Sainte Cécile

Publié le 22 Novembre 2014

Salve, et Laus Deo !

Je file à un marché de Noël, dans un sympathique Collège, attaché à une non moins charmante Abbaye (et j'ai un peu de route !) ... mais Nous fêtons aujourd'hui cette grande Sainte !

Un peu de poésie, au programme, tout à l'heure, et de la musique, puisqu'en ce jour la chrétienté celèbre quelque peu cet art remarquable !

On peut lire son histoire par Dom Guéranger ICI

Par le comte Anatole de Ségur

"Dans l'histoire de l'Église et du monde, il n'est pas d'époque plus intéressante que celle des persécutions; dans l'histoire des persécutions, il n'est pas de figure plus touchante et plus sublime à la fois que celle de sainte Cécile. Belle, patricienne, maîtresse d'une immense fortune, elle a les grandeurs de ce monde. Épouse et vierge, apôtre de la grâce, mère des pauvres, fille chérie du pape Urbain, comme lui sainte et martyre du Christ, elle a les gloires du ciel. Mourante, elle chnnte encore les louanges de Dieu; son dernier regard convertit ses bourreaux. Le souverain pontife la veut ensevelir de ses propres mains, et par un privilège inouï, lui donne place, dans les Catacombes, près des reliques sacrées des chefs de l'Église. Le palais où elle mourut, légué par elle à la société chrétienne, respecté des persécuteurs, est transformé en sanctuaire, et sa dépouille mortelle y revient, après six siècles, pour un triomphe qui n'a pas cessé.

En elle, la mâle fierté des Cecilius, ses ancêtres, se mêle à l'humilité des chrétiens. Dans ses paroles, telles que les actes de son martyre nous les ont conservées, la Rome des Scipions et la Rome nouvelle des martyrs semblent unir leur accent pour former une harmonie sublime. Là réside le charme particulier et tout-puissant de sa physjonomie.

Ce charme souverain s'est exercé autour d'elle comme il s'exerce encore à travers les siècles sur tous ceux qui se prennent à la considérer. Son jeune époux, Valérien, idolâtre, enivré d'amour, obéit, frémissant, à la force que Dieu a mise en sa parole. Tiburce, son beau-frère, subit à son tour cet ascendant de la fille du Christ, et, comme Valérien, il la précède, joyeux, au martyre. Almachius, le gouverneur de Rome, le ministre omnipotent de l'empereur, est obligé de compter avec elle. Avant de se résoudre à la condamner, cet implacable ennemi du nom chrétien épuise les prières, les séductions, les menaces. Il n'ose la faire exécuter publiquement, tant est grande l'influence de cette jeune fille sur le peuple de Rome. Il la veut faire étouffer sans bruit dans la vapeur embrasée d'une salle de bains, et c'est là que, luttant contre le miracle, il ordonne enfin qu'elle soit égorgée. Le bourreau lui-même tremble, frappe d'une main mal assurée, et s'enfuit laissant sa besogne inachevée. Jusqu'à son dernier soupir, elle domine, elle rayonne, elle répand autour d'elle la lumière et l'amour supérieurs de Jésus-Christ."

Rédigé par Baglialto

Publié dans #Salve

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