

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