Messe de la nuit de Noël

Publié le 24 Décembre 2014

Par Gaetano Moroni

Les Pontifes romains chantaient autrefois les trois messes que l'Église célèbre à l'occasion de la naissance du Sauveur : la première à Sainte-Marie-Majeure, après matines; la seconde, au point du jour, dans l'église de Sainte-Anastasie, dont on fait mémoire ce jour-là ; la troisième, enfin , la messe du jour, dans l'église de Saint-Pierre, où l'on plaçait devant le tombeau des Apôtres un grand phare d'argent, où brûlaient mille trois cent soixante-deux bougies. Il arrivait quelquefois, à cause de l'éloignement des lieux ou de la mauvaise saison, que les Pontifes, après avoir célébré à Sainte-Anastasie, revenaient à Sainte-Marie-Majeure pour y chanter la dernière messe, comme nous l'avons vu faire de nos jours sous le pontificat de Léon XII, aux époques les plus rapprochées de nous.

La première messe a été ordinairement célébrée dans la chapelle Sixtine après matines, par le Cardinal-Camerlingue. Il arrivait quelquefois que le Pape n'assistait pas aux matines, mais seulement à la messe, qu'il commençait avec le Cardinal-Célébrant , au pied de l'autel : on chantait autrefois le Gloria in excelsis également en grec à cette première messe. Aux paroles du Credo, Etincarnatus est, le Pape le met à genoux, ainsi que toute l'assistance. Le motet Quem vidisti pailores, de Vittoria, e9t exécuté à l'offertoire. Après la messe, le Pape donne la bénédiction ordinaire, qui n'est point suivie de la promulgation de l'indulgence, à cause de la bénédiction solennelle donnée après la troisième messe, à laquelle est attachée l'indulgence plénière. Le Pape sort de la chapelle, précédé de la croix, de l'épée et du chapeau, portés par un Clerc de la chambre.

Les liturgistes nous apprennent la signification mystique attachée aux rit de la célébration des trois messes le jour de Noël, qui ont toutes les trois une mystérieuse signification. Celle qu'on chante la nuit, après le Te Deum, à matines, rappelle la génération du Fils de Dieu, qui fut de toute éternité, avant tonte créature qui pût louer Dieu, et c'est pour cela que le chant des laudes suit immédiatement. Cette première messe nous rappelle encore l'état des hommes avant la loi, plongés dans les ténèbres, comme le dit Isaïe: Populus gentium qui ambulabat in tenebris, etc. La seconde messe, dite à l'aurore, nous rappelle le commencement des temps , où la loi de grâce fut donnée : le Christ nous l'apportait; mais nous n'avions pas encore la plénitude de cette grâce; aussi l'Église nous l'annonce-t-elle en disant: Lux fulgebit hodii. Enfin, la troisième messe du jour est comme la manifestation des temps des grâces abondantes, auxquelles nous fait participer Jésus Christ dans sa naissance, et l'Église le proclame en disant qu'un enfant est né pour nous : Puer nains est nobis. On a voulu voir également dans ces trois messes les trois naissances symboliques du Sauveur : la première, qui le fait résider dans le chaste sein de Marie; la deuxième, qui le fait naître dans l'âme des justes, et la troisième, enfin , qui le fait naître de toute éternité dans le sein du Père. La dernière messe rappelle plus particulièrement cette glorieuse filiation : saint Paul, dans l'épître, nous entretient de l'éternelle génération du Fils de Dieu, et saint Jean, dans son évangile, dissipe les nuages et soulève le voile qui couvre ces mystérieuses révélations.

Comme la messe peut être célébrée en Chapelle papale avant minuit par un Cardinal qui n'a pas toujours observé la loi du jeûne, il nous semble opportun de rapporter ici textuellement à ce sujet l'opinion de Benoît XIV, dans son bref Quodam demore ; nous conservons la traduction italienne de M. le chevalier Moroni.

Noto è quanto ogni anno succede in Roma nella capello Pontificia nella notte di Natale, celebrandosi nella medesima lamessa della mezza notte, e non celebrandosi sempre da ehi nel giorno precedente si è astenuto dal mangiare. Alcuni hannoscritto, che ogni anno si fa la spedizione dal Papa di un breve di dispensa: ma ciò non è vero. Ma sapendo il Papa V ora incui si celebra la messa, e sapendo che chi la celebra non ha sempre mantenuto il digiuno, e nulla di ciò parlando, e nulla suciò disponendo, e lasciando correre, subentra una certa tacita dispensa, che assicura la coscienza di chi celebra la messa inquella notte, dopo aver mangiato, come da Noi ampiamente si è dimostrata nel nostro trattato De Synodo dicecesana. Ciò sipermette, essendo troppo necessario che in quella notte non si tralasci nella Cappella del Papa la sagra funzione, nonessendo così facile di trovar sempre un Cardinale, che non ostante l'età in cui per lo più si ritrova chi è decorato della dettadignità, possa mantenere il digiuno naturale dalla notte precedenta all'allra, in cui canta la messa netta Capella. Si aggiunge,che non è in veruna maniera praticable, il comminciare la messa dopo la mezza notte, mentre vi assistono i Cardinali, gliArcivescovi, e i Vescovi, che debbono nella mattina seguente tornare in ora compelente aile altre funzioni delia Capella (delsolenne pontificale che canta il PapaJ, il che non fanno senza aver prima dette le tre messe nelle loro Capelle private, corneda Noi si è ampiamente discorso nel nostro trattato De Synodo diœcesana.

Rédigé par Moroni /Baglialto

Publié dans #Histoire, #Culture

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :