Chapelle papale pour la fête de saint Charles Borromée

Publié le 4 Novembre 2014

4 Novembre.

Dans la somptueuse église de Saint-Charles au Cours, (San Carlo al Corso) dédiée aussi à saint Ambroise, tous les deux archevêques de Milan, on tenait autrefois Chapelle cardinalice, pour honorer le cœur de l'illustre pontife de la famille des Borromée, qui avait été donné à cette église par le cardinal Frédéric, oncle du saint Archevêque.

Sous le pontificat de Clément XI, la possession du trône espagnol était vivement disputée par Charles III d'Autriche, duc de Milan et empereur d'Allemagne, et Philippe V de Bourbon. Le Pape observa une prudente neutralité entre ces deux puissantes maisons. Il arriva que les membres de l'archiconfrérie de SaintAmbroise et de Saint-Charles, de la nation milanaise et lombarde, et à qui appartenaient l'église dont nous parlons, l'oratoire et l'hôpital qui lui sont contigus, suivirent le parti de Charles III, et voulurent exposer le portrait de ce prince à la Chapelle cardinalice de leur saint patron, pendant que l'ambassadeur d'Espagne et les Cardinaux de cette couronne voulurent exposer celui de Philippe V. Le sage Pontife, réfléchissant alors à l'usage où l'on était de n'exposer le portrait d'aucun prince aux cérémonies ecclé^siastiques où le Pape assistait, ordonna que la Chapelle cardinalice serait remplacée par une Chapelle papale, à laquelle il attacha une indulgence plénière, commandant aux fidèles de prier afin que Dieu suspendît le fléau de sa colère, et pour la paix générale et la réforme des mœurs. En 1709, la victoire avait couronné les efforts de l'armée française, et Philippe V régnait sur le trône d'Espagne. Clément XI déclara au Cardinal-Protecteur de l'église Saint-Charles qu'il avait fait vœu de revenir personnellement, chaque année, assister à la Chapelle, parce qu'ayant pris l'Archevêque de Milan pour son protecteur auprès de Dieu, il lui attribuait le rétablissement de la paix entre les princes chrétiens.

Toutes les années, le Pape se rend à Saint-Charles, accompagné du cortége que nous avons appelé treno nobile, et les Cardinaux s'y rendent également, suivis de leur livrée et en habits de gala. Les ornements de l'autel et du trône sont en étoffe d'argent brodée d'or. Le Pape est porté sur la sedia; il commence la messe au pied de l'autel avec le Cardinal-Protecteur de l'église. A l'offertoire , on chante le motet de Palestrina, Ecce Sacerdos magmiz. Le Pape, après la cérémonie, revient au palais apostolique, accompagné du même cortége.

Histoire des chapelles papales - Gaetano Moroni, ‎Manavit - 1846

Rédigé par Baglialto

Publié dans #Histoire, #Ecclésial

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