Saint Lin (ou Linus) Pape

Publié le 23 Septembre 2014

Saint Lin (ou Linus) Pape

"Salve, et que le Seigneur, soit en chacun de vos coeurs !"

Alors qu'Adso poursuit ses périgrinations dans le sud, entre Marseille et Digne, (sans doute un petit reportage photo à venir) nous fêtons encore aujourd'hui un grand Saint, qui plus est, pape, successeur de Saint Pierre, dont la vie édifiante nous fait mesurer le fossé bourbeux que Rome a à traverser pour rejoindre la route droite de nos jours !

Bonne journée

Saint Lin était fils d'Herculanus, homme noble et fort considérable de la ville de Volterra (Volaterrae) en Toscane (province de Pise). S'étant converti à Rome, où saint Pierre prêchait l'Evangile, il quitta son père et renonça à tous ses biens pour pratiquer plus parfaitement la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Peu de temps après sa conversion, il donna de si grandes preuves de son zèle, de son érudition et de sa prudence, que le saint Apôtre l'employa à la prédication de la parole de Dieu et à l'administration des Sacrements.

Il fut d'abord envoyé dans les Gaules pour y porter le flambeau de la foi, et la ville de Besançon eut le bonheur de le recevoir et de l'avoir pour premier évêque. Onasius, qui en était le tribun, le logea chez lui, et, en récompense de cette hospitalité, Dieu lui fit la grâce de le convertir à la religion chrétienne par les exhortations de notre Saint, qui changea cette maison en une petite église consacrée en l'honneur de la résurrection du Sauveur, de la sainte Vierge et de saint Etienne, premier martyr.

Le nombre des fidèles s'augmentait déjà de jour en jour par la conversion de plusieurs idolâtres, qui sortaient des ténèbres de leurs erreurs pour entrer dans les clartés admirables de l'Evangile, mais ces heureux progrès furent arrêtés tout à coup par la malice du démon. Les païens firent une fête solennelle en l'honneur de leurs dieux, dans laquelle ils devaient leur otfrir beaucoup de sacrifices. Le Saint, dont le cœur brûlait du zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, entreprit de les détourner de ce culte abominable, et, s'étant transporté sur la place, il leur dit généreusement :
" Que faites-vous, mes chers enfants ? Quelle marque de divinité voyez-vous dans ces simulacres que vous adorez ? Ce ne sont que des statues qui n'ont ni esprit ni sentiment, et qui ne représentent que des hommes dont l'incontinence et l'impiété ont été toutes publiques. Ces idoles de pierre et de cuivre ne méritent nullement vos respects c'est à Dieu seul, créateur du ciel et de la terre, que vous devez offrir des victimes. Quittez donc ce culte sacrilége et acquiescez aux vérités que je vous prêche."

Ces paroles, qu'il prononça avec une ferveur apostolique, furent comme un coup de tonnerre qui jeta par terre l'une des colonnes du temple et mit en poudre l'idole qu'elle soutenait. Un si grand prodige devait sans doute ouvrir les yeux à ces peuples et leur faire reconnaître la véritable religion que le Saint leur annonçait, mais, au lieu d'en protiter, ils s'endurcirent davantage, et, se jetant tumultueusement sur leur apôtre, ils le chassèrent à l'heure même de la ville. Voilà quelle est la tradition de Besançon qui honore saint Lin comme son premier évêque et comme celui par le ministère duquel elle a reçu les premiers rayons de la foi.

Lorsqu'il fut retourné à Rome, saint Pierre se servit utilement de lui pour la conduite de l'Eglise, et il s'acquitta avec tant de gloire de toutes les fonctions qui lui furent commises, qu'après la mort du prince des Apôtres, il fut jugé digne de remplir sa place où il donna d'excellents témoignages de son zèle et de sa vigilance pastorale.

En deux fois qu'il fit les Ordres au mois de décembre, il créa quinze évêques et dix-huit prêtres. Il défendit aux femmes d'entrer dans l'église sans avoir la tête couverte d'un voile, ce que saint Pierre avait aussi défendu. Et saint Paul jugeait cela si nécessaire pour l'édification des fidèles, qu'il en fit une loi expresse ; comme on le voit dans le chapitre VII de sa première Epître aux Corinthiens. C'est encore de saint Lin que nous tenons l'histoire de la dispute du prince des Apôtres avec Simon le Magicien, quoique l'original ait disparu. Il écrivit aussi deux livres du martyre de saint Pierre et de saint Paul, qui sont au VIIe tome de la Bibliothèque des Pères ; mais les erreurs dont ils sont remplis, en certains endroits, font assez voir que nous ne les avons pas dans leur pureté, et on peut voir ce qu en dit le cardinal Bellarmin dans son Traité des Ecrivains ecclésiastiques.

Le Bréviaire romain dit que la foi et la sainteté de ce bienheureux Pape fut si grande, qu'il ressuscita et chassa les démons des corps de plusieurs énergumènes. Enfin, après avoir gouverné l'Eglise pendant un an, trois mois et douze jours, il versa son sang pour servir de semence à de nouveaux fidèles.

Le corps de ce bienheureux Pontife fut enterré au Vatican, auprès de celui de saint Pierre, le 9 des calendes d'octobre. L'apôtre saint Paul fait mention de lui au chapitre IVe de sa seconde Epître à Timothée, et il le met entre les premiers et les principaux chrétiens de la ville de Rome et le martyrologe romain, avec ceux d'Usuard et d'Adon, le livre des souverains Pontifes, en parlent aussi fort honorablement.

En 1630,quand le pape Urbain VIII fit achever les travaux de la Confession de saint Pierre, dans la basilique du Vatican, on découvrit une tombe sur laquelle se lisait cette inscription Linus. C'était le premier successeur de saint Pierre, dont la sépulture apparaissait, après tant de siècles, à côté de celle de son glorieux maître.


On représente saint Lin délivrant des possédés et ressuscitant un mort ; on rapporte en effet qu'il délivra du démon la fille du consul Saturninus.

Rédigé par Amandine

Publié dans #Salve

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