Messe pontificale du jour de Noël.

Publié le 25 Décembre 2014

Par Gaetano Moroni

C'est encore dans les anciens Ordo romains qu'il nous faut étudier les rites de la messe pontificale du jour de Noël : nous avons déjà dit où elle était célébrée. Le chanoine Benoît trace la route que suivait le Pape en se rendant à Saint-Pierre: Ubiest statio, dit-il, et ibi honorificè cantatur missa, cum omnibus ordinibus sicul decel, et debet ibi accipere toronam in capitesuo, et per mediam urbem, cum processione redire ad palatium, perficere festum coronœ.

Le Pape, se rendant à la station, recevait les hommages des Cardinaux et des Magistrats romains, qui adressaient en public leurs vœux et leurs prières pour le Pontife régnant, qu'ils venaient saluer : Tempora bona habeas, disait le Pontife en les bénissant; et ils répondaient:Tempora bona habeamus omnes; exaudi Christe, disait le clergé; et les Notaires régionnaires répondaient : Domino nostro àDeo deerelo summo Pontificiet universali Papat vita; les Cardinaux ajoutaient: Deus conservet eum, et vivificel eum; ils répetaient trois fois: Salvator mundi, tu illum adjuva; trois fois encore : Sancta Maria, tu illum adjuva. Cet ancien rit, pratiqué le jour de Noël quand le Pape allait dans la basilique, est analogue à celui qui était observé le même jour par les Empereurs grecs à l'égard des Patriarches, dans l'ancienne église de Constantinople, comme nous l'apprend le père Goar, érudit dominicain, dans un manuscrit de la bibliothêque royale de Paris, sous le titre Acclamatio.

L'éloignement des lieux et le* incommodités de la saison engagèrent les Papes à chanter !a troisième messe à Sainte-MarieMajeure, et non à Saint-Pierre. En entrant dans le presbytère de la basilique Libérienne, le Pontife romain recevait des mains d'un Chapelain de l'église une canne, au sommet de laquelle était placée une bougie allumée, dont Sa Sainteté se servait pour mettre le feu à des paquets d'étoupes, attachées aux chapiteaux des colonnes, imitation de cette pluie de feu qui doit mettre fin au monde.

Voici, du reste, le texte si plein de naïveté des divers Ordo romains, nous retraçant les rites sacrés de la solennité de Noël:

Intereà Archidiaconus cum Diaconibus et Subdiaconibus in filo stantibus ad dexteram juxta altare, et Notarii deorsum inchoro pluvialibus induti stantes, Archidiaconus alta voce cum omnibus dicit : Exaudi Christe. Respnndent Notarii : Domino nostro N., à Deo decreto snmmo Pontifici, et universali Papae, vita. Tribus vicibus dicit Archidiaconus cum suis; tribus vicibusrespondent Notarii ■, Tu illum adjuva, sancta Maria. Respondent similiter de unoquoque choro. In fine Kyrie, tribus vicibusArchidiaconus cum Diaconibus et Subdiaconibus, et accipiunl très solidos pro laude.

Pierre Amelius ajoute:

In hac missa communicant omnes in Christo verè famulantes, qui dignitate episcopali non sunt constitutif quoniam taiesper se celebrare populo tenentur.

On a déjà vu au commencement de cet ouvrage quelques-uns des rites observés au couronnement. Le Pape désignait à la messe ceux qui devaient être invités à sa table; il donnait des presbytères, et se rendait à la basilique du pape Zacharie.

Quand le Pape rentrait au patriarcat de Latran , il donnait à tous ceux qui l avaient accompagné un double presbytère,comme le jour de son couronnement. On servait ensuite un brillant festin dans le Triclinium, auquel le Pape et la cour pontificale assistaient. Sa Sainteté était seule à sa table; les tables des convives étaient pincées à droite et à gauche. Les Cardinaux et les autres Prélats conservaient leur mitre et leurs habits sacrés; un CardinalDiacre, en chape, faisait la lecture. Les Chantres qui avaient exécuté des hymnes pendant le repas, venaient baiser les pieds au Pape, et en recevaient une coupe de vin et une pièce de monnaie. Les Cardinaux conduisaient Sa Sainteté dans ses appartements. Réunis aux autres Prélats, ils montaient à cheval, et, la mitre sur la tête, ils rentraient dans leurs habitations. Aujourd'hui les premières vêpres de la fête, la messe pontificale, célébrée au Vatican, et les vêpres cardinalices, chantées à Sainte - MarieMajeure, ont remplacé les anciens rites usités à Rome à la fête de Noël.

Rédigé par G. Moroni / Baglialto

Publié dans #Histoire, #Culture

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